Un ar­ti­san fo­ré­zien condam­né pour abus de fai­blesse

Un ar­ti­san a pro­fi­té d’une re­la­tion am­bi­guë avec une cliente

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Un ar­ti­san de Mor­nand-enFo­rez a été condam­né pour abus de fai­blesse sur une cliente es­seu­lée. Une re­la­tion équi­voque était née entre ce quin­qua­gé­naire et une femme vul­né­rable.

out a com­men­cé en 2010 par un simple rem­pla­ce­ment de vo­lets rou­lants pour un mon­tant to­tal d’un peu plus de 2.000 eu­ros, de­vis et fac­tures à l’ap­pui. Ça s’est ter­mi­né par des chèques en blanc et l’uti­li­sa­tion frau­du­leuse d’une carte ban­caire pour un pré­ju­dice to­tal es­ti­mé à près de 100.000 eu­ros, quatre ans plus tard. sonne en manque d’af­fec­tion ».

Un hé­ri­tage di­la­pi­dé en trois ans

Nous sommes en 2010 quand cet ar­ti­san fait la connais­sance de cette dame qui vit seule, dans son ap­par­te­ment de SaintÉ­tienne ; une voi­sine d’une dame chez qui il tra­vaille. Elle le sol­li­cite alors pour chan­ger des vo­lets rou­lants. Les tra­vaux vo n t s’e n c h a î n e r sa n s qu’elle n’en me­sure l’am­pleur. La salle de bain, le sa­lon, la chambre, les sols, l’élec­tri­ci­té… Six ans plus tard, le chan­tier n’est tou­jours pas ter­mi­né et l’avo­cate de la pro­prié­taire es­time que les sommes dé­tour­nées s’élèvent à 97.614,50 €, de l’ar­gent hé­ri­té au dé­cès de la mère de sa cliente et dont elle de­mande le rem­bour­se­ment in­té­gral, outre 5.000 € pour le pré­ju­dice mo­ral et 2.000 € pour les frais de jus­tice.

Comment cette dame en est­elle arr ivée là ? En nouant une re­la­tion ami­cale puis per­son­nelle et toute par­ti­cu­lière avec cet ar­ti­san qu’elle a pris en af­fec­tion. Elle pré­tend qu’elle a été abu­sée, qu’elle ne com­pre­nait pas dans quoi elle s’en­ga­geait. Lui, vo­lu­bile, se dé­fend à la barre du tri­bu­nal.

« Elle me pre­nait dans ses bras »

« Cette dame m’a fait de la peine. Il y avait des his­toires de fa­mille. Elle vi­vait dans un ap­par­te­ment où il y avait des ca­fards, des pois­sons d’ar­gent… J’ai tout re­fait, j’ai mis tout mon cou­rage sur ce chan­tier, pour­suit le pré­ve­nu. Quand je quit­tais cet ap­ par­te­ment ­ qu’ e l l e a d’ailleurs vou­lu me don­ner ­ elle me pre­nait dans ses bras et elle me de­man­dait de po­ser ma tête sur son épaule. Je n’avais ja­mais vu ça. En­suite, elle m’a dit qu’elle vou­lait gar­der ma fille mais je n’avais pas confiance car ma fille m’a dit qu’elle s’était mise nue de­vant elle. Et puis ma femme et moi nous nous sommes por­tés cau­tion quand elle a vou­lu ha­bi­ter à Mont­bri­son. »

Le dé­bit est sac­ca­dé, le flot in­in­ter­rom­pu. Le pré­sident Fré­dé­ric Pa­ris a du mal à frei­ner un homme qu i re co n n a î t to u t d e même qu’il s’est peut­être mon­tré « un peu ex­ces­sif sur le mon­tant des tra­vaux » mais qui re­part de plus belle.

« C’est lui qui m’a mon­tré son sexe »

« Elle me ti­rait pour que je l’em­brasse sur la bouche. Elle m’a mon­tré ses seins. Elle m’a dit si tu me laisses tom­ber, je me sui­cide. Je se­rais aux as­sises si j’avais cou­ché avec elle comme elle le vou­lait. Il faut que sa fa­mille s’oc­cupe d’elle. » Dans la salle, la vic­time souffle, bou­gonne. « C’est n’im­porte quoi » , lâche­t­elle. « C’est lui qui a mon­tré son sexe » , té­moi­gne­ra­t­elle un peu plus tard.

Si l’af­fec­tion a fi­ni par dé­pas­ser le cadre du tra­vail, les faits sont là : des chèques ont été éta­blis pour plus de 91.700 € sans que la pro­prié­taire n’ait ins­cr it l’ordre. C’est la femme de l’ar­ti­san qui s’est oc­cu­pée de l’as­pect « ad­mi­nis­tra­tif ». La ma­jo­ri­té de ces paie­ments ont été éta­blis à son nom à elle. « Elle s’est trom­pée », ose son époux qui a fi­na­le­ment pu re­trou­ver des fac­tures.

Près de 6.000 € de dé­bits de Carte Bleue

« Elles étaient dans des car­tons à mon do­mi­cile mais il a fal­lu que je net­toie et que je range tout après les orages de grêle ( de 2013, N. D. L. R.) » , ex­plique le pré­ve­nu qui, en re­vanche, ne peut pas jus­ti­fier du fait que c’était lui qui uti­li­sait la carte ban­caire d’une femme qui pré­tend avoir « eu peur de lui, au dé­but ».

Près de 6.000 € ont été dé­pen­sés. « Je ne voyais ja­mais mes re­le­vés ban­caires » , as­sure la plai­gnante qui al­lait au rend e z ­v ou s fixés par sa conseillère fi­nan­cière tou­jours ac­com­pa­gnée de l’ar­ti­san. Elle lui a tout de même of­fert une montre pour son an­ni­ver­saire, des bi­joux à son épouse et fait un chèque de 10.000 € à sa fille ; ce­lui­là, elle le re­con­naît.

« Rap­ports am­bi­gus », a plai­dé Me An­dré Buf­fard qui a sou­li­gné que « cette femme avait de­man­dé à mon client de lui ache­ter u n vi b r o m a s s e u r. El l e avait toute sa tête mais sa fa­mille s’en fou­tait, voi­là tout », es­time le dé­fen­seur qui avait de­man­dé une re­laxe et a re­gret­té qu’une in­for­ma­tion ju­di­ciaire n’ait pas été ou­verte dans cette af­faire.

« Je se­rais aux as­sises si j’avais cou­ché avec elle comme elle le vou­lait. » Plus de 91.700 € de chèques sans ordre en­cais­sés par l’épouse

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