Pierre­Jean Ro­chette : « De­main, l’hô­pi­tal se­ra re­fait à neuf »

Pierre­Jean Ro­chette évoque les dos­siers qui vont ryth­mer la vie de sa com­mune en 2016

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

Le ra­chat de l’an­cien hô­pi­tal, les de­man­deurs d’asile, la ré­no­va­tion ur­baine, l’éco­no­mie lo­cale, le re­dé­cou­page in­ter­com­mu­nal… Pier­reJean Ro­chette pré­sente sans langue de bois les chan­tiers qui doivent faire bou­ger sa com­mune.

Lors de vos voeux à la po­pu­la­tion, vous avez an­non­cé le pro­chain ra­chat de l’an­cien hô­pi­tal lo­cal. Où en êtes-vous sur ce dos­sier ? C’était une pro­messe de cam­pagne. On vou­lait ra­che­ter cet hô­pi­tal lo­cal et dès notre ar­ri­vée à la mai­rie, on a en­ga­gé des dis­cus­sions avec le di­rec­teur de l’éta­blis­se­ment. On a pas­sé de nom­breuses heures à né­go­cier mais l’écart fi­nan­cier était trop im­por­tant entre nos deux po­si­tions. On a mis le pré­fet et le sous­pré­fet dans la boucle et le dos­sier est re­mon­té jusque chez Em­ma­nuel Ma­cron ( mi­nistre de l’Éco­no­mie, N.D.L.R.). Le se­cré­taire d’État char­gé du bud­get, Ch­ris­tian Eckert, nous a ré­pon­du, ce qui a per­mis d’avoir une nou­velle base de dis­cus­sion. Au bout de deux ans, on a trou­vé un ac­cord. La Ville va ra­che­ter le site 1.370.000 € et le re­ven­dra à Épo­ra char­gé de la ré­ha­bi­li­ta­tion de la friche et de sa trans­for­ma­tion. On a l’ar­gent, on at­tend la date de la si­gna­ture.

Quel est le pro­jet sur ce site qui hé­berge ac­tuel­le­ment des de­man­deurs d’asile ? On veut ins­tal­ler une mai­son de ser­vices pu­blics, une mai­son de san­té et on sou­haite re­lo­ger cer­taines as­so­cia­tions qui sont ac­tuel­le­ment dans des bâ­ti­ments com­mu­naux qui ne sont plus aux normes et nous coûtent une for­tune en chauf­fage. Le Centre d’ac­cueil des de­man­deurs d’asile (Ca­da) se­ra tou­jours in­té­gré dans les murs du site.

Les de­man­deurs d’asile res­tent donc àBoën?Ilenr es­ter a, au­jourd’hui, c’est une cer­ti­tude. Quand les de­man­deurs d’asile sont ar­ri­vés à Boën, on nous avait dit que c’était du pro­vi­soire mais tout le monde sa­vait que c’était du pro­vi­soire qui al­lait du­rer. Au­jourd’hui, après avoir pas­sé de nom­breuses journées à né­go­cier avec les ser­vices de l’État et tous les pro­ta­go­nistes, on a dé­ci­dé de ne pas al­ler dans une di­rec­tion qui nous condui­rait di­rec­te­ment à l’im­passe, c’est­à­dire ré­cla­mer la fer­me­ture pure et simple du Ca­da mais à né­go­cier une ré­duc­tion du nombre de per­sonnes hé­ber­gées, de fa­çon à as­su­rer la re­prise en main de ce site et sa re­struc­tu­ra­tion. Ce bâ­ti­ment fait un peu aban­don­né. De­main, il se­ra re­fait à neuf avec des fonc­tion­naires, des ser­vices pu­blics et une par­tie Ca­da dans une struc­ture neuve. Ça change tout.

