Il avait failli se faire dé­vo­rer

Un mar­gi­nal avait réus­si à échap­per à deux Rott­weillers

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

At­ta­qué par deux chiens de garde, un homme avait été griè­ve­ment bles­sé à une main et aux jambes, il y a un an, à Panissières. La jus­tice or­donne une ex­per­tise mé­di­cale avant de se pro­non­cer sur la peine concer­nant le pro­prié­taire des deux mo­losses, eu­tha­na­siés de­puis.

e mon­sieur n’a dû sa sur­vie qu’au fait qu’il ait réus­si à res­ter de­bout. S’il était tom­bé… Mon client a été hos­pi­ta­li­sé pen­dant trois mois. Il a su­bi de nom­breuses opé­ra­tions et les mé­de­cins ont même craint une am­pu­ta­tion. L’un de ses bour­reaux a éga­le­ment été son ange gar­dien : il lui a lé­ché ses plaies. »

L’avo­cate de l’homme qui, une nuit de mars 2015, a été at­ta­qué par deux chiens, près d’un en­tre­pôt des­ti­né à la col­lecte des dé­chets et du re­cy­clage de mé­taux, à Panissières, se dit « éton­née qu’il soit en­core vi­vant » . Elle ré­clame une pro­vi­sion, 3.000 eu­ros d’in­dem­ni­sa­tion et une ex­per­tise mé­di­cale pour dé­ter­mi­ner les sé­quelles chez ce­lui qui a vé­cu un vé­ri­table le cal­vaire.

Sa mère le re­trouve gi­sant le len­de­main

Ce jour­là, le pro­me­neur noc­turne n’était pas un vo­leur mais un mar­gi­nal qui a croi­sé la route des deux bêtes en de­hors de l’en­ceinte. Com­ment ces deux Rott­weillers, « croi­sés La­bra­dor » , pré­cise leur pro­pr ié­taire pour­sui­vi pour bles­sures in­vo­lon­taires, ont­ils réus­si à se li­bé­rer ? Mys­tère pour tout le monde. Tou­jours est­il que ces chiens se sont lit­té­ra­le­ment je­tés sur leur proie. Avant de lâ­cher prise. Peut­être à cause de la pluie qui s’est mise à tom­ber.

Souf­frant de mul­tiples mor­sures, no­tam­ment aux jambes, la vic­time avait mal­gré tout réus­si à re­tour­ner chez elle. C’est là, dans une vieille grange, que sa mère l’avait trou­vée, gi­sant, le len­de­main. La femme avait ap­pe­lé le pro­pr ié­taire des chiens qui se trouve être de sa fa­mille. À la vue des bles­sures, l’homme avait im­mé­dia­te­ment em­me­né le mal­heu­reux aux ur­gences.

« J’ai été im­pres­sion­né par les plaies. C’est im­pen­sable de croire qu’il a pu ren­trer à pied dans cet état alors qu’il était à une heure de l’en­tre­pôt, com­mente le pré­ve­nu dont le ca­sier ju­di­ciaire est vierge. Je ne com­prends pas pour­quoi on n’a pas re­trou­vé de sang à l’en­droit où il dit s’être fait mordre. Je ne com­prends pas non plus pour­quoi il a por­té plainte plu­sieurs mois après les faits. Il me vo­lait par­fois. Il dit aus­si qu’il y avait un troi­sième chien… » Néan­moins, le quin­qua­gé­naire a dû se ré­soudre à faire eu­tha­na­sier les cer­bères qui mon­taient la garde.

« La pré­sence de ces deux chiens, en­fer­més dans un en­clos le jour, et lâ­chés la nuit, fai­sait que le site était pié­gé, tout sim­ple­ment, a es­ti­mé la sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique. Si un mal­ fai­teur avait pé­né­tré, c’était tant pis pour lui. » Mar ianne Ber­théas re­quiert trois mois de pri­son avec sur­sis et 1.000 eu­ros d’amende à l’en­contre du pro­prié­taire.

Une ex­per­tise mé­di­cale or­don­née

« Je vois bien que mon client est dé­crit ici à l’au­dience comme com­plè­te­ment ir­res­pon­sable, qu’il se­rait ca­pable du pire et qu’il n’a au­cune émo­tion mais c’est faux, plaide l’avo­cate du gé­rant de la so­cié­té pan­is­sié­roise. Il est peut­être mal­adroit dans ses pro­pos mais c’est parce qu’il ne com­prend pas ce qui a pu ar­ri­ver. Com­ment ces chiens ont­ils pu fran­chir une en­ceinte avec des murs de deux mètres de haut ? Il avait pris ces bêtes car son en­tre­pôt était ré­gu­liè­re­ment vi­si­té par des vo­leurs mais il n’a ja­mais vou­lu, ja­mais sou­hai­té, ja­mais ima­gi­né que ces chiens puissent de­ve­nir aus­si agres­sifs. »

Le tri­bu­nal, pré­si­dé par Fré­dé­ric Pa­ris, a dé­ci­dé d’or­don­ner une ex­per­tise mé­di­cale avant de pro­non­cer une peine. Pour la vic­time et les chiens, la sen­tence est dé­jà tom­bée.

La pré­sence de ces deux chiens fai­sait que le site était pié­gé, tout sim­ple­ment

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