Béa­trice Ber­thoux, les an­nées ly­cées

L’élue ca­la­doise s’est vu confier l’une des prio­ri­tés du man­dat de Laurent Wau­quiez

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Le Portrait - Lu­do­vic Daim

La sé­cu­ri­sa­tion des éta­blis­se­ments, la pré­fé­rence lo­cale dans les can­tines, le nu­mé­rique et la mé­ri­to­cra­tie sont au pro­gramme de la 3e vi­ce­pré­si­dente de la Ré­gion.

On pour­rait se dire qu’en ces temps de pa­ri­té obli­gée pour faire en­tendre rai­son à une mas­cu­li­ni­té for­ce­née, elle est ar­ri­vée là parce qu’elle est une femme. Ce se­rait ou­blier que der­rière le sou­rire qu’elle n’a jam a i s à f o rc e r, l e s f a u x a i r s d’Anouk Ai­mée, Béa­trice Ber­thoux est une mi­li­tante, une en­ga­gée, qui a conquis ses sièges au mé­rite. Ses en­fants éle­vés ou presque ­ l’aî­née, 21 ans, est en qua­trième an­née de mé­de­cine, le ca­det, 19 ans, en deuxième an­née à l’Ins­ti­tut na­tio­nal des sciences ap­pli­quées ( In­sa) à Lyon et le ben­ja­min, 16 ans, est ly­céen à Notre­Dame­de­Mon­gré à Ville­franche ­, elle au­rait pu res­ter la femme de chi­rur­gien dé­vo­lue à la dé­fense du pa­tri­moine et des pay­sages beau­jo­lais qu’elle était il n’y a en­core pas si long­temps.

« M’en­ga­ger dé­sor­mais pour les autres »

« J’ai ado­ré éle­ver mes en­fants. Quand ils étaient pe­tits, j’étais beau­coup à l’écoute. Beau­coup de liens ont été construits avec eux. Ils sont bien dans leurs bas­kets, équi­li­brés, sym­pas. Ils vont bien. Je peux donc dé­sor­mais m’en­ga­ger pour les autres, sans les mettre en dan­ger, sans culpa­bi­li­ser. » L’en­vie de la chose pu­blique, Béa­trice Ber­thoux l’a tou­jours eu au fond d’elle. Son Bac A1 Sciences hu­maines dé­cro­ché au ly­cée Saint­Louis à Saint­Étienne, elle fe­ra Sciences Po’ Lyon, sec­tion Po­li­tique et Ad­mi­nis­tra­tion puis un DEA de Droit eu­ro­péen à Lyon III. « Je ne pen­sais pas que je fe­rais de la po­li­tique, j’étais plu­tôt mue par la cu­rio­si­té de com­prendre le monde qui m’en­tou­rait », di­telle au­jourd’hui. La po­li­tique, elle y vien­dra par l’as­so­cia­tif et la vo­lon­té de dé­fendre la Ca­lade où elle s’est éta­blie en 2000 avec son ma­ri re­joi­gnant la Po­ly­cli­nique d’Ar­nas, de l’ap­pé­tit des pro­mo­teurs im­mo­bi­liers re­pous­sés de l’ag­glo­mé­ra­tion lyon­naise par le nou­veau Plan lo­cal d’ur­ba­nisme. « Je suis bien sûr pour le dé­ve­lop­pe­ment mais à condi­tion qu’il s’in­tègre au pay­sage » , ex­plique l’an­cienne pré­si­dente de l’As­so­cia­tion pa­tri­moine et pay­sages de Li­mas qui se ren­dra bien vite compte que pour être en­ten­due mieux va­lait être élue. Elle prend ain­si sa carte à l’UMP en 2006 dans la pers­pec­tive de la pré­si­den­tielle de l’an­née sui­vante. « Pour que la droite gagne d’abord, pour Sar­ko­zy en­suite, parce que j’étais mo­ti­vée par ce can­di­dat. » En 2008, elle est élue au con­seil mu­ni­ci­pal de Ville­franche­sur­Saône. Si elle n’est pas dans la ma­jor ité de Ber­nard Per­rut (UMP) pour avoir fi­gu­ré sur la liste du dis­si­dent Pas­cal Ron­zière, elle a les cou­dées re­la­ti­ve­ment franches au sein de la com­mis­sion ur­ba­nisme. Élue dé­lé­guée de la 9e cir­cons­crip­tion du Rhône au sein de l’UMP, elle ap­prend à me­ner cam­pagne et à ne plus les perdre. Ber­nard Per­rut est ré­élu dé­pu­té en juin 2012. Mme Ber­thoux se­ra cette fois sur sa liste vic­to­rieuse aux mu­ni­ci­pales de 2014. Elle hé­ri­te­ra ain­si de la Culture à la mai­rie et à l’Ag­glo. « La culture, c’est ce qui construit la ville, le lien social » , lance­t­elle. En mars 2015, elle se­ra élue au Con­seil dé­par­te­men­tal du Rhône en fai­sant équipe avec le Ra­di­cal Tho­mas Ra­vier, où elle de­vien­dra vice­pré­si­dente en charge de la Fa­mille, de l’En­fance, du Pa­tri­moine et tou­jours de la Culture. Laurent Wau­quiez ne tar­de­ra pas à lui de­man­der de conduire sa liste pour les Ré­gio­nales dans le Rhône, dé­par­te­ment hau­te­ment stra­té­gique pour le N° 2 des Ré­pu­bli­cains dans ses espoirs de conquête qui ne se­ront pas dé­çus. Avec 44 % et huit élus, Béa­trice Ber­thoux ga­gne­ra la confiance du dé­pu­té­maire du Puy­en­Ve­lay ( Haute­Loire) qui en fe­ra sa 3e vice­pré­si­dente, ce qui l’amè­ne­ra dans les pro­chains jours à aban­don­ner son man­dat dé­par­te­men­tal.

L’aban­don du man­dat dé­par­te­men­tal

« Je ne connais­sais pas spé­cia­le­ment Laurent Wau­quiez avant la cam­pagne. C’est quel­qu’un d’hu­main, avec beau­coup d’em­pa­thie, des convic­tions, une énorme ca­pa­ci­té de tra­vail. Rhône­Alpes Au­vergne n’est pas un marche­pied pour lui. C’est un ter­ri­toire qui a du sens. Le rap­pro­che­ment entre les deux ré­gions est un vrai chan­tier » , ex­plique Mme Ber­thoux. Tout comme les ly­cées (314.263 élèves, 578 éta­blis­se­ments, 7.180 agents, 664,8 M€ de bud­get), l’une des prio­ri­tés du man­dat Wau­quiez, qui lui ont été confiés. Avec la pré­fé­rence ré­gio­nale dans les can­tines, l’ac­com­pa­gne­ment des usages nu­mé­riques et la main­te­nance du parc in­for­ma­tique, « le ré­ta­blis­se­ment de la mé­ri­to­cra­tie » ain­si que la très sen­sible sé­cu­ri­sa­tion des ac­cès aux lo­caux ( lire en­ca­dré) comme de­voirs à rendre pour 2021.

PHO­TO LU­DO­VIC DAIM

MI­LI­TANTE.

Is­sue du mi­lieu as­so­cia­tif, Béa­trice Ber­thoux a au dé­part vou­lu être élue pour être mieux en­ten­due.

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