Gé­rard Va­cher, pour l’amour du che­val

Fé­ru d’équi­dés, il pré­side la so­cié­té hip­pique de­puis plus d’un an. Ren­contre avec un pas­sion­né

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Pays Forézien - Ju­lien Gar­don

En pleine pré­pa­ra­tion de la fête de l’hip­po­drome de sa­me­di, le pré­sident en­tend re­do­rer le bla­son de la fi­lière équestre, qu’il dé­fend de­puis de nom­breuses an­nées.

Il y a une quin­zaine d’an­nées, un jour­na­liste l’avait sur­nom­mé « le me­nui­sier globe­trot­teur », ré­su­mant ain­si par­fai­te­ment la vie du pré­sident de la So­cié­té hip­pique de Feurs.

Amou­reux du che­val de­puis l’âge de 7 ans

Né à Saint­Cyr­les­Vignes il y a 64 ans, Gé­rard Va­cher est en ef­fet tom­bé amou­reux du che­val dès son plus jeune âge quand, à 7 ans, il est mon­té pour la pre­mière fois sur un po­ney. « Mon grand­père était un vrai pas­sion­né de che­vaux, ex­plique­t­il. Et comme je vi­vais à cô­té de l’écu­rie Be­del, j’al­lais monter tous les mer­cre­dis. »

Cette fer­veur pour le che­val n’a plus quit­té ce­lui qui pos­sède des pou­li­nières de­puis 35 ans. « Je suis as­so­cié avec mon frère Marc et Jean­Pierre Mi­cho­let, le vice­pré­sident de la so­cié­té. Nous fai­sons de l’éle­vage et avons trois che­vaux qui courent dans tous les hip­po­dromes de France. Ils ont dé­jà ga­gné quelques courses. »

Sa­me­di 25 juin, lors de la fête de l’hip­po­drome, le pu­blic pour­ra d’ailleurs ap­pré­cier la per­for­mance de l’un d’entre eux, Beau­ty Gem, en­traî­née par Mar­tial Gau­vin, de Sa­vi­gneux. « Le dres­sage puis l’en­traî­ne­ment au quo­ti­dien sont très im­por­tants pour qua­li­fier les che­vaux au haut ni­veau. »

Une fi­lière en crise

Ce sont donc 200 che­vaux de haut ni­veau qui se­ront pré­sents pour une fête qui doit per­mettre d’at­ti­rer de nou­veau le pu­blic à l’hip­po­drome (lire ci­contre), mais aus­si contri­buer à re­lan­cer une fi­lière en crise. « Les pa­ris spor­tifs en ligne ont fait beau­coup de mal au monde des courses, car il est plus fa­cile de jouer sur une équipe par­mi deux que sur cinq che­vaux dans l’ordre. Au PMU, même si on peut aus­si jouer sur In­ter­net, il faut connaître un mi­ni­mum les che­vaux. » Puis d’al­ler plus loin dans l’ana­lyse de la si­tua­tion : « Le sec­teur équestre est un gros pour­voyeur d’em­plois, dans dif­fé­rents do­maines comme le trans­port, l’ali­men­ta­tion, les soins… Si ça baisse trop, il y au­ra beau­coup de chô­mage en plus. On ne s’en rend pas

Sauf qu’à l’in­verse des courses Pre­mium dis­pu­tées le reste de l’an­née, « nous ne se­rons pas compte. »

Gé­rard Va­cher, lui, le sait. Et il en­tend, à sa ma­nière, main­te­nir cette dis­ci­pline qu’il af­fec­tionne tant. D’abord en as­su­rant la suc­ces­sion du re­gret­té Ray­mond Go­léo en mars 2015, pas­sant de contraints par l’ho­raire, les gens au­ront plus de temps pour jouer. » Et aus­si pour choi­sir le bon che­val dans la re­vue La Ca­saque, qui se­ra édi­tée pour l’oc­ca­sion. « Le pu­blic au­ra toutes les don­nées né­ces­saires pour la vice­pré­si­dence à la pré­si­dence de la So­cié­té hip­pique. Puis en dé­ve­lop­pant cette struc­ture qui consti­tue « une vé­ri­table vi­trine pour la ville de Feurs ». Pour ce faire, ce­lui qui vient d’être élu pour un man­dat de pa­rier, même si beau­coup, dans ce contexte, choi­sissent leur nu­mé­ro fé­tiche… »

Sur­tout dans l’am­biance très dé­ten­due qui de­vrait ré­gner ce sa­me­di, avec de nom­breuses ani­ma­tions, as­su­rées pour la trois ans compte gé­rer l’hip­po­drome « comme une en­tre­prise. C’est une or­ga­ni­sa­tion et une ges­tion par­ti­cu­lières. Il y a beau­coup de frais, no­tam­ment pour la piste, qui doit ré­gu­liè­re­ment su­bir des tra­vaux pour que les pro­fes­sion­nels soient contents. Les che­vaux sont fra­giles, il s’agit de ne pas les bles­ser lors­qu’ils courent ici. » D’au­tant que les courses fo­ré­ziennes sont, comme toutes les courses Pre­mium, sui­vies dans la France en­tière, « et même en Eu­rope », pré­cise Gé­rard Va­cher, dont le goût pour les voyages n’est plus à dé­mon­trer.

Créa­teur d’en­tre­prise et voya­geur

Dans sa carrière pro­fes­sion­nelle, loin des che­vaux, l’homme, qui a créé à Feurs en 1977 l’en­tre­prise d’agen­ce­ment de ma­ga­sins Idéal me­nui­se­rie, a tra­vaillé dans tous les pays d’Eu­rope de l’Est, mais aus­si au Mexique, au Ja­pon, dans le Magh­reb… « J’ai eu la chance de beau­coup voya­ger et ain­si de me rendre compte que l’on vit très bien en France », es­time l’an­cien créa­teur et chef d’une en­tre­prise de vingt sa­la­riés, qui a pas­sé le re­lais à son fils.

Au­jourd’hui, ce père de trois en­fants et grand­père de cinq pe­tits­en­fants n’est plus me­nui­sier. Ni globe­trot­ter. Mais les trot­teurs res­te­ront tou­jours son che­val de ba­taille.

PAS­SION. Au coeur de l’hip­po­drome de Feurs, Gé­rard Va­cher est dans son élé­ment.

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