Car­ton plein pour les centres de tir

Les dé­fla­gra­tions sont mon­naie cou­rante en bor­dure de la dé­par­te­men­tale al­lant à Mon­trond

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

SA­VI­GNEUX-MONT­BRI­SON. Le centre du Mont­bri­son­nais ac­cueille 183 ama­teurs de tir au pis­to­let et à la ca­ra­bine dans l’an­cien ca­nal du Fo­rez.

EN­GOUE­MENT. Les de­mandes d’adhé­sion se mul­ti­plient de­puis deux ans mais de mo­ti­va­tions sé­cu­ri­taires, il ne sau­rait être ques­tion.

« Nous sommes des spor­tifs, pas des cow­boys »

Près de deux cents per­sonnes pra­tiquent le tir dans les en­vi­rons de Sa­vi­gneux et Mont­bri­son. L’en­goue­ment pour les armes va gran­dis­sant. La peur ? Mi­chel Al­li­gier y voit sur­tout un nou­vel at­trait pour la dis­ci­pline.

Les boyaux, se­mi­en­ter­rés, émergent au bout d’un che­min de terre en rase cam­pagne. La dé­par­te­men­tale 496 ron­ronne à 300 mètres, in­cons­ciente du va­et­vient jour­na­lier des mal­lettes conte­nant armes de poing et armes longues. La so­cié­té de tir Sa­vi­gneux­Mont­bri­son (STSM) s’exerce là, der­rière une porte en fer taillée dans la bute.

Trois stands ont été amé­na­gés dans l’an­cien ca­nal du Fo­rez. Les pentes de l’ou­vrage sont tou­jours vi­sibles, sept cibles se dres­sant à leur ex­tré­mi­té : 10 m pour le tir à air com­pri­mé (pis­to­let et ca­ra­bine), 25 mètres pour les pe­tits ca­libres et armes an­ciennes ( « port du casque obli­ga­toire » in­dique un écri­teau sur la porte fer­mée d’un énorme bat­tant trans­ver­sal), 50 m pour les ini­tiés. Et par­tout au­tour, du bé­ton bar­dé de bois pour amoin­drir les dé­fla­gra­tions et stop­per les balles per­dues. « Son­gez, sou­rit le pré­sident, Mi­chel Al­li­gier, qu’une balle de ca­libre 22 long rifle a une por­tée d’ 1,5 km. Sans rien pour l’ar­rê­ter, elle irait sans peine jus­qu’à Cha­lain­le­Comtal… »

Vingt ans que les adhé­rents gr illent ici leurs mu­ni­tions après avoir été “chas­sés” du stand de Moingt pour cause de nui­sances so­nores. Il est loin, le temps des ori­gines, où quatre ré­ser­vistes de l’ar­mée per­fec­tion­naient leur visée cou­chés sur des cou­ver­tures dans une car­rière pri­vée. Au­jourd’hui, la STSM compte 183 adhé­rents dont 15 femmes et de nom­breux jeunes.

183 adhé­rents

Cha­cun ar­rive et re­part avec son arme. Le club ne stocke rien, hor­mis les douilles, re­ven­dues à un fer­railleur. Et la sé­cu­ ri­té y est éri­gée en com­man­de­ment su­prême, in­cul­qué à tout nou­vel ar­ri­vant. « Nous ne sommes pas à la vogue, pré­vient Mi­chel Al­li­gier. Même lorsque nous ti­rons à l’air com­pri­mé. Il y a tout un tas de règles de bonnes pra­tiques à as­si­mi­ler. Les adhé­rents ne sont pas des cowboys et ça ne ca­narde pas dans tous les coins. »

Im­pos­sible, d’ailleurs, de faire l’ac­qui­si­tion d’une arme de moyen ca­libre sans l’aval du co­mi­té di­rec­teur (pour les pe­tites, seule une li­cence suf­fit). « Le pré­sident est le pre­mier gar­de­fou, in­dique Mi­chel Al­li­gier. C’est lui qui au­to­rise ou non la dé­ten­tion d’armes. Lorsque les gens m’ap­pellent en me di­sant, je veux ache­ter un “22”, je les pré­viens d’em­blée : nous ne dé­li­vrons les cer­ti­fi­cats qu’aux ti­reurs as­si­dus. Il faut au moins six mois de pré­sence dans le club et jus­ti­fier de trois vi­sas sur son car­net de tir (chaque sé­same est dé­li­vré par les res­pon­sables as­so­cia­tifs à deux mois d’in­ter­valle, N. D. L. R.). Cer­tains nous sol­li­citent uni­que­ment dans l’idée d’ob­te­nir un per­mis mais ce n’est pas notre phi­lo­so­phie. Il ne faut sur­tout pas faire d’amal­game. Les ti­reurs sont des spor­tifs à part en­tière dont nombre de dis­ci­plines sont re­con­nues par le co­mi­té olym­pique. »

AN­CIEN CA­NAL. Chaque adhé­rent, dé­ten­teur d’une clé, fré­quente à sa guise le centre de tir se­mi-en­ter­ré. Mi­chel Al­li­gier, lui, pra­tique le tir de­puis l’âge de trente ans.

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