Un pi­lote risque de la pri­son avec sur­sis après un ac­ci­dent

Pri­son avec sur­sis re­quis pour un pi­lote im­pli­qué dans un ac­ci­dent en 2013

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Un équi­page ef­fec­tuant un par­cours de liai­son entre deux épreuves spé­ciales du ral­lye du Montbrisonnais était en­tré en col­li­sion avec un au­to­mo­bi­liste à un car­re­four de Saint-Bon­net-leCour­reau, en 2013. L’ac­ci­dent avait fait un bles­sé grave et plus de 100.000 € de dé­gâts. Les deux conduc­teurs se re­jettent la faute. Dé­li­bé­ré le 21 juillet.

Deux ans et de­mi après s’être croi­sés sur la route à SaintBon­net­le­Cour­reau, deux au­to­mo­bi­listes avaient ren­dez­vous, le 14 juin der­nier, de­vant la jus­tice. L’un pour­sui­vi pour bles­sures in­vo­lon­taires et re­fus de prio­ri­té à droite, l’autre pour mise en dan­ger d’au­trui et fran­chis­se­ment d’une ligne conti­nue.

Le 4 x 4 avait fi­ni im­mo­bi­li­sé sur le toit

S’ils se sont soi­gneu­se­ment évi­tés à la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne, ils s’étaient vio­lem­ment heur­tés en oc­tobre 2013 au croi­se­ment entre les routes dé­par­te­men­tales 20, 44 et 69. Peu après 13 heures, le pi­ lote d’une Peu­geot 207 S2000 en­ga­gée dans la 34e édi­tion du ral­lye du Montbrisonnais n’avait pas pu évi­ter la col­li­sion avec un au­to­mo­bi­liste cir­cu­lant à bord d’un 4 x 4. L’un ef­fec­tuait un par­cours de liai­son entre deux épreuves spé­ciales tan­dis que l’autre par­tait à la chasse, à Sau­vain.

« Nous rou­lions à 50 ou 60 km/h, ex­plique le pi­lote qui ré­side dans le Var. J’ai dé­cé­lé­ré avant d’ar­ri­ver à ce car­re­four re­pé­ré un mois plus tôt et iden­ti­fié comme dan­ge­reux car sans vi­si­bi­li­té dans notre livre de route. Mais là, j’ai vu ce 4 x 4 au der­nier mo­ment. Pour moi, il rou­lait sur la file de gauche car il avait an­ti­ci­pé sur sa tra­jec­toire à l’in­ter­sec­tion. Ça al­lait trop vite. Je n’ai rien pu faire. »

Le choc avait été très violent. À tel point que le 4 x 4 qui ar­ri­vait par la droite avait ef­fec­tué plu­sieurs ton­neaux avant de s’im­mo­bi­li­ser sur le toit. Son conduc­teur avait été tou­ché aux cer­vi­cales, à l’épaule et aux ver­tèbres. Il avait dû être opé­ré. Idem pour l’un de ses deux chiens ins­tal­lés dans la caisse ar­rière de sa voi­ture ré­duite, elle, à l’état d’épave.

« La voi­ture de ral­lye rou­lait vite et m’a re­fu­sé la prio­ri­té », af­firme cet ha­bi­tant de Mar­cilly­le­Châ­tel qui « em­prunte cette route de­puis quinze ans. Je ne rou­lais pas à gauche et contrai­re­ment à ce qu’a af­fir­mé le co­pi­lote (qui lui avait por­té se­cours et avait consta­té qu’il n’était plus san­glé, N.D.L.R.), j’avais ma cein­ture de sé­cu­ri­té. L’hé­ma­tome sur ma poi­trine l’a prou­vé. Heu­reu­se­ment d’ailleurs, si­non je ne se­rais sû­re­ment plus là au­jourd’hui », lâche cet ar­ti­san ins­tal­lé à son compte et qui s’était vu pres­crire 45 jours d’ar­rêt de tra­vail.

« Point d’im­pact en pleine gauche »

« C’est le même ac­ci­dent mais les pro­ta­go­nistes n’ont pas vu la même cho­ se, constate Ma­rianne Ber­théas. La prio­ri­té à droite n’est contes­tée par per­sonne. Elle était due. Le par­quet n’avait en­ga­gé des pour­suites qu’à l’en­contre du pi­lote mais la vic­time a été mise en cause par le pré­ve­nu. » La sub­sti­tut a re­quis trois mois de pri­son avec sur­sis, cinq mois de sus­pen­sion du per­mis de conduire et 200 € d’amende en­vers le pi­lote. En re­vanche, elle s’en est rap­por­tée à l’ap­pré­cia­tion du pré­sident du tri­bu­nal, Fran­çois Bou­riaud, con­cer­nant le chauf­feur du 4 x 4.

L’avo­cat de ce der­nier a sou­li­gné « une contra­dic­tion entre le té­moi­gnage du pré­ve­nu et ce­lui de son co­pi­lote qui a évo­qué une vi­tesse de 90 km/h ». Le dé­fen­seur du pi­lote, lui, a fait re­mar­quer que « le point d’im­pact re­pé­ré par les gen­darmes se si­tuait en pleine gauche. Je ne vois pas com­ment, dans ces condi­tions, vous pour­riez en­trer en voie de condam­na­tion », a­t­il conclu évo­quant un pré­ju­dice de plus de 100.000 € pour une voi­ture de course ache­tée d’oc­ca­sion 180.000 €.

Dé­li­bé­ré le 21 juillet.

« La prio­ri­té à droite n’est contes­tée par per­sonne »

D20-D44-D69. C’est à ce car­re­four sans pan­neau de stop ni de cé­dez-le-pas­sage que les deux vé­hi­cules étaient en­trés en col­li­sion en 2013. La voi­ture de ral­lye ar­ri­vait à gauche.

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