LBL Bren­ta bûche pour les scie­ries

L’in­for­ma­tique est au coeur des ma­chines de scie­rie conçues par l’en­tre­prise brion­naise ■

Le Pays Roannais (Charlieu) - - La Une - Yann Ter­rat yann.ter­rat

LBL Bren­ta, concep­teur de scie­rie sur me­sure pour ar­ti­sans et in­dus­triels, mise aus­si sur l’écoute et le SAV.

Fi des cli­chés, les scie­ries ac­tuelles ne res­semblent plus à celles d’an­tan. Au­to­ma­ti­sées en grande par­tie, elles élaguent consi­dé­ra­ble­ment le tra­vail au­tre­fois ef­fec­tué par l’homme, ne lais­sant dé­sor­mais qu’à ce­lui­ci, le soin de dé­ci­der des coupes, entre autres, ma­nette à la main.

Pour en ar­ri­ver à un tel de­gré de per­fec­tion­ne­ment, les concep­teurs de scie­ries mettent en ré­seaux dif­fé­rents corps de mé­tier, de la concep­tion au mon­tage (voir ci­des­sous). Ils tentent de ré­pondre à des de­mandes le plus sou­vent spé­ci­fiques.

À Chauffailles, c’est pré­ci­sé­ment dans le sur­me­sure et le SAV que l’en­tre­prise LBL Bren­ta s’est orien­tée. Le fa­bri­cant de ma­té­riel de scie­rie de 55 sa­la­riées, his­to­ri­que­ment im­plan­tée dans la com­mune du Brion­nais, tra­vaille par étapes pour une clien­tèle ba­sée en France à 80 %.

Du sur­me­sure, donc, qui de­mande avant tout un grand sens de l’écoute. « Les ma­chines sont com­plexes, il faut ar­ri­ver à faire dire aux clients ce qu’ils veulent, ré­sume Pierre­jean Bof­fet, res­pon­sable du bu­reau d’étude ni­ché au der­nier étage du bâ­ti­ment prin­ci­pal. Le rap­port de confiance est es­sen­tiel car ces clients ne savent pas vrai­ment ce qu’ils achètent ».

Face aux mas­to­dontes al­le­mands ca­pables de dé­bi­ter jus­qu’à 2.000 m3 de bois par jour et la concur­rence ita­lienne, l’en­tre­prise fran­çaise pro­duit un ma­té­riel ca­pable de s’adap­ter, quant à lui, à une gamme d’es­sences plus large et of­frir une taille de coupe plus éten­due elle aus­si.

Des ma­chines qui pour cer­tai­ nes né­ces­sitent jus­qu’à 3.000 heures d’études avant que les équipes de LBL Bren­ta ne montent le mé­ca­no géant dans l’ate­lier mé­ca­nique du siège (3.000 m2) et dans ce­lui des mé­ca­ni­sa­tions (2.500 m2). Vien­dront en­suite la pose des com­po­sants hy­drau­liques et pneu­ma­tiques puis les connexions élec­tro­niques.

Sur les ma­chines LBL Bren­ta, la grume est tout d’abord char­gée sur le cha­riot avant d’être frai­sée et dé­bi­tée en planche dans le sens de la lon­gueur. Une deuxième étape ver­ra ces mêmes planches dé­cou­pées en­suite dans le sens de la lar­geur se­lon les di­men­sions sou­hai­tées et en­re­gis­trées in­for­ma­ti­que­ment au préa­lable.

Pro­blème de re­cru­te­ment

Es­sen­tiel dans la chaîne de pro­duc­tion, un scan­ner se charge quant à lui d’ana­ly­ser en dé­tail le pro­fil du bois et pro­pose, sur écran, un pa­nel de coupes pos­sibles à l’opé­ra­teur. Ce der­nier, dans sa ca­bine, n’a plus qu’à sé­lec­tion­ner une des pro­po­si­tions. « Il faut que 90 % des choix ba­teaux soient as­su­rés par nos ma­chines, le reste par l’opé­ra­teur », ex­plique Her­vé Lau­riot, di­rec­teur gé­né­ral de LBL Bren­ta.

Une op­ti­mi­sa­tion qui né­ces­site des pro­grammes in­for­ma­tiques éla­bo­rés dès les pre­mières phases de concep­tion. Liant élec­tro­nique, au­to­ma­tisme et in­for­ma­tique, la so­cié­té brion­naise conçoit ain­si ses propres pro­grammes et tend à amé­lio­rer la fonc­tion­na­li­té des pro­cess. Comme dans de nom­breux autres sec­teurs, c’est vers l’in­for­ma­tique que s’est donc di­ri­gée l’in­dus­trie de fa­bri­ca­tion de ma­chine de scie­rie et c’est aus­si dans ce do­maine que sont ave­nir se joue. Her­vé Lau­riot en a bien conscience mais doit faire face à une pé­nu­rie de pro­fils hau­te­ment qua­li­fiés. « Je ré­flé­chis à agran­dir le pôle in­for­ma­tique mais je ne trouve per­sonne, se la­mente­t­il. Pour ve­nir sur le site de Chauffailles, il fau­drait que le conjoint puisse aus­si trou­ver du tra­vail. Nous pour­rions nous mettre en ré­seau avec d’autres en­tre­prises pour al­ler dans ce sens. »

L’en­jeu est im­por­tant. En France, il res­te­rait près de 500 scie­ries à mo­der­ni­ser. Des en­tre­prises sou­vent fa­mi­liales fonc­tion­nant par ré­seaux pour qui le lourd in­ves­tis­se­ment re­pré­sente ce­lui de toute une vie. « Si on réus­sit à un en­droit, on réus­si­ra par­tout », sou­tient Her­vé Lau­riot.

TER­RAT ET LBL BREN­TA PHO­TOS : YANN

NOU­VEAU CO­LO­RIS Dans un des ate­liers de l’en­tre­prise, les pièces sont peintes avant d’être mon­tées.

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