Com­bien y a-t-il de de­man­deurs d’asile à ce jour ? Il y en a 150. L’ac­cord que nous avons avec la pré­fec­ture, c’est de pas­ser en des­sous des cent per­sonnes hé­ber­gées, ce qui se­ra en adé­qua­tion avec la taille de Boën. Il faut bien que les gens com­prennent qu’on va res­ter dans cette confi­gu­ra­tion. Moi, quand je suis ar­ri­vé à la mai­rie, je n’étais pas fa­vo­rable à ce Ca­da. Mon point de vue a évo­lué consi­dé­ra­ble­ment car seuls les im­bé­ciles ne changent pas d’avis. Pierre Val­do, l’as­so­cia­tion qui gère le Ca­da, est sé­rieuse et ne pose pas de pro­blème. Ce Ca­da marche bien. Pierre Val­do a créé une di­zaine d’em­plois à Boën, ce n’est pas neutre. Dès 2017, avec un bâ­ti­ment rénové, ça se pas­se­ra à mer­veille. Il n’y au­ra plus au­cun pro­blème. Il faut aus­si que dans cette ques­tion d’ac­cueil des de­man­deurs d’asile, tout le monde prenne ses res­pon­sa­bi­li­tés. Des com­munes plus im­por­tantes au­tour de chez nous de­vraient aus­si prendre une part de cet hébergement.

Quelle so­lu­tion est pré­vue pour les de­man­deurs d’asile qui quit­te­ront Boën ? Les ser­vices de l’État vont s’en dé­brouiller. On parle d’une pos­si­bi­li­té de les re­lo­ger à Saint­Thu­rin… Peut­être. Il y a des contacts avec la mu­ni­ci­pa­li­té. C’est sur mon canton, ça me concerne di­rec­te­ment. Mais le mes­sage que je veux faire pas­ser, c’est qu’il y a une dif­fé­rence entre ce qu’on voit à la té­lé, type San­gatte, et un Ca­da. On a une idée com­plè­te­ment faus­sée de ce qu’est un Ca­da bien gé­ré. Quand on le fait à la Robinson Cru­soé (sic), dans un bâ­ti­ment qui n’est pas fait pour, c’est plus com­pli­qué. Mais les ins­ti­tu­teurs me font re­mon­ter le fait que les en­fants hé­ber­gés font preuve d’une énorme ca­pa­ci­té d’adap­ta­tion. Et par­mi les pro­pos des pa­rents, on ne sent pas de vio­lence. On sent des gens qui ont échoué ici.

Par­mi les autres pro­jets struc­tu- rants, vous avez an­non­cé votre in­ten­tion de ré­no­ver les en­trées de Boën… On a en ef­fet deux points noirs dans la com­mune, en termes d’image, la rue de Lyon et la rue de Cler­mont. Boën a été bâ­tie au­tour d’une voie de trans­port, ce qui pro­cure une sen­sa­tion de ville cor­ri­dor, axée sur la N 1.089. Mais on a aus­si plein de beaux quar­tiers au­tour. On veut mo­der­ni­ser ces en­trées et no­tam­ment la place Sy­ve­ton. Le pro­jet est por­té par Épo­ra. On veut jouer sur l’image de ville verte, mettre en va­leur le Lignon, qu’on n’aper­çoit que vers le parc de La Sa­blière. En mars, des es­quisses se­ront pro­po­sées à la po­pu­la­tion, qui se­ra concer­tée. Dans ce dos­sier, nous al­lons aus­si faire l’ac­qui­si­tion de qua­torze mai­sons, rue de Lyon, pour les dé­truire. Les né­go­cia­tions sont en cours. Si les ven­deurs sont rai­son­nables, on achète. S’ils nous prennent pour des Amé­ri­cains, on ira jus­qu’à la dé­cla­ra­tion d’uti­li­té pu­blique pour les ex­pro­prier, même si ce­la ne se fait pas d’un coup de ba­guette ma­gique. On a be­soin de cette ré­no­va­tion ur­baine pour re­lan­cer la com­mune.

Au ni­veau in­ter­com­mu­nal, que pen­sez-vous du re­dé­cou­page qui ral­lie le Pays d’As­trée à Loire-Fo­rez et une par­tie du pays de SaintBon­net-le-Châ­teau ? Mont­bri­son et Boën font par­tie du même bas­sin de vie. Mais j’au­rais sou­hai­té, comme Alain Ber­théas et Ch­ris­tophe Ba­zile, un Fo­rez fort, d’un seul te­nant, avec Feurs­en­Fo­rez. Je suis de ceux qui pensent que le gou­ver­ne­ment pré­pare la fin des éche­lons, com­mu­nal et dé­par­te­men­tal. Dom­mage de tout re­faire dans six ans si on peut le faire tout de suite. On se ré­si­gne­ra au choix du pré­fet.

AC­TION. Pierre-Jean Ro­chette at­tend la date de la si­gna­ture pour la vente de l’an­cien hô­pi­tal lo­cal.

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