« Un dé­lin­quant de la route »

Pri­son ferme pour un chauf­fard ivre au vo­lant

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Un qua­dra­gé­naire pon­tram­ber­tois contrô­lé en fé­vrier der­nier à Saint-Bon­net-lesOules alors qu’il se ren­dait à un match de foot­ball rou­lait en état d’ivresse, sans per­mis de conduire, sans as­su­rance et sans carte grise. Le tout en état de ré­ci­dive lé­gale.

Il ne manque que l’ac­ci­dent pour com­plé­ter le triste ta­bleau. Heu­reu­se­ment, les gen­darmes sont in­ter­ve­nus avant que ne sur­vienne l’ir­ré­pa­rable.

Un simple contrôle en fé­vrier der­nier, en tout dé­but de soi­rée, sur la route dé­par­te­men­tale 200 au pied de Saint­Bon­net­lesOules. Les mi­li­taires ar­rêtent une Peu­geot 407 à bord de la­quelle cir­cule un homme seul. Cet ha­bi­tant de Saint­Just­Saint­Ram­bert se rend à un match ami­cal de foot­ball à Cham­boeuf. Le vé­hi­cule n’est pas as­su­ré alors que la carte grise est au nom de son ex­femme. Mais il y a plus grave.

Quatre ans de conduite sans per­mis

Le conduc­teur n’a pas son per­mis de conduire. Ou plus exac­te­ment n’a plus son per­mis de­puis que ce­lui­ci a été an­nu­lé sui­vant un ju­ge­ment du tri­bu­nal de grande ins­tance (TGI) de Vienne, en no­vembre 2012.

An­nu­la­tion et in­ter­dic­tion de re­pas­ser l’exa­men avant huit mois pour com­plé­ter une peine de deux mois de pri­son avec sur­sis pour une conduite sous l’em­pire d’un état al­coo­lique (CEA) en ré­ci­dive puisque le même in­di­vi­du a dé­jà été condam­né pour des faits si­mi­laires en 2009. Le cal­cul est simple : voi­là quatre ans qu’il conduit « tous les jours pour al­ler au tra­vail », avoue­til, sans per­mis.

À Saint­Bon­net­lesOules, l’éthy­lo­test ré­vèle un taux d’al­coo­lé­mie de 0,45 mil­li­gramme par litre d’air ex­pi­ré, pra­ti­que­ment deux fois su­pé­rieur au taux lé­gal au­to­ri­sé. Le chauf­fard ex­plique qu’il a bu une di­zaine de bières… la veille.

À la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de SaintÉ­tienne, sa ligne de dé­fense n’a pas chan­gé. Tout juste concède­t­il au pré­sident Fran­çois Bou­riaud que « c’était peut­être une dou­zaine de bières ».

Ma­ni­fes­te­ment, ce père de quatre en­fants qui verse une pen­sion ali­men­taire de 540 € par mois à son ex­épouse ne me­sure pas l’im­por­tance des mi­nutes qui se jouent. Li­cen­cié après la dé­cou­verte d’un tra­fic de té­lé­phones por­tables vo­lés au sein de l’en­tre­prise qui l’em­ployait, il est res­té au chô­ mage pen­dant plu­sieurs mois. « Je viens de re­trou­ver du tra­vail à six ki­lo­mètres de chez moi. J’y vais en vé­lo », pré­cise cet homme qui a pré­fé­ré ga­gner 1.100 € par mois en tra­vaillant plu­tôt que 2.000 € en res­tant au chô­mage.

Un an d’in­ter­dic­tion de conduire

Une éclair­cie, en­fin, mais vite ba­layée par le sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique. « Les li­mites sont lar­ge­ment dé­pas­sées, es­time Hen­ry de Pon­cins. Nous voi­ci face à un dé­lin­quant de la route to­ta­le­ment en marge », pour­suit un ma­gis­trat qui ne s’at­tarde pas. Il de­mande la ré­vo­ca­tion des deux mois avec sur­sis de 2012 et re­quiert quatre nou­veaux mois ferme, 350 € d’amendes, la confis­ca­tion du vé­hi­cule (qui a été « re­ven­du 48 heures après » le contrôle de fé­vrier der­nier, as­sure le pré­ve­nu) et 5 mois d’in­ter­dic­tion de per­mis de conduire.

Le qua­dra­gé­naire a éco­pé d’une peine plus lourde puis­qu’outre les quatre mois ferme et les deux mois ré­vo­qués, il lui a été in­ter­dit de re­con­duire avant un an. Il de­vra en outre ré­gler 380 € d’amendes.

Un chauf­fard en ré­ci­dive de ré­ci­dive

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