Une 132e édi­tion à suivre à la trace

Le Co­mice agri­cole de Feurs ouvre ses portes ce ven­dre­di. Près de 50.000 vi­si­teurs sont at­ten­dus

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Les or­ga­ni­sa­teurs du ren­dez-vous agri­cole fo­ré­zien ont pla­cé l’édi­tion 2016 sous le signe de la tra­ça­bi­li­té. Les quelques 300 bêtes qui vont être pré­sen­tées ont été sui­vies avant leur pré­sen­ta­tion et elles le se­ront en­core après leur éven­tuel cou­ron­ne­ment.

Pa­ris a son sa­lon de l’agriculture, Feurs son co­mice agri­cole… Ce ven­dre­di s’ouvre la 132e édi­tion de cette ma­ni­fes­ta­tion qui a vu le jour en 1884, « ren­dez­vous de ré­pu­ta­tion na­tio­nale, as­sure Pierre Dos­son, pré­sident de l’as­so­cia­tion co­or­ga­ni­sa­trice avec les Amis de la basse­cour et la Ville de Feurs (lire son por­trait p. 44). Le poids des an­nées ne nous ar­rête pas » , pour­suit un homme élu en 1999 qui s’en­or­gueillit du re­nou­veau et du suc­cès gran­dis­sant du co­mice fo­ré­zien.

« Des fal­si­fi­ca­tions de do­cu­ments avé­rées »

Pierre Dos­son as­sure que cette an­née, il y a eu « 20 % d’ins­crits en trop par rap­port aux places dont nous dis­po­sons. C’était 5 à 10 % avant. » Idem pour les ani­maux : 70 de trop (50 Cha­ro­laises et 20 Li­mou­sines) » pour les trois concours de bou­che­rie qui de­meurent la vi­trine d’un co­mice qui abrite « cinq com­pé­ti­tions en si­mul­ta­né. Il a fal­lu faire des choix, cor­né­liens par­fois, mais nous avons fait 2.000 km et tous les ani­maux ont été vus. » Si Pierre Dos­son in­siste sur cet as­pect, c’est que cette an­née, l’ac­cent va être mis sur la tra­ça­bi­li­té. Pierre Dos­son en per­sonne s’est aper­çu que cer­tains in­ter­mé­diaires pro­fi­taient de la re­nom­mée du co­mice fo­ré­zien et de quelques failles dans l’or­ga­ni­sa­tion pour ap­pli­quer de très confor­tables marges à des bêtes qui se re­trou­vaient sur les étals à des prix trop, beau­coup trop éle­vés. Et in­jus­ti­fiés.

« Les éle­veurs viennent à Feurs car ils savent que c’est là que les ani­maux se vendent le plus cher, ex­plique le pré­sident de l’as­so­cia­tion du co­mice. Leur but et le nôtre, c’est qu’ils vendent bien et qu’ils dé­crochent des plaques. Mais, jus­qu’à pré­sent, nous n’ap­po­sions pas le nu­mé­ro d’iden­ti­fi­ca­tion of­fi­ciel sur ces plaques, re­mises à l’éle­veur et à l’ache­teur, cor­res­pon­dant au pr ix ob­te­nu. » Rien n’em­pê­chait alors un chevillard (gros­sistes en viande, abat­teurs) peu scru­pu­leux d’as­su­rer que telle ou telle bête cor­res­pon­dait à tel ou tel prix. Quand vous sa­vez qu’une simple plaque peut faire dou­bler un prix…

Pour en fi­nir avec ces « fal­si­fi­ca­tions de do­cu­ments avé­rées », nu­mé­ros et do­cu­ments d’iden­ti­fi­ca­tion sui­vront dé­sor­mais tous les ani­maux dis­tin­gués au cours de ce co­mice 2016. De quoi ras­su­rer les 115 éle­veurs ins­crits ( ve­nus de toute la Loire mais éga­le­ment d’au­de­là de la ré­gion Rhône­Alpes­Au­vergne), sou­hai­tant faire cou­rir plus de 300 bêtes, les 4.350 per­sonnes qui ont dé­jà ache­té leur billet d’en­trée (4 €, prix in­chan­gé) aux écu­ries et les ache­teurs.

Un mil­lier d’en­fants at­ten­dus à la mi­ni-ferme

Aux tra­di­tion­nels concours de bou­che­rie qui met­tra en concur­rence des ani­maux haut de gamme, pré­pa­rés et chou­chou­tés pen­dant des mois, viennent s’ajou­ter des ren­dez­vous com­plé­men­taires qui étoffent le co­mice fo­ré­zien. À com­men­cer par la ferme aux en­fants qui a été agran­die et aé­rée. Des la­pins, des chèvres, des mou­tons, une truite et ses por­ce­lets, un âne… se­ront ins­tal­lés dans deux pe­tites écu­ries qui abri­te­ront éga­le­ment une bu­vette dé­diée aux plus pe­tits. Trois écoles de Feurs ont pré­vu de ve­nir vi­si­ter cette ferme. Un jeu est or­ga­ni­sé en col­la­bo­ra­tion avec la com­mu­nau­té de com­munes de Feurs­en­Fo­rez.

Avec la foire­ex­po­si­tion gé­rée par la Ville de Feurs (lire ci­des­sous), ce 132e co­mice agri­cole, idéa­le­ment si­tué au coeur du dé­par­te­ment, de­vrait at­ti­rer près de 50.000 vi­si­teurs dans une com­mune qui n’a qu’à se ré­jouir de la po­pu­la­ri­té per­sis­tante de cette ma­ni­fes­ta­tion.

PHO­TO D’AR­CHIVES : LÆ­TI­TIA CO­HEN­DET

BONNE CHAIRE. Les consom­ma­teurs re­trou­ve­ront la viande des ani­maux pri­més dans trois se­maines, sur les étals.

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