Du ro­sé avant l’ac­ci­dent, du whis­ky après

Un an­cien chauf­feur rou­tier ivre au vo­lant

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice -

Un qua­dra­gé­naire cir­cu­lait avec plus de deux grammes d’al­cool dans le sang.

L’homme qui com­pa­raît de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne est tel­le­ment « ter­ro­ri­sé », se­lon le terme de son avo­cat, que ses ex­pli­ca­tions sont confuses, voire né­bu­leuses.

Pour­tant, les faits sont simples : en mai 2015, il a heur­té une voi­ture en sta­tion­ne­ment, place des mû­riers, à Bellegarde­enFo­rez. La pro­prié­taire du vé­hi­cule avait lais­sé ses pa­rents à l’in­tér ieur de l’ha­bi­tacle, le temps d’une course ra­pide. Une fois sur place, elle s’est heur­tée à un au­to­mo­bi­liste contes­ta­taire, ma­ni­fes­te­ment ivre et qui a re­fu­sé de si­gner un constat à l’amiable avant de quit­ter les lieux.

« J’al­lais chez le coif­feur », a ex­pli­qué ce Fo­ré­zien de 47 ans aux gen­darmes qui l’ont in­ter­pel­lé. Il s’est avé­ré que l’homme avait plus de 2 grammes d’al­cool dans le sang. « C’était une pé­riode très com­pli­quée de ma vie, tente d’ex­pli­quer le pré­ve­nu au pré­sident Ro­land Cuer. J’avais des gros sou­cis per­son­nels, J’avais aus­si beau­coup tra­vaillé. J’étais épui­sé. Je ne cherche pas des ex­cuses mais juste à vous faire com­prendre. » « Qu’aviez­vous bu ? » , de­mande le pré­sident du tr ibu­nal. « Des verres de ro­sé le ma­tin, du vin à mi­di et du whis­ky après, chez un ami qui m’avait ac­cueilli chez lui. » « Vous étiez en re­pos ce jour­là. Ce n’est pas vrai­ment ce qu’on peut ap­pe­ler une jour­née ha­ras­sante », s’étonne Ro­land Cuer. Si­lence gê­né d’un homme qui baisse la tête.

Pri­son avec sur­sis

« On es­pé­rait que de l’au­dience jailli­rait la lu­mière mais nous sommes tou­jours dans l’obs­cu­ri­té » , re­prend Mar ianne Ber­théas qui s’étonne du « mys­tère qui règne sur les an­té­cé­dents ju­di­ciaires du pré­ve­nu ». Il af­firme avoir dé­jà été con­dam­né dès 1988 pour des faits de conduire sous l’em­pire d’un état al­coo­lique, d’où sa ter­reur, mais son ca­sier ju­di­ciaire ne porte pas tra­ ce de cette condam­na­tion. En re­vanche, quatre autres y fi­gurent bel et bien qui in­citent la sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique à re­qué­rir un mois de pri­son avec sur­sis et une sus­pen­sion de six mois de son per­mis de conduire.

« Trois des proches de mon client ve­naient de dé­cé­der et il avait quit­té son em­ploi de chauf­feur rou­tier après une rup­ture conven­tion­nelle » , ex­plique Me Phi­lippe Ci­ze­ron. Au­jourd’hui, il re­con­naît les faits et ré­clame de la clé­mence car il veut re­de­ve­nir chauf­feur rou­tier. »

Ce ne se­ra pas pour tout de suite. Le tri­bu­nal a sui­vi les ré­qui­si­tions du re­pré­sen­tant du mi­nis­tère pu­blic.

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