Un nu­mé­ro et un nom de rue par­tout d’ici 2020

Le dé­ploie­ment de la fibre ne pour­ra s’ef­fec­tuer sans un adres­sage pré­cis des 172.000 clients

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Les rues ano­nymes ont fait leur temps. Le Siel (Syn­di­cat in­ter­com­mu­nal des éner­gies de la Loire) sol­li­cite de chaque com­mune un adres­sage dé­taillé des ha­bi­tants pour ins­tal­ler le très haut dé­bit. Chaque Li­gé­rien se­ra do­té d’un nom de rue et d’un nu­mé­ro d’ici quatre ans.

«Il suf­fit de prendre la pre­mière à droite et de lon­ger les champs jus­qu’ au si­lo. C’est la deuxième mai­son sur votre gauche pas­sé l’étang ; elle a des vo­lets verts ». Le GPS est lar­gué. Faute d’ in­di­ca­tions pré­cises, ils’ est con ten­té d’échouer à l’en­trée du lieu­dit que se par­tagent trente mai­son­nettes. La­quelle est la bonne ? Im­pos­sible, bien­tôt, de se trom­per.

60 % des Fo­ré­ziens n’ont pas d’adresse nu­mé­ro­tée

Tout ha­bi­tant de la Loire pos­sé­de­ra, d’ici quelques mois, une adresse dé­taillée com­pre­nant un nom de rue et un nu­mé­ro. Une obli­ga­tion re­la­tive au dé­ploie­ment du Très haut dé­bit, l’un des plus vastes et des plus coû­teux chan­tiers du Dé­par­te­ment, as­sis­té du Siel. « Il nous faut d’abord créer un ré­seau de des­serte à Saint­Jean­So­ley­mieux, Panissières et Cha­zelles­sur­Lyon, in­dique le pré­sident du Siel, Ber­nard Four­nier, avant d’ins­tal­ler une prise à ter­mi­nal op­tique à nos 172.000 clients po­ten­tiels (la to­ta­li­té des Li­gé­riens, à l’ex­cep­tion des Sté­pha­nois et des Roan­nais des­ser­vis par Orange, N.D.L.R.) ».

Pro­blème : dif­fi­cile de pla­ni­fier les in­ter­ven­tions et de car­to­gra­phier les rac­cor­de­ments lorsque 60 % des ha­bi­ta­tions ne pos­sèdent pas d’adresse. Les mu­ni­ci­pa­li­tés doivent se mettre au pli.

S’il leur ap­par­tien­dra de choi­sir la dé­no­mi­na­tion des rues (« beau­coup optent pour des thé­ma­tiques comme les es­sences de fleurs ou les per­son­nages cé­lèbres », glisse Phi­lippe Ma­les­son, di­rec­teur ad­joint de la branche ser­vices­cour­rier­co­lis à la Poste), la nu­mé­ro­ta­tion, elle, ne se fe­ra pas au ha­sard. « Le sys­tème est mé­trique, ex­plique Ber­nard Four­nier. Une mai­son qui pos­sède le n°359 est en fait si­tuée à 359 mètres du dé­part de la voie. Il n’est pas rare, par consé­quent, de ren­con­trer dans les pe­tits vil­lages des fermes adres­sées au n°1258 ».

La com­mune de Ri­vas a pris le dos­sier à bras­le­corps voi­ci douze ans et bap­ti­sé ses ruelles de noms d’oi­seaux. Reste au­jourd’hui une ar­tère à trai­ter et des nu­mé­ros à dis­tri­buer. « L’adres­sage n’est pas seule­ment utile d’un point de vue ur­ba­nis­tique, sou­ligne le maire Mi­chel Cham­bon­net. Il y a trois ans, quel­qu’un a fait un AVC (ac­ci­dent vas­cu­laire cé­ré­bral) sur la com­mune à quelques cen­taines de mètres du bourg. Or les GPS des se­cours, en l’ab­sence de nu­mé­ro­ta­tion, donnent au plus près de la mair ie… Ce­la a créé la pa­nique ».

De ma­nière plus pro­saïque, la me­sure de­vrait éga­le­ment fa­ci­li­ter le tra­vail des pos­tiers. « Le tri est mé­ca­ni­sé, sou­ligne Phi­lippe Ma­les­son. Un cour­rier bien adres­sé est di­rec­te­ment af­fec­té à la tour­née, dans l’ordre de dis­tri­bu­tion. C’est un gain de temps pour les fac­teurs et sur­tout leurs rem­pla­çants ».

Une me­sure qui de­vrait fa­ci­li­ter l’in­ter­ven­tion des se­cours

PION­NIÈRE. La com­mune de Ri­vas a dé­bu­té l’adres­sage il y a douze ans. Ne manquent plus que des nu­mé­ros pour dé­par­ta­ger les rues af­fu­blées de noms d’oi­seaux.

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