Pri­son ferme pour le chauf­fard

In­cons­cience d’un au­to­mo­bi­liste au re­tour du Co­mice de Feurs

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Ce chauf­fard mul­ti­ré­ci­di­viste, con­dam­né à plu­sieurs re­prises pour conduite sous l’em­pire d’un état al­coo­lique, s’était en­fui après un dé­pas­se­ment in­ter­dit qui n’avait fait que de la tôle frois­sée grâce aux ré­flexes des autres au­to­mo­bi­listes.

Le len­de­main de l’ac­ci­dent, il avait dé­po­sé plainte, af­fir­mant qu’il avait été vic­time d’une « queue de pois­son » après qu’un au­to­mo­bi­liste a fi­ni par le dé­pas­ser après plu­sieurs vaines ten­ta­tives. Et parce qu’il s’était sen­ti me­na­cé par ce soi­di­sant fou du vo­lant, il avait lui­même ac­cé­lé­ré, dé­boî­té et dou­blé avant de se ra­battre pour évi­ter un car qui arr ivait face à lui. Sa ma­noeuvre s’était sol­dée par une belle frayeur pour lui et les deux autres pro­ta­go­nistes de l’ac­ci­dent, et de la tôle frois­sée.

Un peu plus tôt, sa mère l’avait pré­ve­nu que les gen­darmes recherchaient la per­sonne qui était au vo­lant d’un 4 x 4 pos­sé­dant une carte à grise à son nom à elle ; une voi­ture im­pli­quée dans un ac­ci­dent sur­ve­nu la veille, sur la route dé­par­te­men­tale 1052 entre Veauche et An­dré­zieux­Bou­théon, vé­hi­cule iden­ti­fié par un té­moin via sa plaque mi­né­ra­lo­gique.

Dé­jà con­dam­né à plu­sieurs re­prises

Dix mois plus tard, la ver­sion de ce qua­dra­gé­naire pour­sui­vi pour mise en dan­ger d’au­trui par vio­la­tion ma­ni­fes­te­ment dé­li­bé­rée d’une obli­ga­tion ré­gle­men­taire de sé­cu­ri­té ou de pru­dence, dé­lit de fuite et che­vau­che­ment d’une ligne conti­nue, a bien chan­gé…

À la barre du tr ibu­nal cor­rec­tion­nel de SaintÉ­tienne, il re­con­naît que c’est lui qui a ef­fec­tué ce dé­pas­se­ment in­con­si­dé­ré. Il avoue aus­si qu’il n’était me­na­cé par per­sonne. « Je ne sais pas pour­quoi j’ai dit ça, ex­plique ce Sté­pha­nois. Je re­grette. J’étais fa­ti­gué après quatre jours de foire (il ren­trait du Co­mice de Feurs, N. D. L. R.). J’ai mal ap­pré­cié la dis­tance. J’ai pa­ni­qué. »

« Mais pour quelle rai­son être par­ti, l’in­ter­roge Ro­land Cuer ? C’était un simple ac­cro­chage… » L’in­si­nua­tion du pré­sident du tri­bu­nal est claire : le pré­ve­nu a dé­jà été con­dam­né à plu­sieurs re­prises sous l’em­pire d’un état al­coo­lique. Pre­mière peine en 1999 sui­vie d’une an­nu­la­tion du per­mis de conduire. La der­nière date de 2013 : un an de pr ison dont huit mois avec sur­sis. Néan­moins, im­pos­sible d’évo­quer un éven­tuel état al­coo­lique cette fois­ci puis­qu’il s’est pré­sen­té aux po­li­ciers après « un temps de ré­flexion ex­ces­sif », dixit Ro­land Cuer.

Ma­rianne Ber­théas parle d’« un geste to­ta­le­ment in­cons­cient, to­ta­le­ment fou » et d’ « un dé­pas­se­ment sur une bande conti­nue » que conteste le pré­ve­nu.

Tests san­guins concluants

La sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique ré­clame douze mois de pri­son dont six as­sor­tis d’un sur­sis mise à l’épreuve (SME), une an­nu­la­tion du per­mis de conduire avec in­ter­dic­tion de le re­pas­ser avant six mois et 100 eu­ros d’amende.

« Tout a chan­gé au­jourd’hui, clame l’avo­cat d’un homme qui a pris la pré­cau­tion d’ef­fec­tuer des tests san­guins qui confirment qu’il ne boit plus d’al­cool. Mon client re­con­naît deux dé­lits sur trois. »

Une at­ti­tude plus sage en ef­fet puisque le qua­dra­gé­naire a éco­pé de trois mois ferme, de six mois de sus­pen­sion du per­mis et de 800 € d’amende et de contra­ven­tion.

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