Ai­mé Mar­coux se re­mé­more ses an­ciennes tour­nées

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Pays D'astrée -

Ai­mé Mar­coux, du ha­meau de Col­let à SaintLaurent, a été épi­cier am­bu­lant de 1958 à 1990. Son sur­nom « cent ki­los » est un so­bri­quet fa­mi­lial hé­ri­té de son père, sans rap­port avec les quan­ti­tés de mar­chan­dises trans­por­tées en ca­mion sur les pe­tites routes : une ky­rielle de pro­duits de toutes sortes que les en­fants guet­taient au seuil des mai­sons, at­ten­dant le coup de klaxon ca­rac­té­ris­tique.

L’an­cien com­mer­çant a d’abord été em­ployé pen­dant cinq ans au mou­lin de Col­let. C’est là qu’il a fait ses pre­miers pas dans le com­merce puis­qu’il se ren­dait au mar­ché de Boën­sur­Lignon pour vendre l’huile pro­duite.

Il a en­suite pris une gé­rance de l’en­seigne Ali­men­ta­tion sté­pha­noise. Son épouse te­nait le ma­ga­sin, pen­dant que lui s’oc­cu­pait des tour­nées. Puis ra­pi­de­ment, il s’est lan­cé dans l’aven­ture am­bu­lante à Saint­Laurent et dans quelques com­munes voi­sines. Ai­mé se rap­pelle avoir fait sa pre­mière tour­née avec une cor­beille de pro­duits dans une voi­ture avant d’in­ves­tir dans un four­gon adap­té, le « tube » Ci­troën ca­rac­té­ris­tique de l’époque.

Ce n’est pas tant le nombre de ki­lo­mètres qui usait les vé­hi­cules ­tout au plus une cin­quan­taine par jour­ mais les tra­jets en porte à porte et les côtes de la ré­gion : « à Cha­zelles je mon­tais en se­conde, par­fois en pre­mière ». Pra­tique et ro­buste, le ca­mion rou­lait à l’es­sence avec une consom­ma­tion éle­vée : « je dé­pas­sais 20 litres aux 100 km ».

Ai­mé Mar­coux était ac­cueilli à toute heure, même pen­dant les re­pas. « Les gens n’étaient pas dif­fi­ciles » , constate l’an­cien com­mer­çant. « Je fi­nis­sais sou­vent à 21 heures l e s o i r. » D a n s s a bou­tique iti­né­rante, on trou­vait de tout en plus de l’épi­cer ie : chaus­sures, sous­vê­te­ments, cas­se­roles… La plu­part des pro­duits étaient de fa­bri­ca­tion l o c a l e comme les pan­toufles fa­bri­quées à Ambert.

Ai­mé Mar­coux a vé­cu l’évo­lu­tion du ma­té­riel. Au dé­part, il écri­vait ses ti­ckets de caisse au crayon et comp­tait à la main, tou­jours deux fois. Puis la ma­chine à cal­cu­ler est ar­ri­vée.

Évo­lu­tion dé­mo­gra­phique

En plus de trente ans de car­rière, le dé­bi­tant n’a pas consta­té de réels chan­ge­ments dans les listes de courses des clients. L’évo­lu­tion de la dé­mo­gra­ phie est ve­nue com­pli­quer son tra­vail avec la dis­pa­ri­tion d’une gé­né­ra­tion pas tou­jours rem­pla­cée dans les cam­pagnes. L’ar­ri­vée des grandes sur­faces avec leurs prix cas­sés a aus­si mar­qué son vé­cu.

« J’ai pas­sé une vie in­té­res­sante » , ré­sume­t­il dans la plus grande sim­pli­ci­té. Il avait ses ha­bi­tués comme cet an­cien conseiller mu­ni­ci­pal qui lui pro­po­sait sys­té­ma­ti­que­ment de man­ger chez lui. Ou ce jeune gar­çon qui te­nait ré­gu­liè­re­ment à lui mon­trer le bé­tail de son grand­père : « T’as vu comme elles sont belles mes vaches ! ».

Fin chas­seur, Ai­mé ap­pré­ciait ses dé­pla­ce­ments au coeur de la na­ture. « À Cha­zelles, je me sou­viens avoir tué un san­glier de plus de 100 kg avec les chas­seurs du vil­lage. » Un sou­ve­nir par­mi tant d’autres.

Des mil­liers de ki­lo­mètres par­cou­rus

ÉPI­CIER AM­BU­LANT.

Ai­mé Mar­coux.

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