Le nou­veau pré­sident de la ré­gion est un homme pres­sé

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Ri­chard Ben­gui­gui

Il a par­cou­ru la ré­gion à grandes en­jam­bées, le tu­toie­ment fa­cile, le re­gard tou­jours en mou­ve­ment. Dé­pu­té à 29 ans, membre du gou­ver­ne­ment à 32, Laurent Wau­quiez, ma­rié et père de deux en­fants, est l’homme pres­sé de la droite fran­çaise.

L’an­cien pro­té­gé de Jacques Bar­rot a été à ses dé­buts un chien fou en po­li­tique. À la ma­nière d’un Jacques Chi­rac, il mon­tait les marches du pou­voir quatre à quatre. Jus­qu’aux an­nées Sar­ko­zy post­2007 dans les­quelles il dit s’être per­du. et il de­vient la cible dans la presse de ses « amis » de l’UMP. Sous cou­vert d’ano­ny­mat, ils dé­crivent un per­son­nage im­bu­vable, un ar­ri­viste ayant du mal à jouer col­lec­tif. Le « bad boy » de la droite, re­pren­dra Le Monde au dé­but de sa cam­pagne des Ré­gio­nales. Lui ne semble prê­ter au­cune at­ten­tion à ces at­taques. de vote pour lui ».

Laurent Wau­quiez re­tourne un à un tous les par­le­men­taires de droite d’Au­vergne et Rhône­Alpes. « Il nous a par­lé de la ré­gion, de ce qu’il vou­lait faire. Avec lui, on se pro­je­tait dans l’ave­nir. Avec Bar­nier, on était dans le pas­sé », rap­porte un dé­pu­té. In­ves­ti par l’UMP, il lui faut en­suite conqué­rir le centre. Sa feuille de route est dé­jà éta­blie : ar­ri­ver en tête au pre­mier tour pour créer la dy­na­mique de la vic­toire. Ce n’est pas ga­gné. À Vaulx­en­Ve­lin, Fran­çois Bay­rou trace une ligne rouge. « Ce mon­sieur a fait de longues études mais il ne semble pas en avoir re­te­nu grand­chose. Il ne sait que je­ter de l’huile sur le feu et jouer des an­ta­go­nismes en es­pé­rant en ti­rer un pe­tit bé­né­fice po­li­tique », gronde le pré­sident du MoDem.

Ma­rier les pa­ra­doxes

Le cen­triste sa­voyard Pa­tr ick Mi­gno­la, dé­si­gné chef de file, part en cam­pagne. Il cherche des pho­tos pour ses af­fiches, tente de faire ve­nir des proches de Jacques Bar­rot pour un mee­ting. Il dé­nonce les pres­sions exer­cées par Laurent Wau­quiez, pré­sen­té comme l’homme de Pa­trick Buis­son, l’an­cien c o n s e i l l e r d e Ni c o l a s Sar­ko­zy. Quelques se­mai­ nes plus tard, il se­ra as­sis à la même table pour si­gner un ac­cord et faire liste com­mune…

Mar ier les pa­ra­doxes, Laurent Wau­quiez le fe­ra dans cette cam­pagne avec beau­coup d’éner­gie et une cer­taine maes­tria. Il réuni­ra l’UDI et le MoDem sous sa ban­nière sans re­nier ses propres convic­tions par­fois très éloi­gnées, no­tam­ment après les at­ten­tats pa­ri­siens. Sur ses listes, il donne leur chance à de nou­velles têtes mais en met­tant sou­vent aux a v a n t ­p ostes de vieux bris­cards de la po­li­tique. Sou­vent des per­son­na­li­tés qui se dé­testent.

Au­tant que la vic­toire, Laurent Wau­quiez semble pas à pas vou­loir des­si­ner dans cette cam­pagne la fu­ture feuille de route d’une droite sans co­lonne ver­té­brale. Il est convain­cu que la classe po­li­tique s’est dis­qua­li­fiée aux yeux de l’opi­nion en n’osant plus as­su­mer ses idées, ce qui fait le lit du Front na­tio­nal. Son élec­tion à l’échelle de la deuxième ré­gion de France le rend à pré­sent in­con­tour­nable dans son propre camp. À peine sa vic­toire ac­quise, l’homme pres­sé a dé­jà en tête la ba­taille qui s’en­gage à droite en vue de l’élec­tion pré­si­den­tielle de 2017.

« Avec lui, on se pro­je­tait dans l’ave­nir » Ses op­po­sants dé­noncent « un ar­ri­viste »

PHO­TO FRANCK BOILEAU

LEA­DER. Laurent Wau­quiez (40,61 %) a ra­vi la ré­gion à la gauche (36,84 %), re­lé­guant le FN à 22,55 %. Il a été élu à la tête de Rhône-Alpes/Au­vergne, le 4 jan­vier.

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