Dy­na­mique et at­trac­tive plaine du Fo­rez

La moi­tié des tran­sac­tions li­gé­riennes s’ef­fec­tuent dans le Sud Loire dont 30 % sur Loire­Fo­rez

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Dans Le Forez Et La Loire - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Un cadre bu­co­lique, des villes à taille hu­maine et la proxi­mi­té de la mé­tro­pole… Le Fo­rez sé­duit par ses atouts, même si cer­taines com­munes tirent leur épingle du jeu.

Ar­ri­vé de Mar­seille il y a tout juste un an, Oli­vier Mu­rer n’en re­vient pas : il a si­gné dix ventes en quatre mois d’ac­ti­vi­té. Le jeune agent ins­tal­lé à Veauche ( lire aus­si en page 6) a mis le doigt sur un mar­ché « ul­tra­dy­na­mique ». « Ici, il y a de la de­mande, il y a de l’ offre et elles sont au même ni­veau, avance­t­il. Quand on rentre un bien es­ti­mé au prix du mar­ché ( 240.000 eu­ros pour une ha­bi­ta­tion de 120 m2 avec 500 m 2 de ter­rain, lire ci­contre, N.D.L.R .), on le vend en l’es­pace de quinze jours ».

La plaine du Fo­rez, bien qu’au­jourd’hui concur­ren­cée par la Haute­Loire, garde les fa­veurs des Li­gé­riens. « Les routes y sont plates, il y a plus d’in­fra­struc­tures, moins de neige. C’est ce qui fait son at­trait » , ana­lyse Gilles Ro­chette, agent im­mo­bi­lier à Mont rond­ les­ Bains. Long­temps, la zone a bé­né­fi­cié de la désaf­fec­tion des Sté­pha­nois pour la ville centre, en­tre­te­nant une « ruée vers le Fo­rez ». Si le mou­ve­ment est au­jourd’hui moins pro­non­cé, la tran­quilli­té d’une vie « à la cam­pagne » proche de toutes com­mo­di­tés conti­ nue de sé­duire bon nombre d’ac­qué­reurs. À cette nuance près que « chaque ville a ses atouts et sa men­ta­li­té » , glisse Oli­vier Mu­rer. Il faut s’adap­ter. Re­vue de dé­tail de ces mi­cro­mar­chés.

1 Les com­munes les plus

pri­sées. La cou­ronne sté­pha­noise (La Ta­lau­dière, Sor­biers, L’Étrat, Saint­Héand, Villars) reste le sec­teur le plus de­man­dé et les bud­gets s’en­volent en consé­quence. Le prix mé­dian d’une mai­son an­cienne y avoi­sine 185.000€. Suivent im­mé­dia­te­ment Saint­Ju stSaint­Ram­bert, An­dré­zieux ­Bou­théon, Veauche, Chamboeuf. À lui seul, le Sud Loire concentre près de la moi­tié des ventes contrac­tées dans la Loire (*). « L’ex­trême li­mite, c’est Mon­trond, dé­clare Gilles Ro­chette. Car les ac­qué­reurs ne veulent pas s’éloi­gner à plus de trente

mi­nutes ou trente ki­lo­mètres du bas­sin d’em­ploi que consti­tue SaintÉ­tienne » . À ce titre, l’ac­cès et la des­serte rou­tière pèsent lourd dans la ba­lance. « Cer­taines com­munes comme Saint­Gal­mier ou Saint­Priest­en­Ja­rez ( que n’épargnent pas les em­bou­teillages aux heures

de pointe, N. D. L. R.) sont sur une pente des­cen­dante. Elles ont long­temps été sur­co­tées et les gens réa­lisent qu’ils peuvent s’of­frir une mai­son au même prix à Mon­trond avec un ter­rain plat par exemple. La rai­son l’em­porte sur la pas­sion ».

2 Mont­bri­son, la belle en­dor­mie. La sous­pré­fec­ture peine à sé­duire et les ache­teurs ne se bous­culent pas au por­tillon. « Je l’ap­pelle la belle en­dor­mie, sour it Gilles Ro­chette. C’est une ville plai­sante, c’est vrai. Mais plu­sieurs fac­teurs l’han­di­ capent : sor­ti de l’au­to­route, il faut faire quelques pe­sants ki­lo­mètres ; c’est une ville qui a long­temps été re­pliée sur elle­même ; une com­mune qui bute tout de suite sur les monts du Fo­rez et où l’on trouve peu de ter­rains qui se li­bèrent. Elle peut sé­duire pour un ap­par­te­ment et en­core, il n’ y en a pas beau­coup… »

3 Monts du Fo­rez : le désa­mour. Les prix y sont en chute libre. Entre oc­tobre 2014 et sep­tembre 2015, les mai­sons an­ciennes ont per­du 19 % de leur va­leur et seuls 58.000 eu­ros suf­fisent dé­sor­mais ( en moyenne) à l’ac­qui­si­tion d’un lo­ge­ment de 100 m avec 790 m2 de ter­rain. Oli­vier Mu­rer ré­sume as­sez crû­ment les choses : « Boën, c’est le dé­sert. Per­sonne ne veut ha­bi­ter là­bas ».

4 Feurs, l’at­trait pour les pe­tites sur­faces. ­ 9 % : les prix des mai­sons in­di­vi­duelles ont ac­cu­sé le coup en 2015 mais les vo­lumes sont plu­tôt dans la four­chette haute du ter­ri­toire (35 ventes en­re­gis­trées par la chambre des notaires contre 21 à Mon­trond et 23 à An­dré­zieux). La com­mune dis­pose en­core de fon­cier pour construire des im­meubles en plein centre. C’est ce qui fait son at­trait, à en croire Gilles Ro­chette.

5 Les com­munes à fort po­ten­tiel. Per­sonne ne les a en­core iden­ti­fiées comme le pa­ra­dis sur terre mais elles pour­raient bien le de­ve­nir avec la mise en ser­vice com­plète de la dé­via­tion de la RD498 en 2018. « Bon­son, Su­ry­leCom­tal, Saint­Mar­cel­li­nen­Fo­rez… Au­jourd’hui, les biens se vendent à des prix très at­trac­tifs, constate Oli­vier Mu­rer. Sans quoi il n’y au­rait pas d’ac­qué­reur. Mais l’infrastructure rou­tière va boos­ter le sec­teur. C’est là qu’il faut in­ves­tir ».

(*) En 2014, le Sud Loire a concen­tré 47 % du mar­ché li­gé­rien des mai­sons in­di­vi­duelles d’après l’agence d’ur­ba­nisme Epures. 56 % des re­ventes de mai­sons ont eu lieu dans Saint­Étienne Mé­tro­pole et 27 % dans Loire Fo­rez.

Concur­ren­cée par la Hau­teLoire, la plaine garde les fa­veurs des ac­qué­reurs

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