Ma­ga­li fait re­vivre la vie de châ­teau

En Brion­nais, Ma­ga­li Bo­nin trans­met l’his­toire du châ­teau Saint­Hugues aux vi­si­teurs

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Le Portrait - Maï­té Bar­bier re­dac­tion.pays-roan­nais@cen­tre­france.com

Ma­ga­li Bo­nin est mé­dia­trice cultu­relle au sein de l’as­so­cia­tion « Les vieilles pierres ». Elle guide des vi­sites noc­turnes aux flam­beaux, pen­dant tout l’été et pour toute la fa­mille, au châ­teau SaintHugues de Se­mur-enB­rion­nais.

Au châ­teau Saint­Hugues, Ma­ga­li Bo­nin s’ap­prête à conduire sa pre­mière vi­site noc­turne de l’an­née. À l’ac­cueil, elle re­çoit les tou­ristes, ex­pose et vend quelques pro­duits. On y trouve plu­sieurs livres qui nous font voya­ger au Moyen Âge : Com­ment s’ha­biller au Moyen Âge, Les plantes du jar­din mé­dié­val, La pol­lu­tion au Moyen Âge, Plantes et re­cettes de grand­mère… Et puis des cartes pos­tales re­pré­sen­tant le vil­lage et son pa­tri­moine, ven­dues à 50 cen­times pièce.

Ma­ga­li Bo­nin est la mé­dia­trice cultu­relle de l’as­so­cia­tion « Les vieilles pierres », qui a vu le jour en 1971. « À cette époque, le châ­teau était sous les gra­vas. L’as­so­cia­tion a dé­ga­gé le site de l’ou­bli », ra­conte­t­elle. Mais Ma­ga­li Bo­nin a re­joint l’as­so­cia­tion bien plus tard, en 2007, alors qu’elle ve­nait de ter­mi­ner ses études d’His­toire de l’art et du pa­tri­moine.

Elle n’est pas de Se­mur­enB­rion­nais, mais a su « par ha­sard » qu’un poste était à pour­voir dans ce vil­lage. Son rôle est donc de faire par­ler du châ­teau, d’or­ga­ni­ser des ani­ma­tions tout pu­blic, avec la contrainte d’un bud­get très mo­deste.

À sa prise de fonc­tion, elle a ra­pi­de­ment pro­po­sé de mettre en place des vi­sites noc­turnes aux flam­beaux, mais aus­si le ban­quet mé­dié­val, dont la der­nière édi­tion a eu lieu en 2015. « Le ban­quet mé­dié­val re­pré­sen­tait le plus gros bud­get des ani­ma­tions. Pour le reste, nous n’avons pas de gros moyens. Mais les ani­ma­tions que nous pro­po­sons sont tout de même ap­pré­ciées. »

A titre d’exemples, la mé­dia­trice cultu­relle uti­lise des quilles, des pa­lets pour les jeux, et quelques cos­tumes d’époque pour les vi­sites noc­turnes.

Si beau­coup d’ani­ma­tions sont ba­sées sur les jeux, c’est parce que le jeune pu­blic est lar­ge­ment vi­sé. « Il y a aus­si beau­coup d’adultes, et ils par­ti­cipent vo­lon­tiers, sou­ligne la guide. Mais j’aime tra­vailler avec les en­fants. Au­pa­ra­vant, je fai­sais de l’ani­ma­tion, et le pu­blic ici est plu­tôt fa­mi­lial : il y a des tou­ristes de la ré­gion et d’ailleurs, et puis les gens des alen­tours qui re­viennent chaque an­née avec leurs en­fants ou pe­tits­en­fants. »

Se­lon elle, le site de Se­mur­enB­rion­nais se prête bien aux vi­sites noc­turnes et ani­mées. « Le Moyen Âge, c’est quelque chose qui marche bien au­près des en­fants. »

La vi­site noc­turne n’est pas un simple pe­tit tour du pro­prié­taire. Il s’agit d’une vé­ri­table mise en si­tua­tion. Tout se dé­roule en 1274. Ma­ga­li Bo­nin prend le rôle de Dame Jeanne, la femme du sei­gneur, et elle ac­cueille de nou­veaux vil­la­geois (les vi­si­teurs) qui ont be­soin d’être pro­té­gés dans les mu­railles du châ­teau.

Elle fait alors vi­si­ter les alen­tours du mo­nu­ment, eux aus­si amé­na­gés : bou­gies aux fe­nêtres de cer­taines mai­sons, ani­ma­tion à l’église et dé­mons­tra­tion de danse en ar­ri­vant au châ­teau.

Cette vi­site noc­turne semble rem­por­ter un beau suc­cès, puisque Ma­ga­li Bo­nin n’a ja­mais chan­gé la re­cette de­puis 2008. « L’idée m’est ve­nue d’un coup. Je n’ai ja­mais trou­vé d’autre idée qui soit au­tant en co­hé­rence avec le site et sa dis­po­si­tion et qui fasse par­ti­ci­per au­tant les vi­si­teurs. »

Un pa­tri­moine an­cien dans un état ex­cep­tion­nel

Cette ba­lade a beau être un peu théâ­trale, elle n’en reste pas moins pé­da­go­gique. La mé­dia­trice cultu­relle aime le site et le connaît par coeur. Elle a de nom­breuses anec­dotes à ra­con­ter. Et il le faut, car la vi­site dure près de deux heures, le temps de dé­cou­vrir les alen­tours du châ­teau, l’église, puis les tours et le don­jon, où l’on doit s’ima­gi­ner des pri­son­niers, des ponts­le­vis et des étages qui ne sont plus là, mais que l’on peut ima­gi­ner grâce aux ex­pli­ca­tions de Ma­ga­li Bo­nin.

Les pro­jets pour ré­no­ver le châ­teau ont été nom­breux. La mé­dia­trice se sou­vient des tra­vaux de ma­çon­ne­rie du don­jon, en 2014. C’est ce qui l’a le plus mar­quée de­puis son ar­ri­vée au sein de l’as­so­cia­tion. « Le vil­lage pos­sède un pa­tri­moine très an­cien, dans un état as­sez ex­cep­tion­nel et qui mé­rite d’être con­nu. »

Et Ma­ga­li de­vient Dame Jeanne, la femme du sei­gneur...

PHO­TO M. B.

COS­TUME. Lors des vi­sites noc­turnes aux flam­beaux, Ma­ga­li Bo­nin en­file une robe mé­dié­vale pour en­trer dans son per­son­nage : Dame Jeanne.

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