Mar­ci­gny, village aba­sour­di et meur­tri

Ro­bert Mar­chand, 60 ans, pré­sident du club d’athlétisme lo­cal, fait par­tie des 84 vic­times

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Attentat De Nice - Gwe­naël Po­card

Le village de Mar­ci­gny, en Saône-et-Loire, à 30 ki­lo­mètres de Roanne, n’ar­rive tou­jours pas à réa­li­ser ce qui s’est pas­sé le 14 juillet, à Nice, sur la Pro­me­nade des An­glais. Il pleure l’un des siens et dé­nonce un vé­ri­table har­cè­le­ment mé­dia­tique.

Mar­di 19 juillet, 14 heures, une at­mo­sphère lourde et pe­sante règne sur la pe­tite com­mune de Mar­ci­gny.

Pas un bruit, pas grand monde aux ter­rasses des ca­fés de la place. Les rues de la com­mune sont to­ta­le­ment dé­sertes. Le village semble fan­to­ma­tique.

Les pe­tits dra­peaux eu­ro­péens, tri­co­lores et al­le­mands, sont bien là pour rap­pe­ler l’émi­nence de la fête du ju­me­lage. Mais ces élé­ments dé­co­ra­tifs, sy­no­nymes de ré­jouis­sances et d’union, pa­raissent com­ me fi­gés.

La ca­ni­cule n’est pas en cause. Le village est tou­jours aba­sour­di par les tra­giques évé­ne­ments de ce 14 juillet 2016 à Nice. La com­mu­nau­té n’ar­rive tou­jours pas à réa­li­ser.

Ro­bert Mar­chand, un de leurs con­ci­toyens, un de leurs amis, une de leurs connais­sances, a per­du la vie, ce soir de fête na­tio­nale, sur la Pro­me­nade des An­glais. Fau­ché par l’hor­reur.

Tem­pête mé­dia­tique et mé­fiance

Du cô­té des ha­bi­tants comme à la mai­rie, c’est tou­jours l’in­com­pré­hen­sion qui do­mine. Près d’une se­maine après l’at­ten­tat qui a coû­té la vie à 84 per­sonnes, la pe­tite com­mune de Saône­etLoire ne veut plus s’ex­pri­mer sur la dis­pa­ri­tion de Ro­bert Mar­chand, par res­pect pour la fa­mille et aus­si par mé­fiance en­vers les mé­dias (BFM TV, TF1, etc.) qui ont dé­bar­qué en file in­dienne dans le pe­tit bourg au len­de­main du tra­gique évé­ne­ment. Ce 15 juillet, c’est en ef­fet une vé­ri­table tem­pête mé­dia­ti­qui s’est abat­tue sur le pe­tit village, em­por­tant tout sur son pas­sage. Au bar­res­tau­rant Le

Vieux Puits, si­tué à l’angle de la place du mar­ché, la gé­rante et le per­son­nel ne veulent plus par­ler. Ici, tout le monde se connaît et se res­pecte.

« La fa­mille ne sup­porte plus ce ta­page mé­dia­tique, fus­tige Louis Pon­cet, le maire de Mar­ci­gny. Les gens sont ex­cé­dés. Ils en ont marre. Ce sont dix ou quinze mé­dias té­lé­vi­sés qui ont dé­bar­qué dans le bourg de Mar­ci­gny au len­de­main de l’at­ten­tat de Nice. Leurs agis­se­ments mé­ri­te­raient qu’ils soient traî­nés de­vant les tri­bu­naux. Les images de cet at­ten­tat de Nice qui ne cessent de pas­ser en boucle sur les chaînes in­fos sont juste in­ad­mis­sibles et in­sup­por­tables pour la fa­mille et pour ceux qui connais­saient Ro­bert. »

La com­mune, à l’image de la fa­mille du dé­funt, peine à en­ta­mer son deuil, et ce­la se res­sent dans toutes les rues du village.

Par­tout, l’heure est au re­cueille­ment, en mé­moire de Ro­bert Mar­chand, un bé­né­vole pas­sion­né, humble et dis­cret.

Une at­mo­sphère pe­sante pal­pable dans la com­mune

VO­CA­TION. Ro­bert Mar­chand (deuxième en par­tant de la gauche) a en­traî­né près de 250 jeunes. Pré­sident du Club d’athlétisme de Mar­ci­gny de­puis 30 ans, il était très ap­pré­cié pour ses com­pé­tences d’en­traî­neur mais aus­si pour ses qua­li­tés hu­maines.

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