Son « en­ga­ge­ment de vie » se pour­suit

Jean­Fran­çois Chos­sy conti­nue de dé­fendre la cause des per­sonnes han­di­ca­pées

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Dossier - Sé­go­lène Per­ret se­go­lene.per­ret@cen­tre­france.com

An­cien maire de Saint-JustSaint-Ram­bert et dé­pu­té, Jean-Fran­çois Chos­sy pour­suit son « en­ga­ge­ment mi­li­tant » pour une meilleure prise en compte des per­sonnes han­di­ca­pées.

Il y a des ren­contres qui changent à ja­mais le cours de votre vie. JeanF­ran­çois Chos­sy en a fait l’ex­pé­rience peu après son élec­tion comme dé­pu­té de la 7e cir­cons­crip­tion, en 1993. « Les pa­rents de Léa, une pe­tite fille au­tiste de 4 ans, sont ve­nus me voir, se sou­vient­il. Ils vou­laient m’ex­pli­quer que le seul ac­com­pa­gne­ment qu’on pro­po­sait à leur fille était l’hô­pi­tal psy­chia­trique. J’ai com­pris qu’il fal­lait que la loi évo­lue, que l’au­tisme soit re­con­nu comme han­di­cap et que les per­sonnes soient pr ises en charge par le monde du mé­di­co­so­cial ».

Un spé­cia­liste re­con­nu

En dé­ci­dant de s’in­ves­tir dans cette cause, JeanF­ran­çois Chos­sy ne sait pas en­core que la suite de sa car­rière en par­ti­cu­lier, et de sa vie en gé­né­ral, même une fois re­ti­ré de la vie po­li­tique, va être pro­fon­dé­ment bou­le­ver­sée par cet « en­ga­ge­ment de vie ».

Si en mai 2011, il dé­cide « dé­li­bé­ré­ment de dé­mis­sion­ner pour lais­ser la place à mon sup­pléant Paul Sa­len » , son im­pli­ca­tion pour une meilleure consi­dé­ra­tion des per­sonnes han­di­ca­pées ne s’ar­rête pas pour au­tant. Au contraire. « Mon ac­tion à l’As­sem­blée na­tio­nale a fait de moi un spé­cia­liste re­con­nu du han­di­cap (*), a n a l y s e Je a n ­Fra nçois Chos­sy. Alors au­jourd’hui, je suis très sol­li­ci­té par des as­so­cia­tions et je me dé­place entre une et trois fois par se­maine sur l’en­semble du ter­ri­toire pour par­ti­ci­per à des confé­rences ou des dé­bats, à titre gra­tuit et bé­né­vole. Je fais éga­le­ment de la for­ma­tion à la de­mande d’en­tre­prises ou des in­ter­ven­tions en mi­lieu sco­laire. C’est ma contr ibu­tion à une meilleure ap­pré­hen­sion du han­di­cap, ex­plique ce­lui qui est aus­si pré­sident du Grath ( Groupe de ré­flexion et ré­seau pour l’ac­cueil tem­po­raire des per­sonnes en si­tua­tion de han­di­cap). Ce­la fait par­tie de ma vie ; c’est un en­ga­ge­ment mi­li­tant dont je ne peux me dé­faire ».

La fa­mille, la lec­ture et la marche

Dif­fi­cile donc, de par­ler de « re­traite » , même si l’an­cien édile re­con­naît avoir da­van­tage de temps libre. « Je consacre plus de temps à ma fa­mille : lorsque je me dé­place en France, ma femme Ch­ris­tiane vient avec moi ; je vais éga­le­ment cher­cher mes pe­tits en­fants à l’école, chose que je n’ai ja­mais eu le temps de faire avec mes en­fants. J’en pro­fite aus­si pour m’oc­cu­per du jar­din, pour lire et aus­si pour mar­cher beau­coup ».

Ma i re d e S a i n t ­Ju stSaint­Ram­bert de 1989 à 2001, quelques réa­li­sa­tions dont il est à l’ori­gine lui viennent en mé­moire comme L’Em­bar­ca­dère ou la crèche, « la pre­mière en France à ac­cep­ter les en­ fants han­di­ca­pés », l a zone in­dus­tr ielle ou le chan­tier de la dé­via­tion de la RD 498 « dont il avait fal­lu né­go­cier le tra­cé » . Ce­lui qui fut éga­le­ment conseiller ré­gio­nal de 1998 à 2010 a aus­si par­ti­ci­pé à la créa­tion de la com­mu­nau­té de com­munes de Fo­rez Sud.

« Un en­ga­ge­ment mi­li­tant dont je ne peux me dé­faire »

Un re­gard de ci­toyen

Au­jourd’hui, Jean­Fran­çois Chos­sy dit « por­ter un re­gard de ci­toyen sur la com­mune » et d’ajou­ter : « Il faut res­ter sur des ter­ri­toires co­hé­rents même si évi­dem­ment, il y a la cen­tra­li­té de Saint­Étienne. Les élus ou les res­pon­sables vont pas­ser mais les ter­ri­toires vont res­ter et je se­rais prêt à m’in­ves­tir si le pré­fet don­nait SaintJu s t ­S a i n t ­R ambert à Saint­Étienne Mé­tro­pole… ».

( *) Au­teur de la loi du 11 dé­cembre 1996 ten­dant à as­su­rer une prise en charge adaptée de l’au­tisme, Jean­Fran­çois Chos­sy a éga­le­ment été ini­tia­teur du groupe de tra­vail sur le han­di­cap à l’As­sem­blée Na­tio­nale en 2000 et 2003, pré­sident du groupe d’études par­le­men­taire « In­té­gra­tion des per­sonnes fra­gi­li­sées et han­di­ca­pées » et rap­por­teur de la Loi pour l’éga­li­té des droits et des chances, la par­ti­ci­pa­tion et la ci­toyen­ne­té des per­sonnes han­di­ca­pées de 2005.

JEAN-FRAN­ÇOIS CHOS­SY. À 69 ans, l’an­cien pré­pa­ra­teur en phar­ma­cie est de­ve­nu un spé­cia­liste re­con­nu du han­di­cap.

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