Re­tour à la vie pis­ci­cole dans la Fu­ran

Chaque an­née, de nou­velles es­pèces de pois­sons font leur ap­pa­ri­tion dans la ri­vière

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Forez Sud - Ju­lien Gar­don avec Mo­nique Per­bet

De nom­breuses ac­tions comme la construc­tion de passes à pois­sons per­mettent aux as­so­cia­tions concer­nées par les mi­lieux aqua­tiques d’en­re­gis­trer de belles sa­tis­fac­tions.

Gil­bert Giaume, pré­sident du Gar­don fo­ré­zien, es­pé­rait « une pêche mi­ra­cu­leuse ». De­puis qu’elle a été réa­li­sée, « elle l’est ! », s’est­il ex­cla­mé, com­blé par le ré­sul­tat.

En com­pa­gnie d’agents de l’Of­fice na­tio­nal de l’eau et des mi­lieux aqua­tiques (One­ma) et de la Fé­dé­ra­tion dé­par­te­men­tale de pêche, des membres de l’as­so­cia­tion ont, lun­di 18 juillet, re­mon­té le Fu­ran de­puis la passe des Peu­pliers jus­qu’à la fu­ture passe du seuil de la Fa­brique, mu­nis de perches élec­triques et d’épui­settes. Ce­la leur a per­mis de re­cen­ser des es­pèces de pois­sons jus­qu’alors ja­mais trou­vées dans ce sec­teur de la ri­vière.

Bar­beaux, perches so­leil et com­munes et ablettes font par­tie des nou­velles es­pèces re­cen­ sées ce jour­là, au même titre que la truite, qu’un agent de l’One­ma n’avait ja­mais vue dans cette par­tie du Fu­ran. Ces es­pèces viennent s’ajou­ter au che­vesne, au gou­jon, ou en­core à la loche et au vai­ron, pour un to­tal d’une di­zaine d’es­pèces. « Un ré­sul­tat for­mi­dable », au­de­là même des es­pé­rances, quand on sait « qu’il y a dix ans, il n’y avait au­cun pois­son ». Ce qui, pour les res­pon­sables, consti­tue évi­dem­ment une belle vic­toire.

« Pour sur­vivre, le pois­son doit pou­voir se dé­pla­cer »

« Au­jourd’hui, nous payons pour ar­ran­ger le com­por­te­ment de l’homme, qui a es­sayé de domp­ter la ri­vière », es­time Gil­ bert Giaume, en mon­trant le bief si­tué au seuil de la Fa­brique, à Andrézieux­Bouthéon, où trac­to­pelles et ou­vriers s’ac­tivent à la construc­tion d’une passe à pois­sons. « Pour sur­vivre dans son élé­ment, le pois­son doit pou­voir se dé­pla­cer », pour­suit le pré­sident du Gar­don fo­ré­zien. Les pois­sons peuvent en ef­fet re­mon­ter en tête de bas­sin, c’est­à­dire en amont du cours d’eau, pour s’y re­pro­duire. Si­non, ils en dis­pa­raissent.

Aus­si, « si la Loire est très basse, il y a plus d’eau du Fu­ran que du fleuve, et le pois­son n’y sur­vit pas ». Les passes, qui se­ront à terme au nombre de sept (lire par ailleurs), per­mettent donc aux pois­sons de re­ve­nir dans le Fu­ran, et sur­tout d’y res­ter.

Autre atout in­dé­niable du re­tour de toutes ces es­pèces, le contrôle de la pol­lu­tion, car « il ne sert à rien de mettre des pois­sons si la ri­vière n’est pas propre. Si, par exemple, un ac­ci­dent de la route sur­vient ou que la sta­tion d’épu­ra­tion est dé­fec­tueuse, nous le sau­rons im­mé­dia­te­ment, car ce­la pro­vo­que­ra le dé­cès des pois­sons, qui re­mon­te­ront alors à la sur­face. Les pê­cheurs sont les sen­ti­nel­ les de la ri­vière. »

Ils es­timent d’ailleurs avoir une part im­por­tante dans ces ré­sul­tats et la te­nue des tra­vaux en cours. « Une plainte que nous avons dé­po­sée en 2003 contre la mu­ni­ci­pa­li­té de Saint-Étienne d’alors a ac­cé­lé­ré la mise aux normes du Fu­ran », es­time Gil­bert Giaume. Si la Ville n’avait pas été condam­née, un rap­port de l’One­ma avait pro­vo­qué une ins­truc­tion ju­di­ciaire. « Ce­la a per­mis d’avan­cer plus vite. Il y a eu une prise de conscience gé­né­rale et de nou­velles re­la­tions avec les maires concer­nés. Si on ne l’avait pas fait, nous n’en se­rions pas là. » Bar­beaux, perches so­leil et com­munes et ablettes non plus…

« Nous payons pour ar­ran­ger le com­por­te­ment de l’homme »

« Les pê­cheurs sont les sen­ti­nelles de la ri­vière »

CHAN­TIER. Les tra­vaux de la passe à pois­sons au seuil de la Fa­brique de­vraient être ache­vés fin août.

CONTRÔLE. Après la pêche, des membres de l’One­ma re­pèrent et trient les dif­fé­rentes sortes de pois­sons avant de pro­cé­der à leur pe­sée. Ce­la leur per­met de connaître la den­si­té de chaque es­pèce dans le Fu­ran.

ÉLEC­TRIQUE. Après avoir élec­tri­sé et ain­si as­som­mé les pois­sons, ceux-ci re­montent à la sur­face. Les pê­cheurs, mu­nis d’épui­settes, les ré­cu­pèrent en­suite dans des seaux.

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