LA CHA­PEL­LEDE-MAR­DORE

Gé­rard De­pierre a so­li­de­ment bâ­ti l’as­so­cia­tion Cou­rant d’art

Le Pays Roannais (Charlieu) - - La Une - Etienne Chaize etienne.chaize@cen­tre­france.com

À l’aube de ses 70 ans, Gé­rard De­pierre, pré­sident fon­da­teur de Cou­rant d’art, a ré­cem­ment pas­sé la main. Ce n’est pas le signe d’une re­traite pan­tou­flarde pour au­tant.

«Tant qu’on est à peu près vaillant, je ne conçois pas la re­traite po­sée dans un fau­teuil à faire des mots croisés », lance Gé­rard De­pierre. S’il a quit­té la pré­si­dence de Cou­rant d’art (lire ci­des­sus), c’est avant tout parce qu’il s’était fixé cinq ans de man­dat comme li­mite et qu’un can­di­dat po­ten­tiel s’est ma­ni­fes­té. « Je ne conçois pas la re­traite po­sée dans un fau­teuil à faire des mots croisés »

« J’ai tou­jours dit qu’il fal­lait du sang neuf, du re­nou­veau. Ce n’est pas parce que ça marche bien qu’il ne faut pas bous­cu­ler un peu les choses. À un mo­ment, il faut sa­voir pas­ser la main », dé­taille ce Thi­ze­rot d’ori­gine, qui en­tend tou­jours don­ner de son temps comme bé­né­vole ac­tif. Sans comp­ter ses en­ga­ge­ments dans d’autres as­so­cia­tions comme le club des aî­nés ou les Amis de la ma­done.

S’il est à l’ori­gine de l’as­so­cia­tion cultu­relle de La Cha­pel­lede­mar­dore, Gé­rard De­pierre n’en tire au­cun or­gueil et le « nous » s’im­pose dès qu’il dé­roule le fil de cette aven­ture née en 2010. Cette an­née­là, alors qu’il re­trouve tout juste sa ré­gion na­tale, après une car­rière pas­sée à sillon­ner la France, il fait la ren­contre de Jean­marc Bailleux, co­mé­dien pro­fes­sion­nel. Avec lui et d’autres « co­pains », sous l’im­pul­sion du maire de l’époque, Éric Ma­la­tray, l’idée d’un fes­ti­val en­ra­ci­né dans le ter­roir lo­cal fait son che­min. Du foin sur les planches voit le jour avec la créa­tion Le

ma­riage vert (pièce de théâtre sur l’agri­cul­ture), jouée de ferme et ferme. Le suc­cès est au ren­dez­vous et, deux ans plus tard, l’op­por­tu­ni­té se pré­sente pour l’as­so­cia­tion nais­sante de prendre les rennes du bis­trot du vil­lage, dé­lais­sé : Le Cha­pe­lard.

« L’ar­tis­tique n’a pas de prix, mais ça a un coût »

« On était réa­listes. On n’est pas loin de villes où une belle offre cultu­relle existe, mais où les gens ne vont pas for­cé­ment. Du coup, on a pen­sé notre pro­jet sans éli­tisme avec des spec­tacles ac­ces­sibles au plus grand nombre. On ne sa­vait pas si la mayon­naise pren­drait ». À rai­ son d’un re­pas spec­tacle par mois, elle prend. Au­jourd’hui, chaque ren­dez­vous fait le plein. Le ré­sul­tat sans doute de la sy­ner­gie entre Jean­marc Bailleux et Gé­rard De­pierre. « Le pré­sident, c’est le ca­ta­ly­seur de la ré­ac­tion. Jean­marc est sur­tout sur l’as­pect ar­tis­tique. Mais pour fonc­tion­ner, une as­so­cia­tion doit prendre en compte l’as­pect éco­no­mique. L’ar­tis­tique, ça n’a pas de prix, mais ça a un coût. J’ai donc pas mal gé­ré la lo­gis­tique. En­semble, on a trou­vé cet équi­libre ».

Son ai­sance avec la ges­tion ad­mi­nis­tra­tive ne date pas d’hier. An­cien di­rec­teur ter­ri­to­rial de la Pro­tec­tion ju­di­ciaire de la jeu­ nesse, Gé­rard De­pierre a of­fi­cié pen­dant plu­sieurs an­nées comme vice­pré­sident de la D’aguesseau, sorte de co­mi­té d’en­tre­prise du mi­nis­tère de la Jus­tice, avec un dé­voue­ment qui lui a va­lu, en 2010, une bre­loque loin d’être anec­do­tique de Che­va­lier de l’ordre na­tio­nal du mé­rite.

« Il n’y a pas de pe­tite ou de grande culture »

Du­rant sa car­rière, en plus de s’in­ves­tir pour les jeunes, Gé­rard De­pierre a sans cesse me­su­ré l’im­por­tance de la culture. Comme fa­çon de ca­na­li­ser les éner­gies, comme al­ter­na­tive à la dé­lin­quance, mais sur­tout comme ou­ver­ture sur le monde. « Moi, ce qui m’in­té­resse, c’est de vul­ga­ri­ser la culture. Il n’y a pas de pe­tite ou de grande culture. Un opé­ra ou un con­cert d’ac­cor­déon ça par­ti­cipe de la même ma­nière à l’éman­ci­pa­tion des Hommes ».

PHO­TO : J.-M. BAILLEUX

ENFANCE. Fils d’un can­ton­nier et d’une can­ne­teuse en usine tex­tile, Gé­rard De­pierre a gran­di à Mar­dore. À la re­traite, pour son re­tour aux sources, il a pré­fé­ré s’ins­tal­ler 5 km plus loin, à La Cha­pelle-de-mar­dore.

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