« Re­mettre en avant l’ori­gine fran­çaise »

Le pré­sident de la FDSEA fait le point sur l’état ac­tuel de l’agri­cul­ture dans le dé­par­te­ment

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - L'actu - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

Si les ac­tions « coup-de­poing » ont ces­sé de­puis plu­sieurs mois, les agri­cul­teurs souffrent tou­jours au­tant de la concur­rence in­ter­na­tio­nale et des po­li­tiques ta­ri­faires pra­ti­quées par cer­taines en­tre­prises de la grande dis­tri­bu­tion. En­tre­tien avec le pré­sident de la FDSEA, Gé­rard Gal­lot.

Les der­niers mou­ve­ments de contes­ta­tion re­montent au mois de fé­vrier. Comment se porte l’agri­cul­ture dans la Loire ? Nous avons en ef­fet me­né de nom­breuses ac­tions pen­dant un an et jus­qu’à cet hi­ver. Cer­tains se disent “on n’en­tend plus les agri­cul­teurs, c’est que ça va mieux” alors que la conjoncture conti­nue de se dé­gra­der en 2016. dons de re­cons­truire une po­li­tique de prix dé­cents à la pro­duc­tion, par des ac­cords tri­par­tites qui re­groupent les pro­duc­teurs, les ac­teurs de l’in­dus­trie agro ali­men­taire et les grandes et moyennes sur­faces. La loi Sa­pin, pour la­quelle nous avons des échanges fruc­tueux avec les élus lo­caux, doit y contri­buer. L’obli­ga­tion de la mise en ligne des bé­né­fi­ ces des en­tre­prises, no­tam­ment lai­tières, est aus­si un cri­tère im­por­tant pour éta­blir des prix de ma­nière trans­pa­rente.

Des ac­tions syn­di­cales sont-elles en­vi­sa­gées dans les se­maines à ve­nir ? Ce n’est pas im­pos­sible. Si les choses conti­nuent à per­du­rer, nos re­ven­di­ca­tions pas­se­ront par de nou­velles ac­tions syn­di­cales qui peuvent par­fois s’avé­rer vio­lentes.

Quelles voies doit em­prun­ter l’agri­cul­ture pour sor­tir de cette longue crise ? Il faut faire chan­ger les ha­bi­tudes de consom­ma­tion des gens. Je pense no­tam­ment à la res­tau­ra­tion hors foyer. Nous avons com­mu­ni­qué sur le “man­ger fran­çais” dans les res­tau­rants sco­laires, les can­tines… Et nous avons été en­ten­dus. Ce­la va de mieux en mieux, mais la dé­marche est longue. Les élus doivent aus­si lé­gi­fé­rer da­van­tage sur l’éti­que­tage au su­jet des ori­gines des pro­duits. La si­tua­tion des éle­veurs al­lai­tants est très com­pli­quée. Ils ont des re­ve­nus bas. Il faut re­mettre au pre­mier plan l’ori­gine fran­çaise de nos vaches al­lai­tantes.

L’ex­port des pro­duits fran­çais pour­rait-il être une so­lu­tion ? C’est in­dis­pen­sable. Il faut re­con­qué­rir le mar­ché de l’ex­port, je pense no­tam­ment à la Tur­quie, à la Chine. Nous de­vons être prêts à le faire et ne pas lais­ser le mar­ché à nos voi­sins eu­ro­péens. Mais il va aus­si fal­loir que la com­mis­sion eu­ro­péenne re­prenne les choses en mains pour désen­gor­ger le mar­ché du lait. Le sto­ckage a ses li­mites.

D’autres hy­po­thèses son­telles en­vi­sa­gées pour re­lan­cer l’agri­cul­ture ? On a en­ga­gé une ré­flexion à l’ini­tia­tive de la FDSEA, des Jeunes agri­cul­teurs et de la chambre d’agri­cul­ture. Il faut don­ner les moyens à nos agri­cul­teurs de re­pen­ser leur ex­ploi­ta­ tion de ma­nière in­di­vi­duelle. Les charges baissent un peu, mais il faut voir comment les faire bais­ser da­van­tage in­di­vi­duel­le­ment et pas n’im­porte comment, pour évi­ter un im­pact sur la pro­duc­ti­vi­té. Cer­tains d’entre eux ont dû avoir re­cours à de lourds in­ves­tis­se­ments. Il faut qu’ils re­voient ré­gu­liè­re­ment leur banque pour né­go­cier. À tra­vers cette dé­marche, on veut dire que tout n’est pas fou­tu, qu’on croit en­core à ce mé­tier dans la Loire. On est un dé­par­te­ment d’éle­vage.

Les orages de grêle qui ont frap­pé une par­tie du dé­par­te­ment ont fait de gros dé­gâts chez les agri­cul­teurs… Nous, la FDSEA et les Jeunes agri­cul­teurs, avons re­cen­sé une cen­taine d’ex­ploi­ta­tions plus ou moins im­pac­tées par la grêle. Nous al­lons mon­ter un dos­sier ca­la­mi­té, sur­tout pour les pro­duc­tions d’herbe, qui n’est pas as­su­rable. Ce­la va prendre plu­sieurs mois, mais on ne veut pas qu’il y ait de faille dans notre dos­sier. Nous al­lons aler­ter le mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture sur la si­tua­tion.

« On veut dire que tout n’est pas fou­tu »

OP­TI­MISME. Le pré­sident de la FDSEA Gé­rard Gal­lot veut croire en un ave­nir meilleur pour les agri­cul­teurs du dé­par­te­ment, mal­gré la crise qu’ils tra­versent.

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