Il tente de vo­ler la voi­ture d’un gen­darme

Lutte et in­ter­pel­la­tion noc­turnes en fé­vrier der­nier

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - R. M.

Un chien qui aboie en pleine nuit, son maître - gen­darme à Mont­bri­son - qui sort en ca­le­çon pour voir ce qui se passe et qui se trouve de­vant un homme qui tente de lui vo­ler sa voi­ture. Le face- à- face s’était ter­mi­né par le me­not­tage du mal­fai­teur qui af­firme avoir été me­na­cé avec une arme.

La vic­time se­coue la tête de dé­pit. Son agres­seur vient d’être condam­né à neuf mois de pri­son ferme ( le mi­nis­tère pu­blic avait re­quis un an), 1.200 eu­ros pour le pré­ju­dice mo­ral (la par tie ci­vile ré­cla­mait 4.000 eu­ros) et 800 eu­ros pour les frais de jus­tice mais la plai­doi­rie de la dé­fense lui reste en tra­vers de la gorge.

Me Char­lotte Du­puy a ten­té d’ex­pli­quer au pré­sident Fré­dé­ric Pa­ris et à ses deux as­ses­seurs que son client n’avait « ja­mais eu l’in­ten­tion de vo­ler » . S’il s’était re­trou­vé dans la pro­pr ié­té en cours de construc­tion, au bout d’une im­passe à Cha­zel­les­sur­Lyon, c’est que ce res­sor­tis­sant rou­main de 42 ans, en France de­puis 2002, s’était « per­du » et qu’il « fai­sait de­mi­tour ». Le pré­ve­nu a même af­fir­mé qu’il avait été vio­len­té et me­na­cé avec « une arme po­sée sur sa tempe ».

Un ca­sier ju­di­ciaire dé­jà char­gé

Ver­sion des faits in­sup­por­table à en­tendre pour son op­po­sant, un homme pour­tant rom­pu à ce genre de dé­né­ga­tions : il est… gen­darme à Mont­bri­son. C’est sur son ter­rain que l’in­di­vi­du, qui est dé­te­nu dans le cadre d’une autre af­faire, a pé­né­tré une nuit de fé­vrier der­nier. Le pro­pr ié­taire et son épouse ont été ré­veillés peu avant deux heures du ma­tin par les aboie­ments ré­pé­tés de leur chien. L’homme est alors sor­ti, en ca­le­çon.

Un bruit de por­tière, une ombre près de sa voi­ture et le voi­là qui re­çoit un coup­de­poing à la tempe. Une lutte s’en­gage au terme de la­quelle le mi­li­taire par­vient à maî­tri­ser son agres­seur. Il de­mande à sa femme de lui pas­ser son cein­tu­ron au­quel sont ac­cro­chées ses me­nottes et son arme de ser­vice. Qu’il n’ a « ja­mais sor­tie de l’étui », as­sure­t­il au pré­sident du tri­bu­nal cor­rec­ tion­nel. Ses col­lègues ar­ri­ve­ront dix mi­nutes plus tard et le dé­cou­vri­ront en sang. Il a no­tam­ment re­çu trois coups à la poi­trine, p ro ba b l e m e n t do n n é s avec un tour­ne­vis qui se­ra re­trou­vé le len­de­main ; ma­té­riel de la même marque que d’autres ou­tils re­trou­vés dans la voi­ture du vi­si­teur noc­turne, sta­tion­née à quelques mètres de là, boite de vi­tesse coin­cée en qua­trième.

Avec treize condam­na­tions à son ca­sier ju­di­ciaire et en état de ré­ci­dive lé­gale, « ce pro­fes­sion­nel du vol et de la conduite sans per­mis », dixit le sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, ne risque plus de se perdre dans les neuf pro­chains mois.

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