Fer­me­té face aux vio­lences conju­gales

Deux hommes ju­gés pour avoir agres­sé leurs com­pagnes ■

Le Pays Roannais (Charlieu) - - Justice - Lau­rie Lyo­thier

Les vio­lences conju­gales ont oc­cu­pé à deux re­prises les dé­bats lors de l’au­dience cor­rec­tion­nelle de ce mar­di.

Deux af­faires pour les­quelles le pro­cu­reur a mon­tré toute sa dé­ter­mi­na­tion à lut­ter contre les vio­lences faites aux femmes. Ab­del­krim Gri­ni, plus haut ma­gis­trat du par­quet, a en ef­fet ex­pri­mé sa « par­ti­cu­lière vi­gi­lance » quant à ce genre d’agres­sions. « Rien n’ex­cuse la vio­lence. Sa­chez­le », a­t­il as­se­né à l’un des deux pré­ve­nus ju­gés pour des vio­lences sur conjoint. Sur ce « su­jet qui [lui] tient à coeur », il a rap­pe­lé « ce qu’on sait dé­jà mais qu’il est bon de rap­pe­ler : une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son com­pa­gnon (en France, NDLR) ». Mais aus­si qu’il ne se passe pas un jour sans qu’il ne soit « avi­sé de vio­lences faites aux femmes ».

Dans la pre­mière af­faire, une peine de neuf mois de pri­son ferme a été pro­non­cée à l’en­contre de Ni­co­las Blon­del. Dans la nuit du 3 mars der­nier, en état d’ivresse, ce père de fa­mille ma­bly­rot avait ten­té d’étran­gler sa com­pagne, mère de sa fille de 5 ans.

Dé­jà ju­gé en août, in­car­cé­ré 3 se­maines

Dans l’at­tente d’être ju­gé, le tren­te­naire était de nou­veau pas­sé à l’acte en août. Un nou­vel épi­sode violent qui lui va­lait d’être pré­sen­té aux juges roan­nais en com­pa­ru­tion im­mé­diate à l’is­sue de la­quelle il était in­car­cé­ré. « Trois se­maines à La Ta­lau­dière, ça m’a fait prendre conscience de mes pro­blèmes d’al­cool, a­t­il confes­sé ce mar­di à la barre. De­puis, je n’ai plus bu une goutte. » Et de pré­ci­ser avoir en­ta­mé des dé­marches afin de réa­li­ser un stage de sen­si­bi­li­sa­tion et une cure de dés­in­toxi­ca­tion. À la vic­time pré­sente dans la salle, le pré­ sident de l’au­dience, Fa­bien Sartre, s’est adres­sé avec bien­veillance mais fer­me­té, lui conseillant d’être vi­gi­lante à l’ave­nir. Pour ne plus avoir à su­bir les coups de ce­lui qui par­tage en­core sa vie.

La vic­time dans le se­cond dos­sier d’agres­sion in­tra­fa­mi­liale a, elle, fait le choix de quit­ter dé­fi­ni­ti­ve­ment ce­lui qui, une nuit de juin 2018, à leur do­mi­cile d’am­bierle, a ten­té de lui im­po­ser une re­la­tion sexuelle, avant de lui por­ter des coups de poing au vi­sage. Jus­qu’à la faire chu­ter, tête la pre­mière, contre un meuble. De quoi fi­nir de faire vo­ler en éclats un couple dé­jà en mor­ceaux de longue date.

« On au­rait pu vous re­pro­cher une ten­ta­tive de viol, s’est em­por­té Fa­bien Sartre. Ce n’est pas parce qu’on vit avec quel­qu’un qu’on peut lui im­po­ser une re­la­tion. » Il pro­non­çait, à l’en­contre de l’am­bier­lois de 42 ans, six mois d’em­pri­son­ne­ment avec sur­sis et mise à l’épreuve du­rant deux ans. Contraint à se soi­gner, à tra­vailler et à in­dem­ni­ser sa vic­time, le qua­dra­gé­naire voit son per­mis de conduire sus­pen­du six mois, puis­qu’il lui était aus­si re­pro­ché d’avoir conduit sous l’em­prise de l’al­cool le soir des faits. Son ex­com­pagne, « au­jourd’hui en­core très cho­quée » se­lon son avo­cat, qui a lan­cé une pro­cé­dure de di­vorce, a ob­te­nu une pro­vi­sion de 1.000 €, dans l’at­tente d’une ex­per­tise mé­di­cale et d’un ren­voi sur in­té­rêts ci­vils afin de dé­ter­mi­ner les pré­ju­dices su­bis.

« On au­rait pu vous re­pro­cher une ten­ta­tive de viol »

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