Il est Le Mon­sieur His­toire de l’Ar­bresle

Da­niel Brou­tier se pas­sionne pour sa ville qu’il connaît sur le bout des doigts

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Le Portrait - Sté­phane Voyant ste­phane.voyant@cen­tre­france.com

Ar­ri­vé à l’Ar­bresle en 1967, c’est dès l’âge de 12 ans que Da­niel Brou­tier se pas­sionne pour son his­toire. Au­jourd’hui, il trans­met ses sa­voirs aux ha­bi­tants et aux tou­ristes.

Il connaît tout de l’Ar­bresle. Son his­toire, son pa­tri­moine, sa Na­tio­nale 7 et ses deux ri­vières que sont la Bré­venne et la Tur­dine. Les gens aus­si. At­ta­blé à la ter­rasse d’un ca­fé, à l’ombre de la rue Bros­so­lette, im­pos­sible pour lui de ne pas ser­rer une main. Comme il ne peut pas s’em­pê­cher non plus d’in­ter­pel­ler un em­ployé com­mu­nal qui passe dans cette rue pié­tonne pour lui de­man­der de ré­pa­rer un car­reau de la mai­son Jacques­Coeur, une mai­son style Re­nais­sance si­tuée de l’autre cô­té de la rue clas­sée mo­nu­ment his­to­rique. « Cette élé­gante mai­son fait hon­neur à la rue, ex­plique­t­il. Tout le centre his­to­rique était au­tre­fois le village for­ti­fié. Elle était alors la rue prin­ci­pale du village, et le grand che­min de Pa­ris à Lyon, qui tra­ver­sait la ville en cet en­droit ».

L’his­toire ar­bres­loise, Da­niel Brou­tier, guide et pré­sident de l’as­so­cia­tion des Amis du vieil Ar­bresle, il la connaît par coeur. Ce­la fait plus de qua­rante ans qu’il la ra­conte aux Ar­bres­lois ou aux tou­ristes, à rai­son de 60 à 70 vi­sites par an. « J’avais 17 ans lorsque je suis ren­tré dans l’as­so­cia­tion. Il n’y avait que des gens âgés qui étaient ra­vis de voir ar­ri­ver un jeune, sou­rit­il en­core. Ils m’ont for­mé pour que je fasse des vi­sites gui­dées. Au dé­but, je fai­sais comme je pou­vais, puis j’ai com­men­cé mes re­cherches ».

Na­tif de Vienne, une ville mar­quée par l’his­toire, le des­tin au­rait pu être tout tra­cé pour Da­niel Brou­tier. Mais c’est son ar­ri­vée à l’Ar­bresle, à l’âge de 12 ans, qui va tout chan­ger. « Sur les bancs de l’école, j’ai eu la chance d’avoir un pro­fes­seur comme Mi­chel Au­las (le père de Jean­Mi­chel, le pa­tron de l’Olym­pique lyoan­nais.NDLR) qui était d’une grande cul­ture, se sou­vient­il. Si j’ai fait des études d’éco­no­mie, j’ai éga­le­ment ap­pris l’art à La Mar­ti­nière. Après ce sont les con­tacts avec des gens comme Louis Sain­clair ou Mlle Oli­vier qui ont fait que je n’ai pas pu soi­gner le vi­rus ».

Loin de ses pré­oc­cu­pa­tions pro­fes­sion­nelles, le res­pon­sable eu­ro­péen des cartes de cré­dit pé­tro­lières chez ENI s’ap­plique à ra­con­ter toute l’an­née l’his­toire de sa ville, « à don­ner une autre image que celle que les gens en ont, c’est­à­dire une ville de pas­sage. Car les gens passent à l’Ar­bresle, mais ne s’ar­rêtent pas et ne la connaissent pas ».

Alors Da­niel Brou­tier ex­plique in­las­sa­ble­ment que cette com­ mune se trouve à un croi­se­ment na­tio­nal, de­puis l’An­ti­qui­té avec les mar­chan­dises qui re­mon­taient du Sud en pas­sant par le Rhône avant de les trans­por­ter sur la Loire. « L’Ar­bresle était donc le point de pas­sage entre Lyon, Roanne et Ta­rare, pour­suit­il. La vi­tesse de dé­pla­ce­ment était si faible à l’époque que sou­vent on s’ar­rê­tait à l’Ar­bresle. Ce­la a don­né lieu à un vé­ri­table com­merce ». Il ra­conte aus­si la voie royale, la Na­tio­nale 7, et son « his­toire unique » où tout pas­sait, aus­si bien les mar­chan­dises que les ga­lé­riens, les grands hommes ou les rois de France jus­qu’à Louis XIV. « Louis XI a même pas­sé huit jours à l’Ar­bresle », as­sure­t­il. Da­niel Brou­tier ex­plique en­core l’in­té­rêt mi­li­taire de cette ville. « Pour évi­ter que l’en­ne­mi ar­rive à Roanne, on pou­vait blo­quer l’Ar­bresle grâce à la Tur­dine et la Bré­venne qui conduisent à Bor­deaux et Pa­ris, ex­plique­t­il. Puis la route est ar­ri­vée au XVIIIe siècle ». L’his­toire in­dus­trielle, n’échappe pas à l’éru­dit. Comme le fait que Na­po­léon a re­lan­cé le tis­sage à Lyon avant d’ins­tal­ler des comp­toirs à l’Ar­bresle jus­qu’à son ef­fon­dre­ment dans les an­nées 60­70.

Des anec­dotes comme s’il en pleu­vait

Da­niel Brou­tier n’est pas non plus avare d’anec­dotes. Il ex­plique ain­si qu’en 1825, Vic­tor Hu­go fai­sait étape dans la com­mune et écri­vit un de ses poèmes : Le Châ­teau de l’Ar­bresle où il ra­conte des épi­sodes de vie des trois mo­nu­ments his­to­riques de la com­mune que sont l’hô­tel des Va­lous, la mai­son Jacques­Coeur et l’église Saint-Jean­Bap­tiste et ses vi­traux. « J’aime ren­trer dans la pe­tite his­toire de la grande. Après tout de­vient pas­sion­nant », conclu­til. C’est pour ce­la que l’homme ne manque pas de pro­jets com­ me ce­lui de pro­po­ser une vi­site ayant pour thème l’Ar­bresle et la géo­lo­gie.

« Il y a tant de choses à ra­con­ter sur l’Ar­bresle. Il fau­drait plus de six heures pour ef­fec­tuer une vi­site com­plète de la com­mune », es­time­t­il. Tel­le­ment de choses à dire qu’il a for­mé quatre autres per­sonnes pour l’ai­der cet été. « Je leur ai ap­pris toute l’his­toire de l’Ar­bresle ». Et nul doute qu’ils ont été bien gui­dés pour pou­voir ac­cueillir les 1.500 vi­si­teurs an­nuels.

« L’Ar­bresle n’est pas qu’une ville de pas­sage »

ENCYCLOPÉDIE. Da­niel Brou­tier connaît sa ville d’adop­tion l’Ar­bresle comme sa poche. De­puis l’âge de 12 ans, il se pas­sionne pour son his­toire.

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