Jé­ré­mie Ja­not, gar­dien du suc­cès an­non­cé de l’Eu­ro

L’an­cien gar­dien em­blé­ma­tique de l’ASSE est dé­sor­mais am­bas­sa­deur de l’Eu­ro 2016, à Saint­Étienne

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Fabien Gauvin fabien.gauvin@cen­tre­france.com

Trois ans après avoir quit­té ses gants, Jé­ré­mie Ja­not est bien loin du quo­ti­dien d’un re­trai­té : am­bas­sa­deur et chef de pro­jet pour l’Eu­ro 2016, en­traî­neur, étu­diant, chef d’en­tre­prise… L’an­cien por­tier de l’ASSE, au contraire de sa car­rière, change de maillot à un rythme ef­fré­né.

Heu­reux, épa­noui…, mais dé­bor­dé ! » . C’est ain­si que Jé­ré­mie Ja­not ré­sume sa nou­velle vie loin des ter­rains. Car s’il ne pro­tège plus les cages sté­pha­noises, une mis­sion qu’il a re­le­vée brillam­ment pen­dant seize ans, le na­tif de Va­len­ciennes n’en mène pas moins un rythme tré­pi­dant, bien loin de la « pe­tite mort » sou­vent évo­quée par des spor­tifs re­trai­tés en manque d’adré­na­line. « Je n’ai pas eu le temps de me po­ser de ques­tions. C’est tom­bé à point nom­mé et je prends un plai­sir im­mense » , confie­t­il au su­jet de son rôle d’am­bas­sa­deur de l’Eu­ro 2016 à Saint­Étienne.

L’Eu­ro, « une belle vi­trine pour Saint-Étienne »

Jus­qu’au 25 juin, date du der­nier des quatre matches qu’ac­cueille­ra le stade Geof­froy­Guichard, l’an­cien gar­dien va en ef­fet vivre au rythme de cet évé­ne­ment in­con­tour­nable, « le troi­sième plus grand après les Jeux olym­piques et la Coupe du monde de foot ». Outre son sta­tut d’am­bas­sa­deur, « sur­tout de la re­pré­sen­ta­ti­vi­té », Jé­ré­mie Ja­not tra­vaille en tant que chef de pro­jet pour Saint­Étienne Mé­tro­pole. Une ac­ti­vi­té « à temps plein » pour son équipe et lui, avec un ob­jec­tif bien pré­cis : of­frir une or­ga­ni­sa­tion im­pec­cable à même de re­do­rer le bla­son par­fois écor­né de “Sain­té”. « Il faut es­sayer de faire en sorte que les ca­mé­ras de l’Eu­ro mettent aus­si en avant le ter­ri­toire. Il ne faut pas que ce soit seule­ment un Eu­ro pour les “foo­teux”, mais une belle vi­trine pour Saint­Étienne », ex­pli­quet­il avec convic­tion.

Dé­ter­mi­né sur les pe­louses de Ligue 1, le Spi­der­man sté­pha­nois* ne l’est pas moins lors­qu’il évoque sa vo­lon­té que l’Eu­ro « laisse une em­preinte » dans sa ville d’adop­tion. C’est dans ce but qu’il se dé­mène de­puis plus d’un an, avec la conscience de par­ti­ci­per à une aven­ture hors du com­mun mais aus­si celle d’avoir une obli­ga­tion de ré­sul­tat pour un évé­ne­ment qui se­ra scru­té dans le monde en­tier. « Chef de pro­jet de l’Eu­ro, il n’y en a que dix en France. C’est vrai­ment une belle mis­sion mais avec de la pres­sion. Il faut être à la hau­teur », rap­pelle ce­lui qui tou­te­fois ne se contente pas de cette fonc­tion dé­jà bien pre­nante.

Outre le Ja­not em­ployé de l’ag­glo­mé­ra­tion sté­pha­noise existe aus­si le Ja­not étu­diant. Ce­lui qui est re­tour­né sur les bancs de la fac afin de pas­ser son di­plôme de ma­na­ger. « C’est dur quand tu as 35 ans, que tu es foot­bal­leur. Tu as cette éti­quette, tu as un ta­touage de 30 cm sur le crâne, tu es vite ca­ta­lo­gué et tu dois faire tes preuves », sou­ligne le dé­ten­teur du re­cord d’in­vin­ci­bi­li­té à do­mi­cile en Ligue 1 ( N. D. L. R. : 1.534 mi­nutes sans en­cais­ser de but à Geof­froy­ Guichard). «Maisc’est ce que j’aime » , sou­rit­il avec ma­lice, lui qui tout au long de sa car­rière a dû lut­ter contre les pré­ju­gés quant à sa pe­tite taille.

