Des ma­lades gardent la tête haute grâce au don de che­veux

Le Pays Roannais (Charlieu) - - La Une - Pierre-fran­çois Che­tail pierre-francois.che­tail@cen­tre­france.com

Pour pou­voir fi­nan­cer l’achat de per­ruques na­tu­relles à des ma­lades chauves à cause de la chi­mio­thé­ra­pie, une as­so­cia­tion existe. Elle s’ap­puie sur le don de che­veux par les par­ti­cu­liers.

Une per­ruque avec de vrais che­veux, ça re­vient à 500 euros. On est loin des 120 euros rem­bour­sés par la Sé­cu pour les per­sonnes can­cé­reuses réa­li­sant cet achat. « Bi­zarre que ça ne soit pas mieux pris en charge », s’étonne Éli­sa­beth Tri­vi­no.

La per­ruque, pas un achat de confort

Cette ha­bi­tante de tou­jours de Se­mur­en­brion­nais laisse pous­ser ses che­veux dans le but d’en faire don à une as­so­cia­tion na­tio­nale, So­lid­hair. Car tout le monde n’a pas les moyens de dé­bour­ser une telle somme. Or cet in­ves­tis­se­ment n’a rien d’un achat de confort. « Quand quel­qu’un porte une per­ruque syn­thé­tique, ce­la saute aux yeux que ce ne sont pas des vrais che­veux, in­siste Éli­sa­beth Tri­vi­no. Dé­jà que se re­trou­ver chauve quand on est une femme, c’est trau­ma­ ti­sant. Alors avoir du plas­tique sur la tête… »

Cette ha­bi­tante du Brion­nais a dé­cou­vert l’exis­tence du don de che­ veux il y a un peu plus d’un an, en tom­bant par ha­sard sur un re­por­tage à la té­lé trai­tant de ce su­jet. Or, elle est par­ti­cu­lière­ ment sen­sible à cette cause. L’une de ses col­lègues de tra­vail, à Per­reux, avait été at­teinte, deux ans plus tôt, d’un can­cer du sein. Dont elle est heu­reu­se­ment sor­tie d’af­faire au­jourd’hui.

« Alors, c’est im­por­tant que les gens sachent que ce­la existe », té­moigne la don­neuse de che­veux se­mu­roise. Qui a hâte de réa­li­ser ce don. « D’ha­bi­tude, j’ai tou­jours les che­veux courts. Alors là, pour moi, c’est long, je les garde tout le temps at­ta­chés. Parce que d’ha­bi­tude, ils me vont maxi­mum jus­qu’aux oreilles. Dès qu’ils touchent la nuque, ils passent à la cas­se­role », ri­gole­t­elle.

Elle sup­porte ces aléas car elle a conscience de l’im­por­tance de son geste, alors que le can­cer, du sein, no­tam­ment, « touche de plus en plus de femmes

« Quand une femme chauve se ba­lade dans la rue… »

jeunes, qui ont des en­fants. Perdre ses che­veux est sans doute moins violent pour un homme (même si les ma­lades mas­cu­lins peuvent éga­le­ment pro­fi­ter de l’aide de So­lid

hair, NDLR). Le re­gard de la so­cié­té est dur à vivre. Quand une femme chauve se ba­lade dans la rue, tous ceux qui se la croisent se re­tournent. »

P.-F. C.

PAR HA­SARD. Eli­sa­beth Tri­vi­no a dé­cou­vert dans un re­por­tage té­lé l’exis­tence du don de che­veux. Et compte bien en « tou­cher deux mots » aux coif­feurs de son ter­ri­toire.

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