Un hom­mage à ses 22 an­cêtres hé­ros

Le Cos­tel­lois Ja­cky Ray re­trace le par­cours de ses aïeux ayant connu les tran­chées de 1914­1918 ■

Le Pays Roannais (Charlieu) - - Il Y A 100 Ans... L'armistice - Lau­rie Lyo­thier lau­rie.lyo­thier@cen­tre­france.com ➡ En sa­voir plus. Blog de Ja­cky Ray sur ces an­cêtres : https :// ja­cky­ray45.wix­site.com/14-18-mes-he­ros

Pas­sion­né de gé­néa­lo­gie, le Cos­tel­lois Ja­cky Ray rend hom­mage, à tra­vers un blog sur In­ter­net, à 22 de ses an­cêtres et ceux de son épouse, tous ayant com­bat­tu en 14-18

Vingt­deux hé­ros de guerre. Vingt­deux noms pour les­quels Ja­cky Ray a réa­li­sé d’in­nom­brables re­cherches afin de créer un blog qui leur est dé­dié, en 2016. Des re­cherches comme il en a l’ha­bi­tude, lui qui re­monte son as­cen­dance de­puis trois dé­cen­nies main­te­nant. Et c’est jus­te­ment en re­mon­tant le fil de l’his­toire de sa fa­mille et de sa belle­fa­mille qu’il les a trou­vés. Tous ont connu les tran­chées.

Fra­ter­ni­sa­tion avec les Al­le­mands

L’un d’eux a, en toute lo­gique, mar­qué da­van­tage Ja­cky Ray. « Mon grand­père ma­ter­nel, Joan­nès Mar­cel », an­nonce fiè­re­ment le sep­tua­gé­naire. Évi­dem­ment, c’est le seul de ses an­cêtres qu’il ait connu. Et qui, ga­min, lui par­lait de la Grande Guerre. « Il me ra­con­tait qu’il al­lait à la pêche, avec ses ca­ma­rades. Là, de l’autre cô­té de la ri­vière, il y avait les Al­le­mands. Et ils dis­cu­taient entre eux. » Un ins­tant de fra­ter­ni­sa­tion entre frères en­ne­mis qui n’ef­face évi­dem­ment pas les sé­quelles. « On sen­tait bien qu’il était mar­qué. » D’au­tant que Joan­nès s’était au­pa­ra­vant en­ga­gé pour trois ans, au Ma­roc puis en Al­gé­rie, entre 1909 et 1912. De re­tour au pays, où il in­tègre l’usine de tis­sage de son vil­lage na­tal, Mon­ta­gny, le ré­pit ne se­ra que de courte du­rée.

Ap­pe­lé contre l’al­le­magne le 2 août 1914, tout comme quatre de ses frères qui re­vien­dront tous vi­vants, ce sol­dat du 3e Ré­gi­ment de Chas­seurs à Che­val connaî­tra les quatre an­nées de conflit, avant d’être bles­sé le 15 sep­tembre 1918. « Il avait été tou­ché sur le cô­té droit par des éclats d’obus. Il en avait d’ailleurs gar­dé un mor­ceau dans le flanc, rap­porte Ja­cky Ray, ému par le cou­rage de son aïeul. Bien des an­nées après (dans les an­nées 1950, N.D.L.R.), l’éclat al­lait res­sor­tir. Mon grand­père l’a en­le­vé lui­même, avec un cou­teau. » Comme un re­jet du corps. Joan­nès Mar­cel en est donc re­ve­nu de cette Grande Guerre, lais­sant der­rière lui de pré­cieux sou­ve­nirs, comme son li­vret mi­li­taire, des lettres en­voyées à son épouse Fran­cine et autres re­gistres mi­li­taires que Ja­cky a soi­gneu­se­ment nu­mé­ri­sés pour les pu­blier sur son blog. Mais d’autres n’ont pas eu cette chance. Sur les 22 Poi­lus re­cen­sés, is­sus des fa­milles Mar­cel, Ray, Bo­nin, Ba­nus et Ver­nay, cinq sont morts pour la France. Dont An­toine Ray, grand­oncle pa­ter­nel de Ja­cky. « Il n’a pas de tombe », lâche­t­il tris­te­ment, face au des­tin de ce sol­dat dis­pa­ru au com­bat à l’âge de 26 ans. « On ne sait pas où il est. On sait juste qu’un obus est tom­bé près de sa po­si­tion… » Dans la fa­mille, ja­mais per­sonne n’a par­lé de ce­lui­là. Un mys­tère donc, mais qui s’est lé­gè­re­ment éclai­ré un jour d’oc­tobre 1996. « J’ha­bi­tais Bou­logne­sur­mer à l’époque, dans le Pas­de­ca­lais. C’est en re­cher­chant des cartes pos­tales de la Loire et de la Saône­et­loire (dé­par­te­ments dont sont is­sues res­pec­ti­ve­ment ses fa­milles pa­ter­nelle et ma­ter­nelle, N.D.L.R.) que j’en ai trou­vé une qui re­pré­sen­tait le mo­nu­ment aux morts de Saint­bon­netdes­bruyères, dans le Rhône. » Exa­mi­nant à la loupe ­ lit­té­ra­le­ment ­ le do­cu­ment, Ja­cky Ray y dé­chiffre le nom de son an­cêtre dis­pa­ru, gra­vé dans la pierre. Un pur ha­sard qui per­met au­jourd’hui d’ho­no­rer la mé­moire d’un Poilu sans sé­pul­ture, mais pas sans nom. Ni sans his­toire, grâce à son pe­tit­ne­veu.

Un grand­oncle de Saint­bon­netdes­bruyères re­trou­vé « par ha­sard »

L. L.

RE­CHERCHES. Dans les sou­ve­nirs de fa­mille ou les ar­chives dé­par­te­men­tales, Ja­cky Ray a ré­cu­pé­ré de pré­cieux do­cu­ments lui per­met­tant de connaître l’his­toire des Poi­lus de sa fa­mille.

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