Il surfe sur des sites por­nos

Un jeune homme s’était in­tro­duit par ef­frac­tion dans une école

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Un jeune homme de 25 ans, in­ter­pel­lé en pleine nuit le 21 avril der­nier dans une école sté­pha­noise, a re­con­nu qu’il s’était dé­jà in­tro­duit dans le même éta­blis­se­ment, huit mois plus tôt, et qu’il s’était connec­té à In­ter­net sur l’or­di­na­teur de la di­rec­trice.

est l’alarme de l’école pri­maire pu­blique Pa­ga­ni­ni, dans le quar­tier de Mon­trey­naud, à Saint­Étienne, qui a tra­hi l’homme de 25 ans qui a com­pa­ru, ven­dre­di 22 avril, de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne pour vols avec ef­frac­tion.

Des re­cherches sur les « cou­guars »

Jeu­di 21 avril, des po­li­ciers mu­ni­ci­paux in­ter­ve­nant en ren­fort d’agents d’une so­cié­té de sur­veillance se sont re­trou­vés face à cet in­di­vi­du qui por­tait sur lui six ta­blettes de cho­co­lat et un mi­cro­casque dé­ro­bés dans l’éta­blis­se­ment. Une em­preinte pa­pil­laire pré­le­vée près d’une fe­nêtre frac­tu­rée à l’aide d’un dé­monte­pneu a per­mis de dé­mon­trer que l’homme s’était in­tro­ duit après avoir bri­sé une vitre ; ce même homme qui, huit mois plus tôt, s’était re­trou­vé nez à nez avec la di­rec­trice de l’école en pleines va­cances d’été. La fonc­tion­naire a for­mel­le­ment re­con­nu son in­ter­lo­cu­teur avec qui elle avait échan­gé quelques mots avant que ce der­nier ne prenne la fuite, en août der­nier.

« J’avais bu toute la jour­née, j’étais « raide », as­sure ce­lui qui, en garde­àvue, a re­con­nu qu’il s’était ef­fec­ti­ve­ment dé­jà in­tro­duit « par cu­rio­si­té » dans cette école qu’il a fré­quen­tée quand il était en­fant. Il se­rait en­tré dans la jour­née par une fe­nêtre lais­sée ou­verte. Et se­rait re­ve­nu le même soir par la même voie. Il nie avoir cas­sé et fouillé les lieux. Cette nuit­là, un sac de courses avait dis­pa­ru.

En re­vanche, il a avoué qu’il avait uti­li­sé l’or­di­na­teur de la di­rec­trice pour se connec­ter à In­ter­net. Les en­quê­teurs ont pu iden­ti­fier son adresse élec­tro­nique alors que l’his­to­rique a ré­vé­lé des connec­tions vers des sites por­no­gra­phiques, « avec des re­cherches sur les cou­guars », pré­cise JeanDa­niel Re­gnauld. Le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique ré­clame six mois de pri­son ou huit mois de pri­son dont quatre as­sor­tis d’un sur­sis­mise à l’épreuve (SME) ain­si qu’un man­dat de dé­pôt à l’en­contre de ce pré­ve­nu en rup­ture de lien avec ses pa­rents et sans do­mi­cile fixe.

2.800 eu­ros de dom­mages et in­té­rêts

« Mon client a re­con­nu que ce qu’il avait fait n’était pas ac­cep­table », a plai­dé l’avo­cate de la dé­fense qui a sou­li­gné que le ca­sier ju­di­ciaire du pré­ve­nu était vierge et qu’il ne re­pré­sen­tait « au­cun dan­ger pour la so­cié­té » ; ma­nière de contes­ter le man­dat de dé­pôt de­man­dé par le mi­nis­tère pu­blic. Son client qui a « im­plo­ré la clé­mence du tri­bu­nal », a fi­na­le­ment éco­pé de deux mois de pri­son as­sor­tis d’un SME pen­dant dix­huit mois mais n’en a pas fi­ni avec la jus­tice.

En sep­tembre pro­chain, il de­vra re­ve­nir pour une au­dience de ren­voi sur in­té­rêts ci­vils, la Ville de Saint­Étienne lui ré­clame quelque 2.800 eu­ros pour les ré­pa­ra­tions et les di­vers frais en­gen­drés par ses deux ef­frac­tions ; « une de­mande op­por­tu­niste », a es­ti­mé son avo­cate s’éton­nant qu’il faille « 2 h 30 à deux per­sonnes pour ré­pa­rer un bris de glace et trois heures à trois per­sonnes pour re­mettre les lieux en état ».

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