« Ce mé­tier de­mande de la dex­té­ri­té »

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale -

Maxime Luc­ciar­di, di­rec­teur gé­né­ral du ca­si­no Joa et Ch­ris­tian Pré­die­ri, membre du comité de di­rec­tion et res­pon­sable de salle, dé­voilent les dif­fé­rentes fa­cettes du mé­tier de crou­pier.

Com­ment de­vient-on crou­pier ? Tout le monde peut de­ve­nir crou­pier si son ca­sier ju­di­ciaire est vierge. On peut dé­cro­cher son di­plôme en pas­sant par Cé­rus Ca­si­no Aca­de­my, l’école de crou­piers en France, où au­cune qua­li­fi­ca­tion par­ti­cu­lière n’est re­quise. On y suit une for­ma­tion tech­nique et ré­gle­men­taire de trois mois, re­la­ti­ve­ment ba­sique. Les crou­piers bé­né­fi­cient en­suite d’une for­ma­tion in­terne dans le ca­si­no qu’ils re­joignent. C’est un mé­tier qui de­mande de la dex­té­ri­té, de cal­cu­ler vite, d’être ob­ser­va­teur et hon­nête.

Qu’ap­prend-on dans cette for­ma­tion ? On ap­prend les règles de chaque jeu ain­si que la ma­ni­pu­la­tion des cartes et des je­tons. On ap­prend par coeur ses tables de mul­ti­pli­ca­tion, no­tam­ment les tables de 17 et de 35 jus­qu’à 20. Elles servent à la rou­lette an­glaise : le crou­pier donne 35 fois la mise au joueur quand il a trou­vé le bon nu­mé­ro (plein) et 17 quand c’est à che­val.

En quoi consiste la ma­ni­pu­la­tion ? Il faut sa­voir ma­ni­pu­ler avec les deux mains, ce qui n’est pas si simple car il y a la main na­tu­relle et la main non na­tu­relle. C’est comme un spor­tif, le crou­pier doit s’en­traî­ner tous les jours pour ne pas perdre la main et s’amé­lio­rer. On doit ap­prendre à éta­ler les je­tons, les lan­cer ou les ra­mas­ser avec un râ­teau. De même pour les cartes que l’on doit mé­lan­ger et dis­tri­buer de ma­nière ra­pide, ef­fi­cace et fluide. Plus le crou­pier est per­for­mant dans sa ma­ni­pu­la­tion, plus on joue vite et plus il fait ga­gner de l’ar­gent au ca­si­no.

Quelles sont les règles à res­pec­ter ? Il y a des pro­cé­dures très ri­gides car il y a de l’ar­gent en jeu. La ré­gle­men­ta­tion est fi­gée. Le client ne se rend pas tou­jours compte du pro­cess mis en place pour lui per­mettre de jouer sans se faire spo­lier. La ré­gle­men­ta­tion des jeux émane du mi­nis­tère de l’In­té­rieur. Elle dicte plu­sieurs points comme la re­dis­tri­bu­tion obli­ga­toire de 85 % des gains des ma­chines à sous. Il y a éga­le­ment une pro­cé­dure ex­clu­sive à chaque ca­si­no. Par exemple, les crou­piers doivent obli­ga­toi­re­ment don­ner les je­tons avec la main gauche afin que le chef de table et la ca­mé­ra puissent voir l’in­té­rieur de la main.

Quels sont les avan­tages et les in­con­vé­nients du mé­tier ? Le mé­tier peut pa­raître sé­dui­sant mais il y a des contraintes comme le tra­vail de nuit, le wee­kend et les jours fé­riés. Ce­la peut com­pli­quer la vie de fa­mille et en même temps, on a ses jour­nées dis­po­nibles si on a des en­fants ou pour pra­ti­quer un sport. On peut faire car­rière sur place mais c’est in­té­res­sant de bou­ger pour voir autre chose et ap­prendre au­près d’autres confrères.

Est-ce un mé­tier d’ave­nir ? La pé­ren­ni­té du mé­tier est as­su­rée car les ca­si­nos au­ront tou­jours be­soin de crou­piers, mal­gré la pré­sence de tables élec­tro­niques comme à la rou­lette an­glaise.

CAL­CUL MEN­TAL. À la rou­lette an­glaise, le crou­pier doit connaître par coeur ses tables de mul­ti­pli­ca­tion, no­tam­ment celles de 17 et de 35 pour pou­voir payer ra­pi­de­ment les joueurs.

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