Loire-Fo­rez sauve les meubles, Mé­tro­pole ré­cu­père Saint-Gal­mier

Réunis en com­mis­sion ven­dre­di, les élus ont dé­bat­tu six heures sans ré­sul­tat

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Sept in­ter­com­mu­na­li­tés co­ha­bi­te­ront dans la Loire au 1er jan­vier 2017 contre 17 à ce jour. La carte, éta­blie par le pré­fet Su­dry à l’au­tomne, n’évo­lue­ra plus, sauf re­cours des com­munes.

ix­neuf heures, ce ven­dre­di 18 mars, en pré­fec­ture de la Loire. Les membres de la com­mis­sion dé­par­te­men­tale de co­opé­ra­tion in­ter­com­mu­nale (CDCI) s’écharpent, de­puis près de cinq heures, au­tour du pro­jet de ré­forme ter­ri­to­riale. La nuit est tom­bée der­rière les lourdes ten­tures et le ton a grim­pé d’une oc­tave. main­te­nant, se battent contre des mou­lins à vent. La loi est ain­si faite : toute mo­di­fi­ca­tion du sché­ma ne peut être en­té­ri­née qu’à la ma­jo­ri­té des deux tiers ( 30 voix sur 45). Un ra­tio in­at­tei­gnable. Conclu­sion : rien, ab­so­lu­ment rien ne bouge. La fu­ture carte in­ter­com­mu­nale se­ra celle des­si­née en oc­tobre par le pré­fet Fabien Su­dry ( à l’ex­cep­tion de la par­tie concer­nant les Monts du Pi­lat, lire à ce su­jet notre édi­tion du 3 mars). Les ten­ta­tives de putsch, pour­tant, se sont mul­ti­pliées du­rant l’après­mi­di…

Elles étaient six. Six com­munes du Pays de Saint­Bon­net­le­Châ­teau (*) à de­man­der le u r ra tt a c h e m e n t à Sa in t ­ Étienne Mé­tro­pole (SEM) par la voix de Ber­nard Four­nier. Gaël Per­driau, s’y est op­po­sé. « La vo­lon­té de SEM de de­ve­nir Mé­tro­pole n’est pas une lu­bie, a­til ex­pli­qué. L’en­jeu n’est pas de réunir à tout prix 5.000 ha­bi­tants de plus mais de consti­tuer un en­semble équi­li­bré entre com­munes ur­baines et ru­rales. Nous ne pou­vons pas ac­cueillir Us­son et les autres en l’état ac­tuel. Sans Saint­Just­Saint­Ram­bert, com­ment pour­rions­nous leur ap­por­ter, entre autres, les trans­ports en com­mun ? ». Ver­dict : 17 votes pour, 23 contre. vie ». « Par­don Ma­dame, a ré­tor­qué le maire de Roanne, Yves Ni­co­lin, mais construire se­lon les bas­sins de vie, c’est dans la loi et c’est jus­te­ment ce qu’on nous de­mande. » Ce­lui de SaintGal­mier, ont es­ti­mé les pré­sents, est dé­fi­ni­ti­ve­ment tour­né vers Saint­Étienne.

Dans le rôle de l’avo­cat, Jean Bar­tho­lin a dû re­voir sa plai­doi­rie. L’élu, qui mi­li­tait pour la créa­tion d’une en­ti­té à l’échelle du Si­mo­ly re­grou­pant les in­ter­com­mu­na­lit és d e Fo re z ­e n ­Ly on n a i s , Hauts­du­Lyon­nais et Chamousset­en­Lyon­nais (alors que Cha­zelles et Saint­Mé­dard de­mandent leur rat­ta­che­ment à Feurs), s’est heur­té à la lo­gique de la conti­nui­té ter­ri­to­riale. « Si nous sui­vons votre rai­son­ne­ment, la com­mune d’Avei­zieux se re­trou­ve­ra toute seule, a re­le­vé Gé­rard La­croix. Votre amen­de­ment n’est donc pas re­ce­vable. »

