Comme un fu­meur pri­vé de ci­ga­rette

Lu­cien Moul­lier a cé­dé le fau­teuil de maire en 2014 et tente de re­trou­ver un équi­libre

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Dif­fi­cile de tour­ner la page après trente an­nées de man­dat. Lu­cien Moul­lier, élu dans l’op­po­si­tion à Boën, s’est in­ves­ti dans l’ur­ba­nisme.

ucien Moul­lier tue le temps. Élu maire de Boën à cinq re­prises, l’an­cien pro­fes­seur d’an­glais, 72 ans, doit gé­rer le manque. Son man­dat d’op­po­sant ne peut à lui seul com­bler trente an­nées pas­sées sous les dra­peaux de la Ré­pu­blique. Plus que la dé­faite, en 2014, le sep­tua­gé­naire a dû di­gé­rer l’après. « Ça a été dur, confie­t­il. J’étais comme un fu­meur pres­sé d’ar­rê­ter la ci­ga­rette. Je suis pas­sé d’une sur­ac­ti­vi­té, cinq soirs sur sept en réunion, des journées de tra­vail de quinze heures, à une sous­ac­ti­vi­té » . Une dé­pen­dance soi­gnée à coups de… nou­velles res­pon­sa­bi­li­tés.

L’élu, de­puis deux ans, oc­cupe la pré­si­dence du Scot Loire Centre (Sché­ma de co­hé­rence ter­ri­to­riale). « Ce n’est pas une fonc­tion à prendre lors­qu’on a des am­bi­tions po­li­tiques, ana­lyse­t­il. On se fait plus d’ini­mi­tiés que d’ami­tiés à dé­fendre la di­mi­nu­tion de la consom­ma­tion fon­cière. » In­ima­gi­nable sous son “em­pire”. tu­rel ti­mide et ré­ser vé, très peu à l’aise en pu­blic. Je me sou­viens avoir ré­pé­té tous mes pre­miers dis­cours ». Les man­dats, par la suite, ne cessent de s’en­chaî­ner ( seule la dé­pu­ta­tion lui échappe à trois re­prises).

Maire, mais aus­si conseiller gé­né­ral et ré­gio­nal, pré­sident de la com­mu­nau­té de com­munes dont il jette les bases en dé­cembre 95 aux cô­tés de Pierre Dur­ris, maire de Tre­lins, L u c i e n Mo u l l i e r n’ e n ou­blie pas les cou­loirs du ly­cée. « J’ai conti­nué à mi­temps, s o u l i g n e ­t ­i l. D’abord parce que j’ado­rais mon mé­tier et le con­tact avec les élèves, en­suite parce que je ne vou­lais pas dé­pendre d’un man­dat et donc d’un CDD. Ma vie, c’est sûr, a été très ac­tive. »

Aux dé­pens, faut­il le pré­ci­ser, de son confort pri­vé. « Nous avions une toute pe­tite fa­mille. Un fils unique, un seul frère. Je ne les ai pas né­gli­gés. Mais nous avons per­du de vue plu­sieurs amis. Une chanc e q u e j’ a i t r o u v é u n e épouse sur­me­sure. Elle était mi­li­tante elle­aus­si ». Nulle amer­tume dans sa voix si ce n’est celle du se­vrage.

Tré­so­rier de la mis­sion l o c a l e d e Mo n t b r i s o n (« J’ai été co­op­té par Alain Gau­thier, an­cien pro­vi­seur de Pré­cieux »), dé­lé­gué ad­joint de la fon­da­tion du pa­tri­moine… L’élu qui a tou­jours ap­pré­cié tra­vailler en équipe (« j’ai pu m’ap­puyer sur d’ex­cel­lents c o n s e i l l e r s q u i m’ o n t épau­lé quand j’étais dé­cou­ra­gé » ) s’est in­ves­ti dans le social, fort peu friand du tra­vail de la terre.

« J’ai ré­pé­té tous mes pre­miers dis­cours »

« Nul en bri­co­lage »

« Je ne jar­dine pas, je ne vais ni à la pêche, ni à la chasse et je suis nul en bri­co­lage » , sou­rit­il. Son pe­tit plai­sir, au­jourd’hui, est fait de lec­tures, en an­glais dans le texte, hob­by re­trou­vé avec ses nou­velles dis­po­ni­bi­li­tés. « Je me suis aus­si re­mis au sport, au cyclisme et à la na­ta­tion, que j’avais com­plè­te­ment dé­lais­sés pen­dant des an­nées. »

La fin d’une car­rière po­li­tique ? Sans doute. Même s’il prend à coeur son rôle d’op­po­sant, Lu­cien Moul­lier jure qu’il ne se­ra pas can­di­dat en 2020… à moins qu’on ne vienne le qué­rir et qu’il ait « la san­té ». Vi­rus, quand tu nous tiens.

LU­CIEN MOUL­LIER.

L’homme est tou­jours fort oc­cu­pé.

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