Ils tentent d’in­cen­dier un ra­dar

Deux hommes s’en sont pris à l’ap­pa­reil ins­tal­lé le long de la RN 88

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier

En dé­cembre der­nier, deux in­di­vi­dus avaient ten­té de mettre le feu au ra­dar fixe au­to­ma­tique ins­tal­lé dans le quar­tier de Ter­re­noire, à Saint-Étienne. Sans l’in­ter­ven­tion d’un po­li­cier qui pas­sait par là…

S’il le pou­vait, ce pré­ve­nu qui, il y a quelques mi­nutes, pleu­rait à la barre, em­bras­se­rait le pré­sident du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne. Fré­dé­ric Pa­ris et ses as­ses­seurs ont ac­cé­dé à la demande de son avo­cat qui avait plai­dé « une dis­pense d’ins­crip­tion au B2 », com­pre­nez que sa condam­na­tion n’ap­pa­raî­tra pas dans l’ex­trait de ca­sier ju­di­ciaire dé­li­vré à son em­ployeur. Ce­la au­rait pu lui coû­ter sa place.

Im­ma­tri­cu­la­tion ca­chée

En dé­cembre der­nier, ce qua­dra­gé­naire, agent de la fonc­tion pu­blique, avait été pris en chasse alors que lui et un autre homme ve­naient de dis­per­ser du ga­soil au pied du ra­dar fixe au­to­ma­tique ins­tal­lé le long de la route na­tio­nale 88, dans le quar­tier de Ter­re­noire, à Sain­tÉ­tienne. Un po­li­cier qui pas­sait en voi­ture, peu avant une heure du ma­tin, avait re­mar­qué ces in­di­vi­dus au­tour de l’ap­pa­reil avec un jer­ri­cane et un bout de pa­pier en­flam­mé.

Bien que n’étant pas en ser­vice, ce fonc­tion­naire avait pris en chasse la ca­mion­nette dans la­quelle les deux hommes, se sa­chant re­pé­rés, avaient pris la fuite. Plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion dis­si­mu­lées sous un cache, le vé­hi­cule avait fi­ni par avoir un ac­ci­dent.

Les deux pieds ni­cke­lés avaient été in­ter­pel­lés par une pa­trouille de po­lice. Le conduc­teur était ivre au vo­lant, 0,94 mil­li­gramme par litre d’air ex­pi­ré, soit un taux de 1,98 par litre de sang. Lui et son pas­sa­ger sen­taient l’es­sence. Pla­cés en garde à vue, ils avaient af­fir­mé qu’ils n’étaient pas les au­teurs de la ten­ta­tive d’in­cen­die. Le jer­ri­cane ? Des­ti­né à la ton­deuse à ga­zon qu’ils avaient pas­sée dans l’après­mi­di, d’où l’odeur.

Six mois plus tard, ces deux in­di­vi­dus ad­mettent à la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel qu’ils ont bien ten­té d’in­cen­dier le ra­dar au­to­ma­tique. « Je re­con­nais les faits, avoue le conduc­teur qui était ivre cette nuit­là. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je n’étais pas dans mon état nor­mal. Mon père était mort quelques mois plus tôt, ma mère ve­nait de se sui­ ci­der. Je re­grette », glisse un homme en pleurs que sa femme a ac­com­pa­gné à l’au­dience. Son aco­lyte qui est aus­si son cou­sin ad­met lui aus­si l’in­frac­tion mais il as­sure que « rien n’était pré­mé­di­té ». Il est pour­tant in­ca­pable d’ex­pli­quer pour­quoi l’im­ma­tri­cu­la­tion du vé­hi­cule était ca­chée.

L’un des deux n’a dé­jà plus son per­mis

Simple amende au lieu de jours-amende

« On avait bu quelques ro­sés… », tente d’ex­pli­quer ce quin­qua­gé­naire mais « l’al­cool a bon dos pour ex­pli­quer l’évi­dence face aux preuves », es­time Jean­Phi­lippe Bel­per­ron. Le coup de fo­lie ne tient pas », ajoute le sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique qui re­quiert 90 jours­amende à 20 € à l’en­contre des deux hommes ain­si qu’une suspension du per­mis de conduire de huit mois pour ce­lui qui était au vo­lant et 150 € pour la contra­ven­tion connexe. L’autre n’a plus son pré­cieux sé­same rose, son ca­sier ju­di­ciaire com­porte dé­jà trois condam­na­tions pour conduite sous l’em­pire d’un état al­coo­lique (CEA). Tous les deux ont été condam­nés à 1.200 € d’amende.

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