Clap de fin pour la fro­ma­ge­rie Chap­pon

La fa­mille Chap­pon laisse les rennes de sa bou­tique à Marc In­grao après 60 ans d’exis­tence

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Monts Du Lyonnais - Sa­rah Dou­vi­zy sa­rah.dou­vi­zy@cen­tre­france.com

Les Chap­pon, à la tête de la fro­ma­ge­rie fa­mi­liale de­puis ses dé­buts, rac­crochent leur ta­blier après 60 ans d’ac­ti­vi­té. Une belle his­toire qui se ter­mine.

Après soixante ans de bons et loyaux ser­vices, la fa­mille Chap­pon tourne la page de son cha­pitre fro­ma­ge­rie. Mais que les ha­bi­tués du pe­tit com­merce am­bu­lant se ras­surent, Marc In­grao compte bien écr ire un nou­veau cha­pitre au moins aus­si long que ce­lui de ses pré­dé­ces­seurs (lire ci­des­sous).

La belle his­toire dé­bute en 1955. Cé­line, alors pas en­core une Chap­pon, ouvre son ma­ga­sin à Cha­zelles­sur­Lyon. Six ans plus tard, après avoir épou­sé Ro­ger Chap­pon, le couple se lance sur les mar­chés et les routes des Monts du Lyon­nais. La ma­gie opère, les Chap­pon vont de vil­lage en vil­lage avec leur ca­mion­fro­ma­ge­rie. En 1976, Ma­rie­Noëlle, l’aî­née de la fa­mille, re­joint l’aven­ture. Sui­vie, en 1982, de Mi­chèle, deuxième et der­nière fille.

Des ta­rifs in­té­res­sants et de la bonne hu­meur

Les an­nées passent et la fro­ma­ge­rie Chap­pon de­vient une ins­ti­tu­tion. La clef du suc­cès ? « Les ta­rifs que nous pra­ti­quons et la re­la­tion que nous en­tre­te­nons avec nos clients », souffle Mi­chèle, entre deux clients, sur la place du vil­lage de Haute­Ri­voire. À l’an­nonce du dé­part des Chap­pon, cer­tains clients n’en re­ve­naient pas. Ce jour­là de­vant le pe­tit ca­mion, on ne ta­rit pas d’éloges au su­jet de la fro­ma­ge­rie am­bu­lante. « Vous al­lez beau­coup nous man­quer, c’est cer­tain », lance une ha­bi­tuée.

Si les Chap­pon ont pris la dé­ci­sion de mettre fin à soixante ans de tra­di­tion, c’est plus pour des rai­sons per­son­nelles que pro­fes­sion­nelles. Cé­line Chap­pon, la ma­man, 82 ans, se dit fa­ti­guée de toutes ces an­nées de dur la­beur, même si elle est com­blée par son par­cours. « Si je de­vais re­com­men­cer, j’y re­tour­ne­rais sans hé­si­ter. J’étais vrai­ment faite pour le com­merce, c’est tout ce qui im­por­tait pour moi. Mais au­jourd’hui, il est temps que je prenne ma re­traite. »

Pour les filles Chap­pon, même constat, si elles sont tout aus­si ra­vies de l’his­toire fa­mi­liale, il est temps, pour l’une de prendre sa re­traite et pour l’autre, de se di­ri­ger vers une autre voie.

Une chose est sûre, la fro­ma­ge­rie conti­nue­ra d’exis­ter ; un grand sou­la­ge­ment pour la fa­mille, pour les clients et pour les com­munes qui ont le plai­sir de voir ar­ri­ver le ca­mion chaque se­maine.

SOU­RIRE. La bonne hu­meur des filles Chap­pon va man­quer à beau­coup de clients ha­bi­tués du mar­ché de Haute-Ri­voire.

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