Fa­mille Cha­zal, de l’art et du co­chon

■ La fa­mille Cha­zal se­ra pré­sente au sa­lon de l’agriculture de Pa­ris, à par­tir du 27 fé­vrier

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

SAINT-BON­NET-LE-COURREAU.

De l’ins­tal­la­tion d’An­dré Cha­zal en 1968 à la créa­tion d’un la­bo­ra­toire en 2011, la ferme Cha­zal a su faire évo­luer l’ex­ploi­ta­tion fa­mi­liale.

SA­LON DE L’AGRICULTURE.

Sté­phane Cha­zal, de la sa­lai­son du Fo­rez et ses frère et soeur, Franck et Mu­riel, ont rem­por­té sept mé­dailles lors des trois der­nières édi­tions.

De­puis l’ins­tal­la­tion d’An­dré en 1968, la fa­mille Cha­zal a su évo­luer avec son temps tout en gar­dant le sa­voir­faire tra­di­tion­nel. De la pe­tite ferme de mon­tagne fa­mi­liale, au lieu-dit Le Sapt, au la­bo­ra­toire de fa­bri­ca­tion de 800 m2, l’ex­ploi­ta­tion a bien gran­di. La fa­mille aus­si…

Les ha­bi­tués des mar­chés du terr itoire ont for­cé­ment croi­sé l’un des membres de la fa­mille. Chaque se­maine, Franck et Mu­riel, les en­fants d’An­dré, dit « Dé­dé », le pa­triarche, et Li­lian et Yoann Cha­zal, leurs en­fants res­pec­tifs, garent leur ca­mion­nette rouge et blanche sur les places de Mont­bri­son, Veauche, Boën­sur­Lignon ou en­core Saint­Étienne.

Ins­tal­lés en Gaec à Saint­Bon­net­le­Courreau, ils vendent les sau­cis­sons secs, jam­bons, sacs bar­dins et autres viandes de boeuf qu’ils pro­duisent dans leur la­bo­ra­toire de 800 m2 construit en 2011, route de la Pel­le­tière. Une por­che­rie naisse ure st même sor­tie de terre en 2014. «On vou­lait faire naître nos pe­tits co­chons. L’ an pas­sé, 2.000 ont vu le jour chez nous. On va mon­ter à 2.500 quand on tour­ne­ra à plein ré­gime », dé­ve­loppe Franck Cha­zal, l’aî­né des trois en­fants de « Dé­dé » et Fran­çoise.

Une ex­ploi­ta­tion à des an­nées lu­mières de la pe­tite ferme et ses 32 hec­tares, re­prise par An­dré, en 1968. Le père de Franck, 49 ans, Mu­riel, 45 ans et Sté­phane, af­fec­tueu­se­ment sur­nom­mé « Fa­nou », 42 ans, ne cache pas sa fier­té lors­qu’il parle de l’évo­lu­tion de l’ac­ti­vi­té fa­mi­liale. « Qu’est­ce que t’en penses ? T’as dé­jà vu un ou­til pa­reil ? » , lance­t­il, cer­tain de la ré­ponse, dans un tu­toie­ment franc et sin­cère ac­com­pa­gné de ce sou­rire qui semble ne ja­mais s’ef­fa­cer de son vi­sage ­ ca­rac­té­ris­tique phy­sique qu’il a trans­mise à ses en­fants. Lui avait lan­cé son ex­ploi­ta­tion avec une quin­zaine de vaches. Le co­chon n’avait pas en­core mon­tré son groin dans l’ex­ploi­ta­tion. « J’ai fait du lait et des veaux jus­qu’en 1975. Cette an­née­là, j’ai ar­rê­té de pro­duire du lait pour me consa­crer aux vaches al­lai­tantes et à viande. Et puis j’avais quelques co­chons, pour faire le sau­cis­son… », se re­mé­more « Dé­dé ».

C’est en 1980 que le couple Cha­zal s’est sé­rieu­se­ment in­té­res­sé à la trans­for­ma­tion et la com­mer­cia­li­sa­tion du porc. « On a com­men­cé par quatre co­chons et on a dou­blé toutes les an­nées. On s’est mis à faire les mar­chés, et c’est par­ti comme ça », ex­plique­t­il tout na­tu­rel­le­ment. Son sens du com­merce et sa bon­ho­mie ont fait le reste.

