L’huile dans les rouages, pas sur le feu

Em­ma­nuel Im­ber­ton est le pré­sident de la nou­velle CCI mé­tro­po­li­taine

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Le Portrait - Sté­phane Voyant ste­phane.voyant@cen­tre­france.com

L’ex-pré­sident de la CCI de Lyon a na­tu­rel­le­ment été élu à l’una­ni­mi­té par ses pairs à la tête de la nou­velle CCI mé­tro­po­li­taine qui re­groupe Lyon, SaintÉ­tienne et Roanne.

L’homme l’avoue d’em­blée. Il n’avait « ja­mais mis les pieds » à la Chambre de com­merce et d’in­dus­tr ie ( CCI) de Lyon avant d’être élu. De­puis, son par­cours est ful­gu­rant. D’abord élu membre et vice­pré­sident en 2011, puis à la pré­si­dence de l’ins­ti­tu­tion lyon­naise en 2013, suite à la dé­mis­sion contrainte de son pré­dé­ces­seur, Phi­lippe Grillot, il vient d’être élu par ses pairs, il y a dix jours, à la tête de la toute nou­velle CCI mé­tro­po­li­taine, fruit de la fu­sion entre les cham­bresde Lyon, Saint ­ Étienne­Mont­bri­son et Roanne.

« C’est un grand hon­neur, mais aus­si une lourde res­pon­sa­bi­li­té » , confie ce­lui qui est dé­crit pas ses aco­lytes, le pré­sident de la dé­lé­ga­tion roan­naise Jean­Ber­nard Devernois, et ce­lui de la dé­lé­ga­tion lyon­naise, Phi­lippe Va­len­tin, comme « un me­neur d’homme, sans qui ce pro­jet n’au­rait pas vu le jour. Un type qui sait faire de la place aux autres, écoute, et qui est conscient que pour réus­sir, il faut tra­vailler en­semble » . Des va­leurs qui l’ont donc pro­pul­sé sur le de­vant de la scène, alors qu’il n’avait pas vrai­ment été can­di­dat à ce poste. « On ne m’a pas obli­gé non plus à être pré­sident, c’est sim­ple­ment le fait que j’étais au dé­but de cette nou­velle aven­ture et que l’équipe a sou­hai­té al­ler au bout de la dé­marche en­tre­prise et mettre en route cette nou­velle construc­tion », ex­plique l’in­té­res­sé.

La fran­chise est aus­si l’une des ver­tus d’Em­ma­nuel Im­ber­ton qui n’hé­site pas, sans ta­bou, à évo­quer le contexte bud­gé­taire dé­li­cat im­po­sé par l’État qui a di­mi­nué de 38 % les res­sources fis­cales des CCI sur la pé­riode 2014­2017. « Il y au­ra des dé­ci­sions dif­fi­ciles à prendre comme aban­don­ne­run cer­tain nombre d’ac­tions » . Il n’hé­site pas non plus à évo­quer le de­ve­nir du Mu­sée des Tis­sus ­ « on ne peut pas nous de­man­der de faire 38 % d’éco­no­mie et d’as­su­rer la ges­tion d’un mu­sée » ­ ou en­core les parts de la CCI dans l’aé­ro­port Saint­Exu­pé­ry que la Chambre pour­rait vendre dans les an­nées à ve­nir. Ha­bile po­li­tique, Em­ma­nuel Im­ber­ton est pré­sen­té par ses pairs comme l’homme de la si­tua­tion, ca­pable de re­mettre la CCI sur de bons rails. Le bon can­di­dat, aus­si bien pour son or­ga­ni­sa­tion, la CGPME, que pour le Me­def. « C’est l’homme du consen­sus, dis­cret, mais qui a les épaules as­sez larges pour se faire en­tendre », le dé­crit­on dans les rangs consu­laires. « Pour ame­ner des pro­jets, il faut créer le consen­sus et je pré­fère ras­sem­bler plu­tôt que di­vi­ser, pour­suit le pré­sident. Je pré­fère mettre de l’huile dans les rouages plu­tôt que de l’huile sur le feu, mais, en même temps, j’aime bien aus­si dire les choses telles que je les res­sens ».

Un ca­rac­tère qui a per­mis à Em­ma­nuel Im­ber­ton de faire car­rière. Car si l’homme n’est pas né en­tre­pre­neur, il l’est de­ve­nu après un pas­sage comme di­rec­teur des res­sources hu­maines chez Va­leo, à la Cia­pem (Brandt) et chez Co­fra­del ( Docks de France). En 1998, il re­prend la so­cié­té Co­ton­nière Lyon­naise, spé­cia­li­sée dans la créa­tion et la dis­tri­bu­tion de sup­port pour la com­mu­ni­ca­tion évé­ne­men­tielle, dont il de­vient le pré­sident, tout comme il re­pren­dra, en 2004, la so­cié­té Doal Concept ( concep­tion de sys­tème de si­gna­lé­tique pour la com­mu­ni­ca­tion vi­suelle). « De­puis ga­min, je rê­vais d’être en­tre­pre­neur, j’ai mis ce rêve en oeuvre en pre­nant mon in­dé­pen­dance à 40 ans, sans for­ma­tion, même si je pense que ma car­rière de DRH m’a bien ai­dé », confie­t­il.

Ce « gros bos­seur » a éga­le­ment des pas­sions. La mu­sique d’abord puisque ce Vien­nois a été tré­so­rier et membre du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de Jazz à Vienne Fes­ti­val, mais aus­si le ski, les bons vins et le foot­ball. Tou­jours dans ce moule du consen­sus qu’il af­fec­tionne, Em­ma­nuel Im­ber­ton mé­nage la chèvre et le chou. « Mon coeur penche pour l’Olym­pique lyon­nais et la rai­son pour SaintÉ­tienne. C’est en tout cas re­ mar­quable d’avoir deux clubs à ce ni­veau dans la ré­gion ».

Mais qu’on ne s’y trompe pas, il reste un sup­por­ter in­con­di­tion­nel de l’OL. Et l’est tout aus­si du pré­sident Jean­Mi­chel Au­las, « un for­mi­dable en­tre­pre­neur qui reste un exemple pour tous ceux qui veulent en­tre­prendre » . Un homme dont s’ins­pire Em­ma­nuel Im­ber­ton.

Un ha­bile po­li­tique qui ne pra­tique pas la langue de bois Fan de l’Olym­pique Lyon­nais et de Jean­Mi­chel Au­las

PHO­TO STÉ­PHANE VOYANT

PA­TRON. Ex-pré­sident de la CCI de Lyon, Em­ma­nuel Im­ber­ton s’est vu pro­pul­sé à la tête de la toute nou­velle CCI mé­tro­po­li­taine qui re­groupe les chambres de com­merce de Lyon, Saint-Étienne-Mont­bri­son et Roanne. « Le monde de l’en­tre­prise a sou­hai­té mieux s’or­ga­ni­ser », confie-t-il.

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