Un hom­mage et des in­quié­tudes

Les dé­lé­gués syn­di­caux de la CGT ont or­ga­ni­sé un ras­sem­ble­ment en mé­moire de Jacques et Da­mien

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Pays Forézien - Jean-Fran­çois Vernet jean-fran­cois.vernet@cen­tre­france.com

« Le cy­nisme est pous­sé à son pa­roxysme »

Comme chaque an­née de­puis cinq ans, un ras­sem­ble­ment a été or­ga­ni­sé par la CGT Cast­mé­tal Feurs, ven­dre­di 24 juin, en hom­mage à Da­mien et Jacques, tra­gi­que­ment dé­cé­dés sur leur lieu de tra­vail, le 25 juin 2011.

Ils étaient 150 en­vi­ron à avoir ré­pon­du à l’in­vi­ta­tion de la CGT Cast­me­tal Feurs, ven­dre­di 24 juin à mi­di. Des sa­la­riés, mais aus­si des membres du col­lec­tif Vé­ri­té pour Jacques et Da­mien. « On per­pé­tue ce ras­sem­ble­ment pour rendre hom­mage à Jacques Tis­sot et Da­mien Ja­mot mais aus­si à tous ceux qui ont été bles­sés à la fon­de­rie », a an­non­cé Lud­wig Be­raud, dé­lé­gué syn­di­cal CGT.

De­puis le 25 juin 2011, ce jour tra­gique où les deux sa­la­riés de Feurs Mé­tal, de­ve­nu Cast­mé­tal, ont per­du la vie suite à un pro­blème de fuite dans les ca­na­li­sa­tions, d’autres ac­ci­dents ont eu lieu dans l’en­tre­prise même si les consé­quences n’ont pas été aus­si dra­ma­tiques. « On au­rait dû éli­mi­ner le risque après ce 25 juin 2011 mais nos di­ri­geants n’ont pra­ti­que­ment pas in­ves­ti dans notre ou­til de tra­vail pour as­su­rer notre sé­cu­ri­té », a re­gret­té le dé­lé­gué syn­di­cal.

« Une carte ignoble »

Le même a ex­pli­qué que le 13 mai der­nier, de la pluie avait pé­né­tré près des fours de la fon­de­rie, ce qui au­rait pu cau­ser une nou­velle ex­plo­sion. Les di­ri­geants ont en re­vanche in­ves­ti dans une pe­tite opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion in­terne au goût pour le moins dou­teux. La veille du ras­sem­ble­ment, chaque sa­la­rié s’est vu re­mettre une pe­tite carte sur la­quelle il est ins­crit : « Vous trou­ve­rez à l’in­té­rieur le res­pon­sable de votre sé­cu­ri­té. » À l’in­té­rieur, un pe­tit mi­roir. « Les ac­ci­dents au tra­vail ne peuvent pas être dus à la fa­ta­li­té ou au man­que­ment d’un sa­la­rié. Cette carte est ignoble », a té­moi­gné Lud­wig Bé­raud, ré­su­mant le sen­ti­ment gé­né­ral des em­ployés. Ces der­niers ont res­pec­té une mi­nute de si­lence char­gée d’émo­tion après que deux sa­la­riés ont dé­po­sé une gerbe de­vant la fon­de­rie.

Le col­lec­tif Vé­ri­té pour Jacques et Da­mien a par ailleurs rap­pe­lé qu’un pro­cès al­lait en­fin avoir lieu, lun­di 26 sep­tembre à 13 heures au tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne. Soit pra­ti­que­ment cinq ans après l’ac­ci­dent.

« Nous avons en­fin ob­te­nu cet­ te date grâce à notre mo­bi­li­sa­tion. Le temps de la jus­tice est long et les en­tre­prises im­pli­quées, Cast­mé­tal et Val­di, ne font que re­pous­ser l’échéance, sans cher­cher à trou­ver la vé­ri­té, comme ils l’avaient pour­tant pro­mis en 2011. S’ils re­poussent sans cesse l’échéance, c’est qu’ils ne se sentent pas propres (sic) dans cette af­faire », a lan­cé Jean­Luc De­nis, l’un des res­pon­sables du col­lec­tif de sou­tien.

« Le cy­nisme pous­sé à son pa­roxysme »

Très re­mon­té, le dé­lé­gué syn­di­cal Lud­wig Bé­raud ajoute pour sa part que « les di­rec­tions de notre en­tre­prise et de Val­di ont usé de tous les re­cours pos­sibles pour re­tar­der la te­nue d’un pro­cès. Pire en­core, notre en­tre­prise ose faire ap­pel de la dé­ci­sion du tri­bu­nal des af­faires de sé­cu­ri­té so­ciale (Tass), la condam­nant à la faute in­ex­cu­sable de l’em­ployeur. Le cy­nisme est pous­sé à son pa­roxysme et dé­montre une nou­velle fois le vi­sage in­hu­main de notre em­ployeur. »

Un ap­pel au ras­sem­ble­ment a été émis par le col­lec­tif et la CGT, le 26 sep­tembre pro­chain, de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne.

RAS­SEM­BLE­MENT. Ils étaient en­vi­ron 150 réunis de­vant la fon­de­rie de Cast­mé­tal, à l’ini­tia­tive de la CGT de Feurs.

PO­LÉ­MIQUE. La carte dis­tri­buée à tous les sa­la­riés de l’en­tre­prise.

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