Sur­prise mê­lée de pa­nique en dé­fense. Une sus­pen­sion de séance plus tard ( le temps de contac­ter en ur­gence Nor­bert Du­pey­ron, pré­sident de Fo­re­zen­Lyon­nais) et Jean­Bar­tho­lin pro­po­sait le rat­ta­che­ment d’Avei­zieux… à SEM. De quoi faire sou­rire le ru­sé Gaël Per­driau et nour­rir les huées de la ma­jo­ri­té. « C’est un mar­ché aux votes, un jeu de chaises mu­si­cales, tem­pê­tait Pierre Vé­ri­cel, maire de Cha­zelles. Non au tri­pa­touillage ! » Sous la pres­sion, Jean Bar­tho­lin re­ti­rait donc son amen­de­ment.

Tout est par­ti d’une de­mande des élus de Ri­vas, re­lé­gués dans le Fo­rez Est bien que par­ti­sans de SEM. La re­quête, por­tée par Gaël Per­driau, ne pou­vait être exa­mi­née, qu’à la condi­tion d’in­clure Veauche dans l’équa­tion. « Ri­vas, 500 ha­bi­tants, dé­ci­de­rait ain­si du sort de Veauche, 9.000 ha­bi­tants ? » a man­qué s’étouf­fer Mo­nique Gi­rar­don, dé­clen­chant une tem­pête de ré­cri­mi­na­tions. « Dé­pe­çage », « dé­ni de dé­mo­cra­tie », « at­taque ca­rac­té­ri­sée et or­ga­ni­sée », « ir­res­pon­sable ». « Le Fo­rez sert d’épi­cer ie à SEM, c’est fou et in­ac­cep­table ! » , s’est ré­cr ié Claude Gi­raud, maire de Mon­trond­les­Bains. Se po­sant en mé­dia­teur, le maire de Boën, Pierre­Jean Ro­chette, a dû faire oeuvre de tem­pé­rance : « On perd de vue qu’on de­vra tous tra­vailler en­semble à nou­veau dès le 1er avril et il se­rait bien qu’on ne sorte pas de cette CDCI en ayant édi­fié des murs de Ber­lin. » Peine per­due, sur tous les fronts. Votes pour : 21, contre 23.

« Une al­liance im­pli­cite contre Saint­Étienne »

Le pré­sident de Loire­Fo­rez était jus­qu’ici res­té me­su­ré dans ses pro­pos. Mais le der­nier amen­de­ment de la jour­née a eu rai­son de son calme. En cause, un re­vi­re­ment de Bon­son, à l’is­sue du con­seil mu­ni­ci­pal du 16 mars (lire aus­si en page 31). La com­mune, si­gna­taire de l’ap­pel des 45 membres de Loire­Fo­rez pour un Fo­rez fort, au­rait fi­na­le­ment pris fait et cause pour… SEM. « Je ne m’ex­plique pas ce re­vi­re­ment, a confié Alain Ber­théas. Il n’y a pas eu de dis­cus­sion. »

Qu’im­porte. Pas ques­tion pour les pré­sents d’abreu­ver da­van­tage le mou­lin sté­pha­nois. Au grand re­gret de plu­sieurs dé­pu­tés, pré­sents en qua­li­té d’ob­ser­va­teurs. « J’ai le sen­ti­ment qu’il y a eu une forme d’al­liance im­pli­cite pour ti­rer à vue sur tout ce que pro­pose Saint­Étienne, a dé­plo­ré Jean­Louis Ga­gnaire. Tout le monde au­rait pour­tant eu in­té­rêt à ce que les sub­ven­tions de l’État ( ver­sées à une fu­ture Mé­tro­pole, N.D.L.R.) soient plus im­por­tantes pour notre dé­par­te­ment. »

Le sché­ma, en l’état, se­ra pu­blié le 30 mars pour avis dans les com­munes.

( *) La Tou­rette, Es­ti­va­reilles, Us­son, Merle­Lei­gnec, Saint­Hi­laire, Api­nac.

DÉ­FI­NI­TIF. Le pro­jet de re­grou­pe­ments éta­bli par le pré­fet Fabien Su­dry n’a pas été amen­dé faute de ma­jo­ri­té.

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