Il ne peut pas s’en em­pê­cher

Pri­son re­quise pour les ap­pels mal­veillants d’un Mont­bri­son­nais

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Une se­maine après une convo­ca­tion de­vant la jus­tice pour des ap­pels té­lé­pho­niques mal­veillants ré­ité­rés, un quin­qua­gé­naire était à nou­veau in­vi­té à s’ex­pli­quer, ven­dre­di 8 juillet, pour des ou­trages pro­fé­rés au té­lé­phone. Mal­gré « une al­té­ra­tion de son dis­cer­ne­ment », ce Mont­bri­son­nais risque de re­tour­ner en pri­son.

Cette fois­ci, pas de chan­tage au sui­cide mais une hos­pi­ta­li­sa­tion en bonne et due forme, jus­ti­fic­tif à l’ap­pui four­ni par son avo­cat, Me Jean­Pierre Ga­li­chet. « Je l’ai en­core eu hier soir au té­lé­phone et il m’a dit qu’il ne sen­tait pas la force d’as­sis­ter à cette nou­velle au­dience après celle de la se­maine der­nière, ex­plique le dé­fen­seur. Il s’est fait hos­pi­ta­li­ser. »

Un pre­mier dé­li­bé­ré pro­ro­gé

Ro­land Cuer n’a au­cun doute sur la vé­ra­ci­té de l’ex­cuse car c’est lui qui pré­si­dait l’au­dience en ques­tion, le 1er juillet der­nier. Le juge s’est lon­gue­ment pen­ché sur les ap­pels té­lé­pho­niques mal­veillants ré­ité­rés re­ pro­chés à ce quin­qua­gé­naire mont­bri­son­nais en sep­tembre 2014 à Lyon et en dé­but d’an­née 2015 à Mont­bri­son. Son pro­fil psy­cho­lo­gique avait de­man­dé une at­ten­tion par­ti­cu­lière et une ex­per­tise. Ro­land Cuer avait pré­vu un dé­li­bé­ré ce 8 juillet mais voi­là que le même in­di­vi­du est à nou­veau convo­qué de­vant la jus­tice. Cette fois­ci, il est pour­sui­vi pour un ou­trage à une per­sonne char­gée d’une mis­sion de ser­vice pu­blic com­mis en no­vembre der­nier, à SaintÉ­tienne.

Vingt à trente ap­pels en quelques heures

La vic­time est ve­nue té­moi­gner à la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel sté­pha­nois. As­sis­tante dans une struc­ture char­gée du sui­vi de la ré­in­ser­tion pro­fes­sion­nelle de per­sonnes en dif­fi­cul­té, elle connaît bien l’homme qui a com­men­cé par l’ap­pe­ler à plu­sieurs re­prises, vingt à trente fois en quelques heures sans comp­ter les ap­pels ano­nymes, avant de l’in­sul­ter : « Vous n’êtes que des Bou­gnoules qui ne ser­vez à rien. Ren­trez dans votre pays ! »

Voi­là six mois qu’elle l’as­sis­tait. Elle lui avait même trou­vé un stage qui se pas­sait bien mais il lui man­quait un simple do­cu­ment pour bou­cler le dos­sier de ré­mu­né­ra­tion. Do­cu­ment qu’elle n’a ja­mais ob­te­nu mal­gré ses re­lances au­près du pré­ve­nu qui a fi­ni par re­con­naître qu’il avait eu « des propos dé­pla­cés ». Il avait éga­le­ment me­na­cé de se sui­ci­der.

Très ef­frayant pour cette sa­la­riée qui s’est por­tée par­tie ci­vile et ré­clame 300 € de dom­mages et in­té­rêts mais « mode de fonc­tion­ne­ment clas­sique » pour ceux qui connaissent le quin­qua­gé­naire qui cultive « un sen­ti­ment d’in­jus­tice, se croit per­sé­cu­té et cherche à se ven­ger dès qu’un obs­tacle se pré­sente, ex­pli­que­ra son avo­cat. Moi aus­si, il est ca­pable de m’ap­pe­ler des di­zaines et des di­zaines de fois jus­qu’à ce que je lui ré­ponde que… je ne peux pas lui ré­pondre. »

L’ex­per­tise réa­li­sée pour la pré­cé­dente au­di­tion a ré­vé­lé une pa­tho­lo­gie lourde et une al­té­ra­tion de son dis­cer­ne­ment.

Sur­si­taire avec un bra­ce­let élec­tro­nique

Mais pas d’abo­li­tion. L’en­jeu est de taille car le 1er juillet, le mi­nis­tère pu­blic a re­quis la le­vée de tous les sur­sis dont bé­né­fi­cie cet in­di­vi­du qui jouit d’un amé­na­ge­ment de peine mal­gré dix­sept condam­na­tions à son ca­sier ju­di­ciaire et qui porte un bra­ce­let élec­tro­nique. Soit quelque 28 mois de pri­son aux­quels il faut ajou­ter quatre nou­veaux mois as­sor­tis d’un sur­sis­mise à l’épreuve (SME) de­man­dés par Mi­chel Ré­gnier.

« Mon client s’est dé­jà re­trou­vé dans une si­tua­tion si­mi­laire, au dé­but des an­nées 2000, ex­plique Me Jean­Pierre Ga­li­chet. Une dé­ci­sion du juge d’ap­pli­ca­tion des peines (JAP) l’avait em­me­né en pri­son pour onze mois. Il m’a tou­jours dit qu’il ne re­tour­ne­rait pas en dé­ten­tion. »

Dé­li­bé­rés pré­vus le 28 juillet. En at­ten­dant, il va fal­loir ex­pli­quer la si­tua­tion au pré­ve­nu. Mais pas au té­lé­phone de pré­fé­rence.

Un sen­ti­ment d’in­jus­tice et un dé­sir de ven­geance

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