La trans­mis­sion du sa­voir-faire

L’ou­til en main vou­drait s’im­plan­ter dans le Fo­rez

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

Des re­trai­tés de métiers ma­nuels qui ont soif de trans­mettre leurs connais­sances à la jeune gé­né­ra­tion : le concept est simple et sa­cré­ment ef­fi­cace. Les membres de l’as­so­cia­tion L’ou­til en main cherchent des bé­né­voles au­tour de Mont­bri­son pour créer une struc­ture fo­ré­zienne.

e s t a b l e s d e t ra v a i l sont prises d’as­saut. Un gar­çon de 10 ans dé­coupe un mor­ceau de bois sous le re­gard bien­veillant d’un sep­tua­gé­naire, me­nui­sier re­trai­té. À cô­té, une jeune fille s’es­saye au can­nage d’une pe­tite chaise, conseillée par Hen­ri Mou­lin, char­pen­tier de pro­fes­sion, qui goûte éga­le­ment aux joies de la re­traite. 13 ans. Ils étaient dans mé­tal­liers, mo­saïstes, plâ­triers, cou­tu­rières, peintres ou pâ­tis­siers et tous ont une bonne rai­son de faire par­ta­ger leurs connais­sances aux tra­vailleurs de de­main, qui de l’avis gé­né­ral, « se sentent mieux ici que de­vant une con­sole de jeux » . L’an­cien plom­bier Ber­nard Four­nel voit deux rai­sons de ve­nir chaque m e rc re d i a p r è s ­m idi : « Faire dé­cou­vrir le tra­vail ma­nuel aux jeunes et se re­trou­ver avec tous les an­ciens qu’on a cô­toyés du­rant notre car­rière pro­fess i o n n e l l e. On a m o i n s l’im­pres­sion d’avoir rom­pu avec le mé­tier. » Jacques Her­nan­dez, re­trai­té de la mé­tal­le­rie, se sou­vient que « ce sont les an­ciens qui m’ont ap­pris le mé­tier. La moindre des choses, c’est de don­ner un peu de son temps, à notre tour ».

Du cô­té des en­fants, la mo­ti­va­tion et l’écoute sont bien réelles. Anaë, 8 ans, coud un ta­blier qu’elle ra­mè­ne­ra à sa ma­man, comme toutes les pièces conçues à l’ate­lier. « J’aime beau­coup l’am­biance ici. Et puis, c’est très dif­fé­rent, on ap­prend plein de choses en tou­chant à tout. » Les tra­vailleurs en herbe suivent un cur­sus de deux ans. Toutes les quatre se­maines, ils al­ternent et passent du tra­vail du bois à la sculp­ture, de la créa­tion d’une mo­saïque à la pâ­tis­se­rie, avec cette cu­rio­si­té et cette en­vie d’ap­prendre qui les font pro­gres­ser. Ma­rio Lo­ren­zet, pré­sident fon­da­teur de l’an­tenne sté­pha­noise si­tuée dans les lo­caux du CFA du BTP Loire, es­père pou­voir re­trans­cr ire ce mode de fonc­tion­ne­ment dans une an­tenne mont­bri­son­naise car la dis­tance re­froi­dit cer­tains en­fants pour­tant mo­ti­vés à l’idée de sa­voir se ser vir d’un mar­teau, d’un bur in ou d’une scie.

« Il y a le po­ten­tiel pour qu’une an­tenne fonc­tionne à Mont­bri­son. Il fau­drait pour ce­la que cinq ou six ar­ti­sans soient mo­ti­vés à l’idée de gé­rer leur propre struc­ture, avec le sou­tien de l’as­so­cia­tion, bien sûr. L’ou­til en main est vrai­ment un mo­dèle in­ter­gé­né­ra­tion­nel. Les en­fants viennent chez nous plus fa­ci­le­ment qu’ils vont à l’école. C’est un plai­sir. »

Faire dé­cou­vrir le tra­vail ma­nuel

PÉ­DA­GO­GIE.

Une jeune can­neuse écoute les conseils de l’ex­pert.

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