Une dé­grin­go­lade à en­rayer

La pré­fec­ture en­re­gistre des prix tou­jours plus bas

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Dans Le Forez Et La Loire - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com L. C.

Le nombre de ventes re­part à la hausse. Pas as­sez pour adou­cir le mo­ral des agents im­mo­bi­liers mais les notaires sont op­ti­mistes.

Le constat, amer, est qua­si una­nime : la ville de Saint­Étienne peine à sor­tir du bour­bier. Si le vo­lant d’af­faires a pro­gres­sé en vo­lume sur les douze der­niers mois, la courbe de pr ix est « ef­frayante », ana­lyse Guy Gi­raud, pré­sident de la Fnaim Loire Sud ( fé­dé­ra­tion na­tio­nale des agents im­mo­bi­liers). « La désaf­fec­tion conti­nue, confirme Gilles Ro­chette, agent à Mon­trond. On avait dit, il y a trois ans, ça ne peut pas al­ler plus bas mais c’est le cas et c’est ter­rible. Les es­ti­ma­tions faites à 1.000 € du m2 ne se vendent plus. On est entre 500 et 800 € du m2. C’est l’ac­qué­reur qui fait son prix ».

La faute, es­timent les pro­fes­sion­nels, a un dé­fi­cit d’image in­fon­dé. « Le pro­blème, constate Gilles Ro­chette, c’est que c’est un cercle vi­cieux. Quand l’im­mo­bi­lier est bas, ce­lui qui achète a de faibles moyens. Du coup les ré­no­va­tions sont de bric et de broc, les rues sombrent dans le mé­diocre et on abou­tit à des quar­tiers bou­dés à 500 € du m2. Im­pos­sible, alors, de les ti­rer vers le haut. C’est dom­mage car la ville ne le mé­rite pas. »

Un « fré­mis­se­ment »

Res­tent cer­taines poches de ré­sis­tance (les quar­tiers Ba­douillère, Fau­riel, Bel Air et le Nord de la com­mune conti­nuent à bien se te­nir) mais cer­taines zones ont dé­fi­ni­ti­ve­ment plon­gé. C’est le cas de Montre ynaud où lem 2 dans l’an­cien au­rait chu­té, se­lon Guy Gi­raud, à 400 €. « Au moins, dans ces condi­tions, po­si­tive le pré­sident, les gens ont in­té­rêt à faire du pla­ce­ment im­mo­ bi­lier. La ren­ta­bi­li­té, à ce prix, peut avoi­si­ner les 20 % en lo­ca­tion. Par contre, il ne faut pas cher­cher de plus­va­lue à la re­vente… Ce qui est éton­nant à Saint­Étienne, c’est que cette si­tua­tion existe de­puis long­temps. Pour­tant, il n’y a pas plus de pro­prié­taires ha­bi­tants que dans les autres villes (57 %). C’est dif­fi­ci­le­ment com­pré­hen­sible. Avec des prix plan­chers et des taux d’in­té­rêt en­core très bas, ne pas de­ve­nir pro­prié­taire, même à 25 ans, re­lève presque du ri­di­cule ».

La pro­fes­sion a long­temps es­pé­ré un ef­fet rat­tra­page étant don­né la courbe ta­ri­faire mais la pré­fec­ture de­meure à la traîne. Pro­duits ex­cep­tion­nels mis à part. « Le ta­bleau n’est pas to­ta­le­ment noir, ad­met Guy Gi­raud. Il y a un pe­tit dé­cro­chage concer­nant les ap­par­te­ments bour­geois mais c’est sans doute un ef­fet de mode. Et cer­tains biens se vendent à des prix très éle­vés ».

Pour Me Pierre­An­toine Du­ron, porte­pa­role de la chambre des notaires, il ne s’agit pas d’une sin­gu­la­ri­té mais bien d’un signe pré­cur­seur. « Le re­gain d’in­té­rêt de­puis quelques mois est réel, as­sure­t­il. Il y a des gens qui vendent leur mai­son en pé­ri­phé­rie pour re­ve­nir ha­bi­ter en centre­ville. La nou­velle mu­ni­ci­pa­li­té a re­don­né de l’es­poir et fait beau­coup d’ef­forts pour fixer des jeunes couples avec en­fants. Nous consta­tons un fré­mis­se­ment ».

EF­FORT.

La Ville a fait beau­coup pour re­te­nir les jeunes couples.

« Ne pas de­ve­nir pro­prié­taire, même à 25 ans, re­lève du ri­di­cule ».

GUY GI­RAUD Pré­sident de la Fnaim Loire Sud.

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