Trois mi­li­tants CGT re­laxés

Après les heurts lors de la ma­ni­fes­ta­tion an­ti­loi tra­vail de mai

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Trois hommes et une femme étaient convo­qués de­vant la jus­tice après des dé­gra­da­tions et des heurts sur­ve­nus lors de la ma­ni­fes­ta­tion an­ti-loi tra­vail de mai der­nier à Saint-Étienne. Trois pré­ve­nus ont été re­laxés. Le qua­trième connaî­tra son sort à la ren­trée.

Ils étaient en­trés dans le pa­lais de jus­tice de SaintÉ­tienne por­tés par une foule de par­ti­sans de plu­sieurs cen­taines de per­sonnes, ils sont res­sor­tis ap­plau­dis comme des stars…

« Une ac­tion po­li­tique et sym­bo­lique »

Pour­sui­vis pour des dé­gra­da­tions (ain­si que pour ré­bel­lion et des vio­lences pour l’un d’entre eux) sur­ve­nues en marge de la ma­ni­fes­ta­tion an­ti­loi tra­vail du 12 mai der­nier à Saint­Étienne, trois des quatre mi­li­tants CGT, âgés de 24 à 29 ans, ont été re­laxés, le 13 juillet. Fré­dé­ric Pa­ris et ses deux as­ses­seurs ont es­ti­mé qu’il y avait trop d’in­cer­ti­tudes, d’ap­proxi­ma­tions et de doutes dans ce dos­sier pour en­trer en voie de condamnation.

Les quatre pré­ve­nus ont été im­pli­qués dans « l’ac­ tion po­li­tique et sym­bo­lique » me­née sur la per­ma­nence par­le­men­taire du dé­pu­té so­cia­liste JeanLouis Ga­gnaire. En fin d’après­mi­di, un groupe de quatre per­sonnes avait pé­né­tré dans les bu­reaux de l’élu li­gé­rien afin de dé­ployer une ban­de­role re­ven­di­ca­tive au bal­con.

Les po­li­ciers les at­ten­daient

Pré­ve­nus de ce raid, plu­sieurs po­li­ciers avaient at­ten­du en planque que les in­di­vi­dus, vi­sages dis­si­mu­lés der­rière des tis­sus re­mon­tés à hau­teur du nez, pé­nètrent dans la per­ma­nence pour in­ter­ve­nir. Une jeune femme, mise en joue par un po­li­cier qui avait sor­ti son arme de ser­vice, et un homme (qui n’a fi­na­le­ment pas pu être iden­ti­fié) avaient été in­ter­pel­lés dans le hall de l’im­meuble tan­dis que deux autres hommes, mis en joue eux aus­si, avaient été ar­rê­tés dans les bu­reaux du par­le­men­taire en pos­ses­sion d’un pied biche.

Une en­quête qui laisse à dé­si­rer

Voi­là les seuls faits sur les­quels les pré­ve­nus, leurs avo­cats et leurs ac­cu­sa­teurs, en l’oc­cur­rence l’avo­cat des po­li­ciers char­gés de l’in­ter­ven­tion et le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, se sont en­ten­dus. Pour le reste, tout a été dis­cu­té, avan­cé et contes­té par les par­ties pen­dant près de quatre heures de­ vant la 3e chambre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne.

À qui at­tri­buer avec cer­ti­tude une vitre bri­sée, une porte for­cée qui se se­rait ou­verte sous la pres­sion (avec une fac­ture de ré­pa­ra­tion de 698,77 € à la clé) et deux tags peints sur les murs à l’encre rouge ? Qui a ten­té de s’en­fuir quand les po­li­ciers sont in­ter­ve­nus, bles­sant plu­sieurs de ces fonc­tion­naires ? Im­pos­sible à dire avec cer­ti­tude ni même convic­tion tant l’en­quête, « par­tielle et par­tiale », di­ra la dé­fense, semble avoir été mal me­née.

Au­cune confron­ta­tion n’a été réa­li­sée entre les po­li­ciers bles­sés et leurs agres­seurs pré­su­més. Les images de la vi­déo­sur­veillance, ju­gées in­utiles, n’ont pas été ex­ploi­tées. Mal­gré ces zones d’ombre, Jean­Daniel Re­gnauld avait re­quis quatre mois de pri­son avec sur­sis contre deux pré­ve­nus et douze mois as­sor­tis d’un sur­sis­mise à l’épreuve (SME) contre le troi­sième, 500 € et 600 € d’amende et plu­sieurs an­nées d’in­ter­dic­tion d’exer­cer une fonc­tion pu­blique pour tous.

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