Un mé­de­cin agres­sé aux ur­gences

Il frappe un doc­teur qui se se­rait mon­tré « ir­res­pec­tueux »

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Un pa­tient, ivre et bles­sé, avait frap­pé un mé­de­cin qui avait eu des pro­pos dé­pla­cés à pro­pos d’un autre ma­lade aux ur­gences de l’hô­pi­tal Nord, à Saint-Priest-enJa­rez.

l a en­fin réus­si à sor­tir le mot ma­gique ! Il l’a dit : je m’ex­cuse. Vous pou­vez vous ex­cu­ser en ef­fet car ce jour­là, vous vo­ci­fé­riez, vous brailliez, vous exi­giez, vous aviez tous les droits alors que vous étiez là parce que vous vous étiez bles­sé en étant saoul. »

An­dré Merle va re­qué­rir 200 heures de tra­vail d’in­té­rêt gé­né­ral ( Tig) à l’en­contre du qua­dra­gé­naire sté­pha­nois qui com­pa­raît de­vant la troi­sième chambre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne pour vio­lence sur une per­sonne char­gée de mis­sion de ser­vice pu­blic.

Un coup-de-poing vi­sible à la vi­déo

En oc­tobre der­nier, cet in­di­vi­du s’était re­trou­vé aux ur­gences de l’hô­pi­tal Nord, à Saint­Priest­en­Ja­rez. Il s’était bles­sé tout seul et pré­sen­tait un taux d’al­coo­lé­mie de 2,5 grammes par litre de sang. Cet état d’ébrié­té avan­cé ex­plique son at­ti­tude. À peine ar­ri­vé, il s’était ap­pro­ché de l’ac­cueil et avait haus­sé le ton. Ses ges­ti­cu­la­tions s’étaient sol­dées par un coup por­té au vi­sage d’un mé­de­cin et par l’in­ter­ven­tion des forces de po­lice. L’homme avait alors ex­pli­qué qu’il avait été in­sul­té par le pra­ti­cien. Ver­sion des faits contes­tée par la vic­time alors que plu­sieurs té­moins de la scène ont évo­qué l’at­ti­tude dé­pla­cée d’un pa­tient dans un état se­cond.

À la barre, le pré­ve­nu qui a com­men­cé par adop­ter la même ligne de dé­fense que lors de son au­di­tion ­ « le mé­de­cin s’est mon­tré ir­res­pec­tueux vis­à­vis de moi » ­ fait évo­luer son té­moi­gnage. Le voi­ci qui parle main­te­nant d’une mau­vaise in­ter­pré­ta­tion d’un mou­ve­ment du doc­teur. « J’ai cru qu’il al­lait me don­ner un coup », ex­plique­t­il à Au­rore Jul­lien­Ver­notte. La pré­si­dente l’in­vite alors à ve­nir re­gar­der les images de la vi­déo­sur­veillance.

Quelques mi­nutes suf­fisent pour consta­ter que la seule per­sonne qui ef­fec­tue des gestes agres­sifs et dan­ge­reux est le pré­ve­nu. Toute la scène a été fil­mée et l’at­ti­tude des dif­fé­rents pro­ta­go­nistes ne laisse au­cun doute : un seul coup­de­poing a été don­né et il est l’oeuvre du pa­tient. Le­quel fi­nit en­fin par avouer.

« J’étais ivre. Je ve­nais de vivre trois drames en moins de deux ans. Mais j’ a i v ra i m e n t c r u q u’ i l m’avait in­sul­té. » S’il y a eu in­jure, il sem­ble­rait qu’elle se soit adres­sée à un autre pa­tient qui avait pous­sé le pra­ti­cien à bout…

Agres­sé à coups de hache à la fi­gure

« Je crois qu’il y avait du stress des deux cô­tés »

« Rien n’ex­cuse ce type de com­por­te­ment, le coupe la pré­si­dente du tri­bu­nal. Vous avez même me­na­cé cet homme de le re­trou­ver. » Le pré­ve­nu baisse la tête.

« Mon client a fait les frais de l’ex­ci­ta­tion qui ré­gnait en oc­tobre der­nier (sic), tente son avo­cate. Il s’est em­por­té car ce mé­de­cin re­fu­sait de lui dé­li­vrer son cer­ti­fi­cat mé­di­cal. Ren­dez­vous compte qu’il ve­nait de se faire lui­même agres­ser à coups de hache à la fi­gure. Je crois qu’il y avait du stress des deux cô­tés. Vous re­mar­que­rez d’ailleurs qu’il n’y a eu au­cune consti­tu­tion de par­tie ci­vile » , conclut la dé­fense qui se dit prête à ac­cep­ter un Tig.

Le tri­bu­nal opte pour les deux cents heures re­quises par le mi­nis­tère pu­blic, à ef­fec­tuer sous dix­huit m o i s s i n o n c e s e ra s i x mois de pri­son.

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