De quatre à deux mille co­chons par an

À 9 ans à peine, Mu­riel don­nait dé­jà des coups de main à son père. « Elle te­nait le ma­ga­sin. Les gens ai­maient la voir », ri­gole An­dré. Et Mu­riel d’ajou­ter : « Au­jourd’hui, c’est ma fille Fan­ny qui nous aide » . Une af­faire de fa­mille, vous dit­on. En 1989, Franck re­joint son père dans l’ ex­ploi­ta­tion .« On était à 400 co­chons à l’an­née », an­nonce l’aî­né.

En 1996, avec l’épi­sode de la vache folle, dé­ci­sion est prise d’ar­rê­ter la vache al­lai­tante, au pro­fit de la viande de boeuf. L’heure de la re­traite sonne le 31 dé­cembre 2003 pour An­dré, alors âgé de 61 ans. Le lende­ main, Mu­riel re­joint of­fi­ciel­le­ment le Gaec pour faire les mar­chés et gé­rer la comp­ta­bi­li­té. La ferme pro­duit alors 700 porcs par an. Dans les an­nées 2010, elle dé­passe la barre des 1.000. Une quan­ti­té im­pres­sion­nante qui in­flue sur la dé­ci­sion de quit­ter la ferme fa­mi­liale du Sapt pour construire le la­bo­ra­toire, bien plus mo­derne et opé­ra­tion­nel.

Après un pas­sage par le ly­cée agri­cole, Li­lian, le fils de Franck, re­joint le Gaec en 2012. La por­che­rie nais­seur voit le jour à son ini­tia­tive. Chaque bête est en­grais­sée à la ferme, sur paille. « L’ali­men­ta­tion est saine : cé­réales, sans OGM, sans an­ti­bio­tiques, pré­cise Franck. On dit tou­jours que nos pre­miers clients, ce sont nos en­fants. Et on ne veut pas les em­poi­son­ner », clame l’aî­né de la fra­trie. Spé­cia­li­sé dans la mé­ca­nique agr icole, Yoann, le fils de Mu­riel, a in­té­gré le Gaec en 2014. Et « Fa­nou » , dans tout ça ?

Pré­sents au concours du sa­lon de l’agriculture

« Nos pre­miers clients, ce sont nos en­fants. Et on ne veut pas les em­poi­son­ner »

« Il a com­men­cé avec nous avant d’ou­vrir une bou­che­rie à Mont­bri­son. Il est par­ti avec les re­cettes et c’est lui qui gagne les concours », glisse le père, hi­lare. « Je pré­fère la dé­coupe et suis meilleur en bou­che­rie. Et puis j’ai un sale ca­rac­tère et j’au­rais fait un mau­vais pay­san », cor­rige Sté­phane. Après avoir ven­du sa bou­che­rie, rue Tu­pi­ne­rie, le ben­ja­min de la fra­trie s’est ins­tal­lé à Tre­lins, où il a créé son propre la­bo­ra­toire, puis une sa­lai­son aux normes CEE qui lui per­met de vendre aus­si bien aux par­ti­cu­liers qu’aux col­lec­ti­vi­tés.

De­puis quelques an­nées, les Cha­zal montent en­semble à Pa­ris pour pré­sen­ter leurs pro­duits. Et il est très rare que la ferme et le bou­cher­char­cu­tier re­partent bre­douilles de ces concours d’en­ver­gure na­tio­nale. « C’est un gage de qua­li­té. Et en gé­né­ral, les clients sont contents pour nous quand on re­vient avec une mé­daille », té­moigne An­dré Cha­zal. Autre gage de qua­li­té, ce sa­voir­faire trans­mis de gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion, qui ne semble pas prêt de s’es­souf­fler. « Le pe­tit der­nier de Franck, Hu­go, nous re­join­dra cer­tai­ne­ment. Mais il n’a que 10 ans pour l’ins­tant. D’autres ar­ri­ve­ront, mais on se­ra à la re­traite, an­ti­cipe Mu­riel. On ver­ra bien… » ■

SA­GA FA­MI­LIALE. An­dré Cha­zal a don­né le goût du mé­tier à ses en­fants Mu­riel, Sté­phane et Franck ain­si qu’à ses pe­tits-fils Li­lian (2e en par­tant de la droite) et Yoann... En at­ten­dant que la nou­velle gé­né­ra­tion gran­disse.

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