Mé­chante dés­illu­sion des élus so­cia­listes

La mi­no­ri­té li­gé­rienne donne de la voix, au len­de­main de la pre­mière com­mis­sion per­ma­nente

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

La po­li­tique conduite par Laurent Wau­quier à la Ré­gion n’est pas du goût des élus so­cia­listes li­gé­riens.

Du­bi­ta­tifs, ré­ser vés, voire fran­che­ment hos­tiles. Laurent Wau­quiez hé­risse le poil des élus so­cia­listes à la Ré­gion Rhône­Alpes Au­vergne. Sur la forme, d’abord. « Le pré­sident cultive un cô­té bad boy en to­tal désac­cord avec l’image de l’ins­ti­tu­tion qui doit être res­pec­tueuse des ci­toyens », plaident les conseillers Ma­rie­Hé­lène Ria­mon, Jo­hann Cesa et Lau­rence Ju­ban.

Le souf­flé est re­tom­bé

« On sent bien que son des­tin est ailleurs. Il a ten­té d’in­car­ner un nou­veau souffle que son exé­cu­tif ne re­flète au­cu­ne­ment. Qui sont les vice­pré­si­dents et conseillers ? Étienne Blanc, Br ice Hor­te­feux, Di­no Ci­nie­ri ! »

Plus grave, l’ins­ti­tu­tion se­rait en proie à la dé­rive. Le nou­vel exé­cu­tif, à sa dé­charge, n’a eu que deux mois pour se plon­ger dans d’épais et com­plexes dos­siers mais l’ex­cuse ne vaut rien aux yeux des trois Li­gér iens qui dé­noncent une rup­ture de la conti­nui­té ré­pu­bli­caine.

Tra­vaux en stand-by dans neuf ly­cées

« Les ly­cées fi­gurent par­mi les com­pé­tences oblig a t o i re s d e la Ré­gion, com­mente Ma­rie­Hé­lène Ria­mon. Neuf éta­blis­se­ments sont en cours de re­struc­tu­ra­tion dans la Loire. M. Wau­quiez a sus­pen­du tous les tra­vaux alors que les dé­ci­sions étaient prises et les cré­dits vo­tés ». Consé­quence : des chan­tiers en stand­by à Jean­Mon­net, Étienne­Mi­mard ( Saint­Étienne) et Pierre­Des­granges (An­dré­zieux­Bou­théon).

« L’ac­com­pa­gne­ment des de­man­deurs d’em­plois vers une for­ma­tion qua­li­fiante, trai­té d’as­sis­ta­nat, est éga­le­ment dans le flou. On parle tout de même de 50.000 per­sonnes sui­vies à l’an­née et de 100 for­ma­teurs, sur la sellette ».

Le pré­sident, en re­vanche, n’est pas avare de “ca­deaux” consen­tis aux fleu­rons in­dus­triels du terr itoire : l’en­tre­pr ise au­ver­gnate Au­bert et Du­val, co­tée en bourse, re­ce­vra 1,2 mil­lion d’eu­ros pour fa­ci­li­ter son dé­ve­lop­pe­ment. « In­croyable, s’in­surge l’op­po­si­tion. Alors que la di­rec­tion n’avait rien de­man­dé ! La somme se­ra dé­cais­sée sans condi­tion d’em­plois ou d’ef­fet levier. L’avance rem­bour­sable, comme nous la pra­ti­quions jus­qu’ici, au­rait été de bien meilleur ef­fet. Dix sor­ties du genre de M. Wau­quiez sur le ter­rain et il n’y au­ra plus d’ar­gent dans les caisses ».

Mais plus que les choix as­su­més du n°2 des Ré­pu­bli­cains, ce sont sur­tout ses mé­thodes qui agacent. « L’exé­cu­tif est com­po­sé de 22 membres, re­marquent Lau­rence Ju­ban et Jo­hann Cesa. Soit à peu près la même chose qu’au­pa­ra­vant. No­tez, au pas­sage, que les grandes an­nonces du pré­sident sur la ré­duc­tion des in­dem­ni­tés ont été ren­dues obli­ga­toires par la loi NOTRe qu’il n’a pas vo­tée. Mais il y a une cen­tra­li­sa­tion du pou­voir qui nous rap­pelle quel­qu’un de bien connu… C’est pré­ju­di­ciable pour une col­lec­ti­vi­té lo­cale qui doit s’ap­puyer sur des élus de ter­ri­toire ».

Les dé­ci­sions semblent toutes sus­pen­dues aux lèvres de Laurent Wau­quiez. « Im­pos­sible d’ob­te­nir des ga­ran­ties sur les aides pro­mises à la mai­son de san­té de Panissières, se dé­sole Jo­hann Cesa. Pas plus que sur les di­mi­nu­tions de sub­ven­tions an­non­cées aux centres so­ciaux. Il n’y a au­cune ligne di­rec­trice ».

1,2 mil­lion d’eu­ros sans contre­par­tie pour Au­bert et Du­val

OP­PO­SI­TION. Les conseillers ré­gio­naux Jo­hann Cesa, Ma­rie-Hé­lène Ria­mon et Lau­rence Ju­ban.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.