L’Eu­ro 2016 vu par le foot­ball ama­teur

Quelques per­son­na­li­tés et pré­si­dents de clubs du ter­ri­toire se sont prê­tés au jeu des pro­nos­tics

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Jean-Fran­çois Vernet jean-fran­cois.vernet@cen­tre­france.com

À quelques heures du coup d’en­voi du Cham­pion­nat d’Eu­rope des na­tions qui va se dé­rou­ler en France du 10 juin au 10 juillet, Le Pays Fo­rez-Coeur de Loire a in­ter­ro­gé quelques ac­teurs li­gé­riens du bal­lon rond.

hris­tian Jouve, pré­sident de l’US Éco­tay-Moingt. « Ce ren­dez­vous tombe bien car la sai­son est ter­mi­née, on va avoir plus de temps libre pour en pro­fi­ter. J’at­tends les la Bel­gique me semblent bien ar­més. Et puis sen­ti­men­ta­le­ment, j’au­rais un oeil at­ten­tif sur la pres­ta­tion des An­glais. Mon seul re­gret fi­na­le­ment, c’est l’ab­sence de Loïc Per­rin. Ce­la prouve qu’il vaut mieux jouer une de­mi­sai­son à l’étran­ger qu’être ti­tu­laire in­dis­cu­table de­puis des an­nées en Ligue 1. C’est dom­mage. »

Gé­rard Arnaud, pré­sident de l’AS Sa­vi­gneux-Mont­bri­son. « L’ASSM va par­ti­ci­per à l’Eu­ro des U11 or­ga­ni­sé à l’ini­tia­tive de Paul Sa­len. Quant au vrai Eu­ro, je trou­vais l’équipe de France très bien jus­qu’ici et on s’aper­çoit qu’il en faut tou­jours un pour se­mer la m… Se­lon moi, des gens comme Ka­rim Ben­ze­ma pour­rissent le foot fran­çais. On en parle avec les édu­ca­teurs et on constate que beau­coup de jeunes d’ori­gine magh­ré­bine qui jouent en U17 ou U19 ne veulent plus jouer pour la France. Ils re­pro­duisent ce que font les pros. Pour ma part, je se­rai bien sûr der­rière l’équipe de France., mais il va fal­loir qu’ils se bougent, car contre le Ca­me­roun, ce n’était pas glo­rieux. Je ne les vois pas ar­ri­ver en fi­nale. Ils ne re­pro­dui­ront pas l’ex­ploit de 98. C’était une équipe de co­pains à l’époque. Pas là. Une de­mi­fi­nale se­rait dé­jà bien. Qui va ga­gner ? Je ne sais pas. Ça reste un gros point d’in­ter­ro­ga­tion… »

Éric Co­gnet, pré­sident de l’US Feurs. « C’est un hon­neur de re­ce­voir l’Eu­ro de foot­ball à Saint­Étienne, qui est une ré­gion de foot. On peut en re­vanche re­gret­ter que le monde du foot­ball ama­teur n’ait pas été pri­vi­lé­gié dans le mode d’achat des places de matches. Je suis aus­si stu­pé­fait par la dé­marche de l’UEFA qui a mi­sé sur le bé­né­vo­lat pour as­su­rer l’ac­cueil. Ce sont en­core les pe­tites mains qui vont oeu­vrer au quo­ti­dien, sous l’exi­gence des bu­reau­crates mon­diaux. Et puis les or­ga­ni­sa­teurs im­posent une sé­cu­ri­té dra­co­nienne et quand on voit le mode de re­cru­te­ment, il y a de quoi s’in­quié­ter. Sur un plan spor­tif, on va vi­brer au son fran­çais, ce qui se­ra un avan­tage par rap­port aux autres na­tions. Je ne vois pas les Bleus ga­ gner l’Eu­ro mais al­ler en de­mi­fi­nale. Les An­glais me semblent être de bons out­si­ders pour la vic­toire fi­nale et la Bel­gique ne se­ra pas loin. »

Do­mi­nique Mas­sa­crier, pré­sident de l’ES Veauche. « C’est un bel évé­ne­ment pour la France. Il faut en pro­fi­ter. J’es­père que ce­la se pas­se­ra bien et que tout le monde don­ne­ra une bonne image.

