« Or­chis boucs », les mys­tères de la na­ture

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Pays D'astrée -

De­puis quelques jours, sur les hau­teurs de SaintLaurent, on ob­serve une pro­li­fé­ra­tion de jeunes pousses d’or­chi­dées du genre Hi­man­to­glos­sum hir­ci­num : des « or­chis boucs ».

Cette or­chi­dée par­ti­cu­liè­re­ment ro­buste est une plante vi­vace, ce qui ex­plique pour­quoi on la re­trouve au même en­droit chaque an­née. On l’ap­pelle aus­si Lo­ro­glosse à odeur de bouc : elle doit son nom com­mun à une odeur d’ani­mal qui se­rait plus forte en fin de jour­née.

Hi­ver doux ? Fortes cha­leurs ?

Est­ce à cause de l’hi­ver par­ti­cu­liè­re­ment doux qu’au­tant de jeunes pousses se sont dé­ve­lop­pées ? Pro­ba­ble­ment non. Comme toutes les or­chi­dées, l’or­chis bouc a un mode de re­pro­duc­tion comple­ xe. Les graines, pour ger­mer, ont be­soin de trou­ver dans la terre un cham­pi­gnon. La fé­con­da­tion est as­su­rée par des in­sectes et le vent. Or la pol­li­ni­sa­tion des fleurs qui donne les graines a lieu en été. D’où une pre­mière hy­po­thèse : ce se­raient plu­tôt les fortes cha­leurs de l’été qui au­raient en­traî­né une for­ te pro­duc­tion de graines.

Une se­conde hy­po­thèse peut être for­mu­lée, en lien avec le cham­pi­gnon. Un spé­cia­liste s’en ex­plique : « Ce cham­pi­gnon est à 95 % sous la forme d’un fi­la­ment sou­ter­rain (my­ce­lium), le cha­peau étant la par­tie re­pro­duc­trice. Il est fort pro­bable que la sta­tion d’or­chi­dées bouc est pré­sente au ni­veau d’une zone oc­cu­pée par le my­cé­lium, dont la sur­face peut être très éten­due ».

Un autre bio­lo­giste a ob­ser­vé le même phé­no­mène d’ex­pan­sion en Hau­teLoire, sur un ter­rain en friche. La na­ture du sol, gra­ni­tique, est proche de cell e d e S a i n t ­L aurent : l’or­chi­dée se­rait donc plus to­lé­rante aux sols acides. Quant à l’hu­mi­di­té, on voit les or­chi­dées se dé­pla­cer aus­si bien dans des zones sèches que des zones hu­mides, ce qui laisse pen­ser que les condi­tions cli­ma­tiques ac­tuelles (an­nées plus sèches et plus chaudes) sont pro­pices à leur ex­pan­sion.

Les bo­ta­nistes en herbe de Saint­Laurent at­tendent avec im­pa­tience le prin­temps pour suivre ces plantes. Vont­elles pour­suivre leur crois­sance jus­qu’à flo­rai­son, en mai ou juin ? Quelle se­ra leur odeur ? Af­faire à suivre...

ES­PÈCE. On ob­serve une ex­pan­sion ré­cente de jeunes pousses d’or­chis boucs aux larges feuilles vert gri­sâtre. Leur pré­sence n’est pas rare dans la Loire et les dé­par­te­ments li­mi­trophes.

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