Un ri­ve­rain sens des­sus des­sous

Marc Gas­nier conteste le pro­jet d’amé­na­ge­ment de l’ave­nue Alsace­Lorraine dé­voi­lé par

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Montbrisonnais - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

De­puis qu’il a pris connais­sance du pro­jet d’amé­na­ge­ment de l’ave­nue Alsace-Lorraine, Marc Gas­nier af­firme que qua­torze ri­ve­rains vont de­voir ma­noeu­vrer pour en­trer et sor­tir de chez eux. « Faux », ré­torque le maire, Ch­ris­tophe Ba­zile, alors que les deux par­ties se disent prêtes à al­ler de­vant la jus­tice s’il le faut.

ls se connaissent bien et se sont vus à plu­sieurs re­prises, dans la cli­nique vé­té­ri­naire de Ch­ris­tophe Ba­zile qui exerce à Mont­bri­son et soigne les chiens de Marc Gas­nier de­puis des an­nées, mais éga­le­ment, ré­cem­ment, à l’Hô­tel­de­Ville, dans le bu­reau de ce­lui qui est aus­si maire de la sous­pré­fec­ture de la Loire et qui a ac­cé­dé à une de­mande de ren­dez­vous de son in­ter­lo­cu­teur, ri­ve­rain de l’ave­nue Alsace­Lorraine. Au dé­but, le ton était cor­dial mais il l’est beau­coup moins…

« Ça ne passe pas ! »

Marc Gas­nier a dé­cou­vert dans les co­lonnes du Pays Fo­rez­Coeur de Loire les contours du « pro­jet de ré­no­va­tion et d’em­bel­lis­se­ment » de l’ave­nue qu’il ha­bite de­puis seize ans (lire notre édition du 3 mars der­nier). « Des per­sonnes de la mai­rie étaient pas­sées avec des do­cu­ments mais rien n’était dé­taillé comme dans cet ar­ticle, ex­plique­t­il, no­tam­ment en ce qui concerne les cotes. C’est là que je me suis ren­du compte que j’al­lais avoir des pro­blèmes pour sor­tir mais sur­tout pour ren­trer chez moi. Et que je n’étais pro­ba­ble­ment pas le seul. » toirs, les places de sta­tion­ne­ment (« qui vont pas­ser de 2,20 m de lar­geur à 2 m de part et d’autre de l’ave­nue qui se­ra mise en sens unique, ce qui me pa­raît dé­jà une mau­vaise idée »), la chaus­sée et une piste cy­clable de 2,50 m, ça ne passe pas!»

Un amé­na­ge­ment pour lui per­mettre de ma­noeu­vrer

Le Mont­bri­son­nais qui pos­sède une voi­ture as­sez longue ain­si que deux re­morques (dont une est no­tam­ment des­ti­née à éva­cuer ses dé­chets verts) veut sur­tout faire re­mar­quer qu’il va lui fal­loir em­pié­ter sur le trot­toir et la chaus­sée en at­ten­dant que son por­tail élec­trique s’ouvre ou se ferme, puis ma­noeu­vrer pour em­prun­ter ou quit­ter l’ave­nue.

« Au­tant de se­condes où je se­rais res­pon­sable si ja­mais un autre vé­hi­cule ou pire, un pié­ton, voire un cy­cliste, ve­nait à per­cu­ter mon propre vé­hi­cule. In­ac­cep­table. Pour moi, pour les qua­torze autres ri­ve­rains qui ont un por­tail étroit (moins de 2,50 m) et pour la sé­cu­ri­té des autres usa­gers. » Car il as­sure qu’il agit « pour l’in­té­rêt gé­né­ral » et « re­fuse d’être l’otage d’une op­po­si­tion po­li­tique. »

L’homme a adres­sé plu­sieurs cour­riers au maire de Mont­bri­son dans les­quels il l’alerte sur ses di­verses et mul­tiples in­ter­ro­ga­tions concer­nant ce pro­jet. Il a créé un blog (http://pro­je­tal­sa­ce­lor­rai.wix.com/ri­ve­rains). Il a aus­si écrit aux pré­si­dents de la Ré­gion Auvergne­Rhône­Alpes et du Con­seil dé­par­te­men­tal de la Loire pour les aler­ter sur ce dos­sier que co­fi­nancent leur col­lec­ti­vi­té. « Je veux que nous nous met­tions au­tour d’une table et que nous re­voyons ce pro­jet. No­tam­ment cette piste cy­clable qui, pour moi, doit dis­pa­raître au pro­fit d’une bande cy­clable, des­si­née sur la chaus­sée. »

« Tout le monde se se­rait trom­pé mais pas lui ? »

Ch­ris­tophe Ba­zile sou­ligne tout d’abord qu’il « a pris le temps de re­ce­voir et d’écou­ter M. Gas­nier. Comme tous les autres ri­ve­rains et j’ajoute que je me tiens à la dis­po­si­tion de tous ceux qui au­raient une in­ter­ro­ga­tion, pour­suit le maire de Mont­bri­son. J’ai éga­le­ment pris connais­sance de toutes les ob­ser­va­tions for­mu­lées par ce mon­sieur. La preuve, la place de sta­tion­ne­ment ini­tia­le­ment pré­vue face à son por­tail a été sup­ pri­mée pour lui per­mettre de ma­noeu­vrer sans dan­ger. Tout le reste est faux. Deux bu­reaux d’études, ce­lui de la com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion Loire­Fo­rez et ce­lui de la Ville, se sont pen­chés sur ce dos­sier qui a re­çu le sou­tien de la Ré­gion Rhône­Alpes, du Con­seil dé­par­te­men­tal, de la com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion Loire­Fo­rez, d’ErDF… Le pro­jet est en cours de va­li­da­tion au­près de l’Ar­chi­tecte des bâ­ti­ments de France (ABF) et tout le monde se se­rait

Des ri­ve­rains, jus­te­ment, sont ve­nus dire à Ch­ris­tophe Ba­zile qu’ils n’étaient pas d’ac­cord avec Marc Gas­nier. Le­quel af­firme dis­po­ser d’une ving­taine de cour­riers de de­mandes de ren­dez­vous à adres­ser à la mu­ni­ci­pa­li­té. Cette se­maine, deux per­sonnes qui étaient plus que cir­cons­pectes concer­nant ses ar­gu­ments se sont fi­na­le­ment ran­gées à son constat et parlent d’« inep­tie ». Elles pro­posent d’éta­blir dif­fé­rents scé­na­rii al­ter­na­tifs (sans piste cy­clable, sans une ran­gée de sta­tion­ne­ment…) et de les sou­mettre à chaque ri­ve­rain afin de de pré­sen­ter une pro­po­si­tion col­lec­tive à la mu­ni­ci­pa­li­té.

Pour­vu que le mau­vais feuille­ton de l’été 2016 n’ait pas dé­jà dé­mar­ré…

« Je veux que nous nous met­tions au­tour d’une table »

PRO­CÉ­DURE. Marc Gas­nier a fait consta­ter par huis­sier, cette se­maine, qu’il pou­vait sor­tir et en­trer chez lui sans ma­noeu­vrer. Le ri­ve­rain de l’ave­nue Alsace-Lorraine af­firme que ce ne se­ra plus le cas après les amé­na­ge­ments tels qu’ils sont pré­vus. Pire même, se­lon ses cal­culs (tra­cés en orange sur cette image), il ne pour­ra plus ren­trer chez lui avec sa re­morque.

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