Les ama­teurs de foot doivent être der­rière les Bleus. Pour avoir vé­cu ce­la en 1998 et en 2006 à Francfort, les mo­ments de par­tage au­tour du foot­ball peuvent être énormes. L’équipe de France me re­de­vient sym­pa­thique avec des va­leurs qui se rap­prochent du foot ama­teur. En dé­fense, les nom­breuses bles­sures risquent d’han­di­ca­per l’équipe. Le pre­mier match va condi­tion­ner tout le reste. La France a la ca­pa­ci­té pour al­ler en quart de fi­nale et pour­quoi pas plus loin. L’Es­pagne et l’Al­le­magne res­tent deux places fortes du foot­ball, mais la Pologne, la Croa­tie et la Bel­gique peuvent créer la sur­prise. »

Pierre Poix, pré­sident de l’AS Boën-Tre­lins. « L’Eu­ro va être une belle image de marque pour notre ter­ri­toire. Je n’ai pas d’avis tran­ché sur l’équipe de France. Il y a tel­le­ment de zi­za­nie au­tour… Ça me fait pen­ser à 1998. Éric Can­to­na avait dé­jà se­mé ce type de pro­blème et les joueurs s’étaient trou­vé un es­prit col­lec­tif. J’ai une grande confiance en Di­dier Des­champs. Il fait avec les moyens du bord, mais il va peut­être y ar­ri­ver. Le pre­mier match nous di­ra tout. Si on gagne, c’est bon. Je sens Di­dier Des­champs comme Ai­mé Jac­quet en 1998, même si les cri­tiques sont moins vi­ru­lentes. L’af­faire Ben­ze­ma res­semble à celle de Can­to­na à l’époque. Il n’a pas été re­te­nu, mais les autres joueurs courent der­rière le bal­lon comme lui. Je ver­rais bien un France­Ita­lie en fi­nale. Je pense que les groupes es­pa­gnol et al­le­mand sont vieillis­sants. »

Car­los Acos­ta, an­cien foot­bal­leur et pré­sident de TRJS (Ter­ri­toires ru­raux jeu­nesse et sport). « L’équipe de France a de bonnes in­di­vi­dua­li­tés avec les Griez­mann, Kan­té, Co­man… L’at­ti­tude de Di­dier Des­champs me plaît bien. Il a eu le cou­rage d’écar­ter les joueurs nui­sibles qui re­pré­sentent mal le pays. Il y a des édu­ca­teurs qui tra­vaillent toute l’an­née et quand on voit des joueurs comme Ka­rim Ben­ze­ma, Mathieu Val­bue­na ou Ser­

« Les ama­teurs de foot­ball doivent être der­rière les Bleus »

ge Au­rier, ça dé­goûte. En plus on joue chez nous, en France. Il faut res­ter ferme sur ce type d’at­ti­tude. Spor­ti­ve­ment, il y a des pro­blèmes dé­fen­sifs à ré­gler. Il est re­gret­table que Las­sa­na Diar­ra soit ab­sent car il a un bon état d’es­prit. La France est une équipe en re­cons­truc­tion qui va jouer contre des for­ma­tions mieux or­ga­ni­sées, de­puis plus long­temps. Je les vois bien ar­ri­ver en quart de fi­nale. À tra­vers leurs ré­sul­tats, ils peuvent re­don­ner l’image d’une France unie, mal­gré les temps dif­fi­ciles que nous vi­vons. La Bel­gique peut créer la sur­prise et al­ler au bout. Les Al­le­mands peuvent bien sûr l’em­por­ter. »

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