Alors, ce père de trois en­fants s’est re­plon­gé dans les études, jus­qu’à dé­cro­cher son di­plôme de ma­na­ger et de­vrait ob­te­nir d’ici quelques mois les qua­li­fi­ca­tions re­quises pour en­traî­ner les gar­diens jus­qu’au plus haut ni­veau. S’il pa­raît in­évi­table qu’il ait un jour l’op­por­tu­ni­té d’exer­cer ce mé­tier au sein de l’AS Saint­Étienne, ce « be­so­gneux » n’at­tend pas les bras croi­sés et par­fait son ba­gage au sein du FCO Fir­mi­ny, qu’il en­traîne de­puis cet été. Mal­gré les dif­fi­cul­tés ( N.D.L.R .: Fir­min y est ac­tuel­le­ment avant­der­nier de sa poule en PHR), cet ac­cro aux sports de com­bat prend son pied dans ce rôle d’en­traî­neur prin­ci­pal qu’il dé­couvre. « Je prends du plai­sir, je me ré­gale. Je conduis le mi­ni­bus, je gonfle les bal­lons, je ne suis pas là en “di­va”. J’ap­prends. Dans le dur mais comme tou­jours. Tout ce que j’ai fait, ça n’a ja­mais été dans la fa­ci­li­té », rap­pelle­t­il en in­vo­quant la de­vise du FC Nantes qu’il a adop­tée comme prin­cipe de vie : « Ce­lui qui ne cherche pas à pro­gres­ser ré­gresse dé­jà ».

« J’ap­prends dans le dur, comme tout le temps »

Preuve en est son re­fus d’une re­con­ver­sion en tant que consul­tant que beau­coup ima­gi­naient de par son tem­pé­ra­ment. Mal­gré une ex­pé­rience ap­pré­ciée aux Spé­cia­listes, une émis­sion consa­crée au foot­ball sur Ca­nal +, Jé­ré­mie Ja­not a pri­vi­lé­gié un quo­ti­dien certes char­gé, mais à “Sain­té”. « J’ai eu une très belle pro­po­si­tion mais je l’ai re­fu­sée. Je vou­lais tra­vailler avec ma femme, pas­ser du temps avec ma fa­mille », ex­plique­t­il en ré­fé­rence à son autre cas­quette, celle de chef d’en­tre­prise au sein du Club 42, un éta­blis­se­ment spor­tif si­tué à An­dré­zieux­Bou­théon, gé­ré par celle qui est son épouse de­puis quinze ans main­te­nant.

Le fi­dèle gar­dien a tis­sé sa toile en ré­gion sté­pha­noise. Au­jourd’hui fo­ca­li­sé sur la réus­site de l’Eu­ro, Jé­ré­mie Ja­not es­père avoir en­suite « un éven­tail de pos­si­bi­li­tés as­sez large » pour pour­suivre une re­con­ver­sion aux mul­tiples fa­cettes qu’il af­fec­tionne. Il confesse tou­te­fois avoir « dé­jà une idée » de son pro­chain dé­fi, sans pou­voir en dire plus. Quoi qu’il en soit, le chou­chou du Chau­dron se­ra tou­jours Vert…

(*) Le 21 mai 2005, à l’oc­ca­sion du der­nier match à do­mi­cile de la sai­son face à Istres, Ja­not avait re­vê­tu un maillot aux cou­leurs du su­per­hé­ros, al­lant même jus­qu’à por­ter le masque en avant­match. La te­nue avait été pré­pa­rée par l’équi­pe­men­tier de Bal­bi­gny, li­qui­dé de­puis, Dua­rig.

F. GAUVIN

ADOP­TÉ. Ori­gi­naire de Va­len­ciennes, Jé­ré­mie Ja­not est ar­ri­vé à Saint-Étienne en 1993 et a conquis l’exi­geant pu­blic sté­pha­nois grâce à son état d’es­prit exem­plaire. « Sur une terre de foot comme “Sain­té”, tu ne peux pas trom­per les gens. Ils ont sen­ti que j’étais loyal en­vers eux et ils le sont avec moi », ex­plique-t-il tout en cla­mant son amour pour sa ré­gion d’adop­tion. « Je suis un Sté­pha­nois. Mon ob­jec­tif, c’est de res­ter ici toute ma vie », confie l’an­cien por­tier.

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