Il me­nace un di­rec­teur d’école

Un père condam­né à de la pri­son avec sur­sis

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Parce qu’il a es­ti­mé que le di­rec­teur de l’école de sa fille ne pre­nait pas au sé­rieux les bru­ta­li­tés exer­cées sur son en­fant, un père a me­na­cé le res­pon­sable pé­da­go­gique de l’éta­blis­se­ment qui a fon­du en larmes.

est un dos­sier in­ad­mis­sible. » Mi­chel Ré­gnier v i e n t d e re q u é r i r h u i t m o i s d e p r i s o n f e r me, 1.000 € d’amende et un stage de ci­toyen­ne­té pour un père de fa­mille ac­cu­sé de vio­lences sur un di­rec­teur d’école et qui a re­fu­sé de se sou­mettre à une prise d’em­preintes, di­gi­tales et pal­maires.

Les gen­darmes obli­gés d’in­ter­ve­nir

Quelques se­condes plus tôt, le sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique a c i t é A l e x a n d re Du m a s dans La Dame aux ca­mé­lias ­ « Ne dis­cu­tez ja­mais, vous ne convain­crez per­sonne. Les opi­nions sont comme des clous ; plus on tape des­sus, plus on les en­fonce » ­ et rap­pe­lé la peine maxi­male en­cou­rue pour ces faits, soit trois ans ferme.

S’il a com­pris, le pré­ve­nu (d’ori­gine rou­maine mais qui vit de­puis long­temps en France et dis­pose d’une in­ter­prète mise à sa dis­po­si­tion par la jus­tice) ne laisse rien pa­raître. Son avo­cate a plus de mal à se conte­nir. « Ces ré­qui­sit i o n s m e s u r p re n n e n t gran­de­ment », avoue une femme qui es­time que « ce dos­sier au­rait dû faire l’ob­jet d’un simple rap­pel à la loi ».

En oc­tobre der­nier, un couple de­mande un ren­dez­vous en ur­gence au di­rec­teur de l’école pri­vée de Cha­zelles­sur­Lyon dans la­quelle sont sco­la­ri­sées leurs deux fillettes. L’une d’elle pré­sente une grif­fure sous un oeil. Elle a éga­le­ment une rou­geur qui laisse pen­ser qu’elle a re­çu un coup au vi­sage.

À dé­faut d’avoir pu s’ex­pli­quer avec la ma­man du gar­çon qui au­rait pro­vo­qué l’ac­ci­dent de leur fille et qui a trou­vé re­fuge dans une salle de classe, les pa­rents ré­clament des ex­pli­ca­tions au di­rec­teur qui les re­çoit dans son bu­reau. Apeu­ré, il laisse la porte vo­lon­tai­re­ment en­trou­verte. Le ton est vite agres­sif. Des éclats de voix par ­ viennent dans le cou­loir où passe un pa­rent d’élève. Voyant une main le­vée, ce der­nier in­ter­vient pour ten­ter de cal­mer le père puis quitte les deux pro­ta­go­nistes. La mère, elle, n’est dé­jà plus là. « Je lui avais dit de sor­tir car elle était trop éner­vée », ex­pli­que­ra son époux. Les gen­darmes ont été ap­pe­lés à la res­cousse. Sou­dain, un grand bruit. Le di­rec­teur est en pleurs.

Un trau­ma­tisme crâ­nien

« Je n’étais pas agres­sif. Je n’ai pas don­né de coupde­poing sur le bu­reau, af­firme le pré­ve­nu. Je n’ai pas le­vé le bras car, for­mé mi­li­tai­re­ment, mon bras se­rait par­ti mé­ca­ni­que­ment, a ex­pli­qué cet an­cien mi­li­taire du­rant sa garde­à­vue. J’ai sim­ple­ment vou­lu faire peur à ce mon­sieur car il ne me pre­nait pas au sé­rieux, ex­plique le qua­dra­gé­naire. Je vou­lais sa­voir ce qui était ar­ri­vé à ma fille. Qui avait été té­moin de son agres­sion ? Com­bien de temps était­elle res­tée par terre ? Quelle pom­made lui avait été don­née ? Per­sonne ne nous avait pré­ve­nus alors que ma fille a eu un trau­ma­tisme crâ­nien (son avo­cate jus­ti­fie­ra ce fait avec un cer­ti­fi­cat mé­di­cal, N. D. L. R.)… Deux jours plus tôt, j’avais évo­qué cette si­tua­tion d’in­sé­cu­ri­té avec ce mon­sieur. Lui, il en a pro­fi­té pour ex­clure mes en­fants. »

Je n’ai pas le­vé le bras car, for­mé mi­li­tai­re­ment, mon bras se­rait par­ti mé­ca­ni­que­ment

Qua­trième in­ci­dent

Mal­gré huit jours d’in­ca­pa­ci­té to­tale de tra­vail (ITT ), le di­rec­teur de l’école n’a pas sou­hai­té se por­ter par­tie ci­vile dans ce dos­sier. « Par sou­ci d’apai­se­ment ou par peur ? » , s’in­ter­ro­ge­ra pu­bli­que­ment Mi­chel Ré­gnier.

« Gran­de­ment sur­prise » par les ré­qui­si­tions du mi­nis­tère pu­blic, l’avo­cate du pré­ve­nu ­ un homme dis­po­sant d’une carte de sé­jour pour avoir com­bat­tu pour la France ­ avait ré­agi comme tout père de fa­mille in­quiet de voir sa fille le vi­sage tu­mé­fié après « un qua­trième in­ci­dent ». Son client a éco­pé de trois mois de pri­son avec sur­sis et 400 eu­ros d’amende.

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