Un Fo­ré­zien a vain­cu le mont Blanc

Franck Ni­gon vient d’ef­fec­tuer avec suc­cès l’as­cen­sion du mont Blanc pour la pre­mière fois

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Yves La­chaud

Franck Ni­gon vient de réa­li­ser son rêve : ef­fec­tuer l’as­cen­sion du plus haut som­met d’Eu­rope.

Cet Hos­pi­ta­lier de 40 ans re­vient sur cette ex­pé­rience in­tense et sa pré­pa­ra­tion.

Franck Ni­gon, ha­bi­tant de L’Hô­pi­tal-le-Grand de­puis bien­tôt quinze ans, vient de réa­li­ser l’un de ses rêves : ac­cé­der au plus haut som­met d’Eu­rope.

i beau­coup ont l’am­bi­tion de gra­vir le mont Blanc, point culmi­nant de la chaîne des Alpes, peu réus­sissent à re­le­ver ce fan­tas­tique dé­fi. La dé­ci­sion d’at­teindre le plus haut som­met d’Eu­rope oc­ci­den­tale, culmi­nant à 4.809 mètres d’al­ti­tude, ne se prend pas à la lé­gère et re­quiert une bonne pré­pa­ra­tion.

Franck Ni­gon, lui, a réus­si cette as­cen­sion du 4 au 10 juillet. Agé de 40 ans, il est ou­vrier chez Conti­nen­tal (pièces au­to­mo­biles), à Andrézieux­Bouthéon, où il tra­vaille sur des ma­chines ro­bo­ti­sées ou au contrôle vi­suel des pièces fa­bri­quées.

De re­tour des Alpes, il ne re­grette pas d’avoir osé et sur­mon­té ses ap­pré­hen­sions. L’ex­pé­rience fut très in­tense et c’est avec d’in­croyables sen­sa­tions et de su­perbes pho­tos qu’il est re­ve­nu dans le Fo­rez re­trou­ver sa fa­mille. Sans par­ler de ses deux en­fants, Ga­rance, 9 ans, et An­gue­ran, 4 ans, plein d’ad­mi­ra­tion pour leur père.

Pour­quoi gra­vir le mont Blanc ? C’était un chal­lenge et j’y pen­sais de­puis dix ans. Je sou­hai­tais me dé­pas­ser, me prou­ver ce dont j’étais ca­pable. Je n’avais ja­mais fait d’al­pi­nisme. Compte te­nu des dan­gers, Cé­line, mon épouse, n’y était pas très fa­vo­rable.

Comment vous êtes-vous pré­pa­ré ? Je cou­rais trois ou quatre fois par se­maine, en­vi­ron 40 km, m’en­traî­nant sou­vent du cô­té de Ver­rières­en­Fo­rez car les côtes sont pen­tues.

Comment a dé­bu­té votre aven­ture ? Je suis par­ti avec la com­pa­gnie des Guides de Saint­Ger­vais avec la­quelle j’ai fait une ini­tia­tion à l’es­ca­lade et au ma­nie­ment de corde au ro­cher du plan le pre­mier jour, en dé­but de ma­ti­née. L’après­mi­di, nous sommes mon­tés au re­fuge de Tré­la­Tête (1.970 mètres).

Le deuxième jour était consa­cré à l’école de neige et glace sur le gla­cier de Tré­la­Tête pour ap­pren­ dre la marche avec cram­pons, le ma­nie­ment du pio­let et la marche en­cor­dée. J’ai fait en­vi­ron six heures de marche en­vi­ron.

Le troi­sième jour, je suis par­ti à 5 heures pour l’as­cen­sion de l’Ai­guille de la Bérangère (3.425 mètres) afin de faire une mise en pra­tique des ac­quis des deux jours pré­cé­dents. Soit dix heures de marche dans la jour­née. En­fin le qua­trième jour était consa­cré au re­pos.

Comment s’est dé­rou­lée votre as­cen­sion du mont Blanc ? Nous avons pris le pre­mier tram­way du mont Blanc, re­fuge de la Tête Rousse (3.167 mètres) puis nous avons re­joint ce­lui du Goû­ter à 3.817 mètres d’al­ti­tude. La nuit au re­fuge a été courte, très courte. Je n’ai pas pu dor­mir. Avec 120 per­sonnes pré­sentes, les boules Quies® sont in­dis­pen­sables ! Nous avons dé­mar­ré l’as­cen­sion à 1 h 30, à la lueur des fron­tales. Le groupe était com­po­sé de sept per­sonnes et de trois guides mais quatre per­sonnes seule­ment ont ac­cé­dé au Mont Blanc à 6 h 30. Le spec­tacle était gran­diose et émou­vant avec le le­ver du so­leil et une tem­pé­ra­ture de ­5°C. Nous étions tel­le­ment heu­reux d’y être ar­ri­vés que nous avons tous pleu­ré. J’étais le plus jeune, le plus âgé avait 57 ans. Nous avons pro­fi­té du spec­tacle pen­dant quinze mi­nutes puis com­men­cé la des­cente, avant le dé­gel.

Quel a été le pas­sage le plus tech­nique ? C’est le par­cours de Tête Rousse au re­fuge du Goû­ter. C’est im­pres­sion­nant car il est très étroit, avec le vide de part et d’autre, en per­ma­nence. Il faut avoir pleine confiance dans le guide, en l’oc­cur­rence Sa­rah Blanc, et ne pas craindre le ver­tige. À la des­cente, dans la caillasse, il faut veiller à ne pas faire glis­ser de cailloux pour la sé­cu­ri­té des per­sonnes en des­sous.

Quel se­ra votre pro­chain chal­lenge ? J’ai­me­rais es­ca­la­der le Ki­li­mand­ja­ro qui culmine à 5.895 mètres. C’est en­core du do­maine du rêve mais peut­être qu’il de­vien­dra réa­li­té…

« Nous étions tel­le­ment heu­reux d’y être ar­ri­vés que nous avons tous pleu­ré »

Franck Ni­gon a réus­si son as­cen­sion du mont Blanc, dans les Alpes, entre le 4 et le 10 juillet.

CHAL­LENGE. Franck Ni­gon sa­voure d’être ar­ri­vé au som­met et pro­fite du somp­tueux pa­no­ra­ma qui s’étale sous ses yeux.

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