Cam­brio­lages en baisse mais af­faires de stu­pé­fiants en hausse

Quelque 600 mi­li­taires as­surent la sé­cu­ri­té et l’ordre dans 300 com­munes de la Loire

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice -

Com­man­dant du grou­pe­ment de gen­dar­me­rie de la Loire, le co­lo­nel Jean-Fran­çois Mo­rel a dres­sé le bi­lan chif­fré de la sé­cu­ri­té de l’an­née 2015 en zone ru­rale. Cer­taines don­nées sont en­cou­ra­geantes, d’autres plus in­quié­tantes.

En marge du bi­lan de la sé­cu­ri­té dres­sé par le pré­fet de la Loire, Fabien Su­dry, le 2 fé­vrier der­nier, (lire notre édi­tion de la se­maine der­nière), le co­lo­nel Jean­Fran­çois Mo­rel a été in­vi­té à pré­sen­ter un état des lieux en zone pla­cée sous la com­pé­tence de la gen­dar­me­rie, c’est­à­dire e n d e h o r s d e s d e u x grands pôles ur­bains du dé­par­te­ment que sont les ag­glo­mé­ra­tions sté­pha­noise et roan­naise.

La proxi­mi­té joue un rôle dé­ter­mi­nant

Comme pour l’en­semble du dé­par­te­ment, le com­man­dant du grou­pe­ment dé­par­te­men­tal de gen­dar­me­rie de la Loire a d’abord sou­li­gné une lé­gère hausse du nombre d’at­teintes aux biens (+ 2,2 % pour 5.819 faits consta­tés) et une chute, beau­coup plus sen­sible du nombre de cam­brio­lages (­ 6,1 %), no­tam­ment dans les ré­si­dences prin­ci­pales ( ­ 10 %) et les ré­si­dences se­con­daires (­ 13 %). À ce stade, le co­lo­nel Mo­rel a sou­li­gné la pro­gres­sion du taux d’élu­ci­da­tion pas­sé de 13,7 % en 2014 à 17,7 % en 2015. Certes, 1.284 vols ont en­core été en­re­gis­trés l’an der­nier en zone gen­dar­me­rie mais ce­la re­pré­sente un taux moyen de 3,7 cam­br io­lages pour 1.000 ha­bi­tants dans la Loire quand il est de 4,9 pour 1.000 en France. Ré­sul­tat éga­le­ment en­cou­ra­geant en ce qui concerne les vols de voi­tures, en baisse avec 463 vols ré­per­to­riés en 2015.

Pour le co­lo­nel JeanF­ran­çois Mo­rel, pas de doute, la proxi­mi­té joue plei­ne­ment. Le maillage des bri­gades ter­ri­to­riales, la pré­sence quo­ti­dienne des femmes et des hommes sur le ter­rain, au plus près des po­pu­la­tions et les conven­tions de par­ti­ci­pa­tion ci­toyenne (les dis­po­sit i f s Vo i s i n s v i g i l a n t s ; N. D. L. R.) ré­coltent leurs fruits.

Le pro­fes­sion­nel de la sé­cu­ri­té est plus me­su­ré quand il s’agit de dres­ser le bi­lan de Vi­gi agri, le dis­po­si­tif qui, via un tex­to sur les té­lé­phones por­tables des agri­cul­teurs, alerte ces der­niers pour leur si­gna­ler des actes de dé­lin­quance lo­caux. Et les in­vite à la vi­gi­lance. Jean­Fran­çois Mo­rel parle d’ « ef­fets mi­ti­gés » pour un nombre de faits peu si­gni­fi­ca­tifs, pas­sés de 83 à 100, mais avec un taux de ré­so­lu­tion en hausse (20 % en 2015 contre 12 % en 2014).

Le co­lo­nel est lo­gi­que­ment plus pré­oc­cu­pé par les chiffres des ports d’armes pro­hi­bés, 94 consta­tés l’an pas­sé contre 63 un an plus tôt, et les 189 armes et 9.000 mu­ni­tions sai­sies en zone ru­rale, en 2015. In­quié­tantes éga­le­ment les sta­tis­tiques concer­nant les stu­pé­fiants : 635 faits consta­tés ( un chiffre en hausse de plus de 31 %) dont 14 tra­fics dé­man­te­lés.

« Ce­la re­pré­sente quelque 60 ki­los de ha­schich, 405 pieds de ré­sine de can­na­bis dé­cou­verts en 2015 contre 64 en 2014 et plus d’un ki­lo d’hé­roïne sai­sie », sou­ligne un mi­li­taire qui s’in­quiète que les hommes et les femmes qu’il di­rige soient de plus ré­gu­liè­re­ment sol­li­ci­tés pour des opé­ra­tions moins dé­ci­sives dans la lutte contre la dé­lin­quance mais consom­ma­trices de per­son­nels. Exemple avec les trans­fè­re­ments, no­tam­ment de dé­te­nus convo­qués par un juge d’ins­truc­tion ou de­vant com­pa­raître à une au­dience. « Nous en avons as­su­ré 620 en 2015 qui mo­bi­lisent à chaque fois trois per­sonnes pen­dant qua­si­ment une de­mi­jour­née », note le co­lo­nel Mo­rel.

Quant aux re­cherches de per­sonnes dis­pa­rues, il y en a eu 576 en 2015 en zone gen­dar­me­rie dont 560 fugues d’ado­les­cents ou de per­sonnes âgées ayant quit­té l’hô­pi­tal ou une mai­son de re­traite. « Et ça, c’est à chaque fois plu­sieurs per­sonnes mo­bi­li­sées car nous ne pre­nons au­cune alerte à la lé­gère », in­siste Jean­Fran­çois Mo­rel.

Les dis­pa­ri­tions mo­bi­lisent trop de mi­li­taires

PHO­TO : RA­PHAËLLE GOIGOT

SÉ­CU­RI­TÉ. La vi­gi­lance de cha­cun et la proxi­mi­té des forces de l’ordre ont per­mis de faire bais­ser le nombre de cam­brio­lages en 2015 dans le Fo­rez.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.