Rixe à l’école élé­men­taire

Des pa­rents d’élèves en sont ve­nus aux mains ■

Le Pays Roannais (Charlieu) - - Justice - Pas­cal Jac­quet pas­cal.jac­quet@cen­tre­france.com

En juin der­nier, un dif­fé­rend a op­po­sé deux pères d’élèves avant que toute la fa­mille de l’un d’eux ne s’en mêle à l’école ma­ter­nelle et élé­men­taire du Fuyant, à Roanne.

Tout a dé­bu­té par une mine de crayon cas­sée par un en­fant. Une dis­pute vio­lente a alors op­po­sé l’élève pro­prié­taire du crayon et ce­lui qui l’avait en­dom­ma­gé. La di­rec­trice a alors convo­qué les deux pa­pas des deux jeunes élèves.

Mais au lieu d’apai­ser la si­tua­tion, la ren­contre a tour­né au pu­gi­lat. Le ton est tout d’abord mon­té entre les deux pères. L’un s’en est pris à la fille de l’autre, éga­le­ment élève de l’éta­blis­se­ment.

Celle­ci a alors pré­ve­nu sa mère qui a, elle, aler­té les frères de son ma­ri, âgés de 22 et 21 ans. Ces der­niers se sont alors ra­pi­de­ment ren­dus à l’école, es­ca­la­dant les grilles pour in­ter­ve­nir. « On pen­sait que notre frère était en dan­ger, il y a eu une in­com­pré­hen­sion », ex­pliquent les deux hommes à la barre.

Ils re­trouvent ce­lui qui en veut à leur frère sous le préau de l’éta­blis­se­ment sco­laire et le frappent vio­lem­ment à coups de poings et de pieds. En­tre­temps, de nou­veaux membres de la fa­mille sont ar­ri­vés à l’école et la di­rec­trice a ap­pe­lé les po­li­ciers pour ve­nir faire ré­ta­blir le calme.

« Vous vous ren­dez compte que vous vous êtes bat­tus dans une école, au mi­lieu des en­fants ? », in­ter­roge Younes Ber­nand, le pré­sident de l’au­dience. Les deux frères, pe­nauds, s’ex­cusent : « On a honte d’être ici. Ce n’est pas notre genre ».

« Res­pec­tueux des règles de vie so­ciale »

Pour Me Ju­lie Ur­cis­sin, l’avo­cate de l’homme frap­pé par les deux frères, son client a été vic­time « d’une ex­pé­di­tion pu­ni­tive » et a re­çu « une pluie de coups » qui a oc­ca­sion­né un sé­vère choc post­trau­ma­tique. « Il est au­jourd’hui trau­ma­ti­sé et a peur de re­croi­ser ses deux agres­seurs », plai­det­elle à la barre, ré­cla­mant 1 € sym­bo­lique de dom­mages et in­té­rêts dans l’es­poir d’apai­ser les ten­sions entre les deux fa­milles.

La subs­ti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, Ma­ rion Lou­bet, se veut plus ré­pré­hen­sive. Elle parle de « ven­det­ta du clan, d’un vé­ri­table com­man­do d’une di­zaine de per­sonnes », rap­pelle que les ins­ti­tu­trices ont dû éva­cuer les en­fants pour les pro­té­ger. « Une scène ef­froyable dans un centre sco­laire », pour la­quelle elle re­quiert six à huit mois de pri­son avec sur­sis à l’en­contre des deux hommes.

Me Ja­mel Mal­lem as­sure que ses deux clients ont « mal in­ter­pré­té la si­tua­tion, qu’ils sont sou­cieux des va­leurs de l’édu­ca­tion fa­mi­liale et sont res­pec­tueux des règles de vie so­ciale ». Avant de conclure : « Vous ne les re­ver­rez pas de­vant votre tri­bu­nal ».

Après dé­li­bé­ra­tion, les deux jeunes hommes ont été condam­nés à trois mois de pri­son avec sur­sis, à 1 € de dom­mages et in­té­rêts et 400 € de frais de jus­tice cha­cun.

«La ven­det­ta d’un clan fa­mi­lial dans un éta­blis­se­ment sco­laire »

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